No sleep from Brooklyn De New York à Rolle, de la Danceteria au Romandie, des Beastie Boys aux Young Gods, Catherine Ceresole raconte son histoire du rock, à travers des clichés au plus près du live.
Si vous traînez vos guêtres dans les salles de concerts du pays, vous l'avez sans doute déjà aperçue. Une silhouette menue aux cheveux blonds, qui se faufile jusqu'aux premiers rangs pour prendre quelques photos. Avec elle, à chaque fois, une seconde silhouette, plus large, cheveux gris et queue de cheval. Et à leurs pieds ou dans le sac à main, la truffe d'un labrador, fidèle compagnon 24 heures sur 24.
Catherine Ceresole a 56 ans. Et court les concerts depuis plus de 30 ans et un séjour prolongé à New York. Aujourd'hui, elle vit à Rolle, mais n'a oublié ni sa passion, ni les liens nés avec le temps. Dans la maison pleine de trésors - vinyles, CD, photos et autres objets insolites - se sont succédés Sonic Youth, Swans, Einstürzende Neubauten, The Young Gods ou encore John Zorn. Des musiciens qui sont tous, un jour ou l'autre, passés devant l'objectif de Catherine.
Jusqu'au 28 décembre, Le Romandie présente une sélection de ces photographies. De la Danceteria à la Dolce Vita, de Majorque à Düdingen, ces clichés racontent une certaine histoire de la scène underground. Des jeunes années de Big Black, Henry Rollins ou Beastie Boys (en photo au-dessus) aux belles années de Cat Power ou PJ Harvey, en passant par l'avant-garde de Rhys Chatham ou Glenn Branca, Catherine Ceresole sème quelques souvenirs de ses musiques de coeur. Car celle qui se décrit comme une dilletante prend des photos avant tout pour elle. Juste les artistes qu'elle aime. Peinant à se séparer de l'une ou l'autre photo.
Noir et blanc, absence de flash, grain généreux, ces photos vont au plus proche de la musique live. Et saisissent l'instant, le hasard aussi, avec un certain naturel. Jusqu'à enfanter quelques miracles. Entre documents et madeleines, la Rolloise pose un regard tout personnel sur la musique, ouvert aux autres avant tout. "Nothing but music", annonce le titre. Et malgré le silence du cliché photographique, on ressent cette musique, celle qui habite la mémoire de Catherine Ceresole et nourrit encore son quotidien.





























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