C'est bien, mais il y a mieux encore. Jamais avare en surprises, le groupe écossais annonce un nouveau disque pour le printemps prochain, sous la forme d'une bande originale enregistrée pour une nouvelle série de Canal +, Les revenants. Un projet encore mystérieux, mais qui se dévoile un peu sous la forme de six titres (non masterisés et aux mixes pas forcément définitifs) à découvrir sur le site consacré à la série. De quoi bien finir cette semaine d'Halloween.
Depuis quelques années, la photo de concerts a le vent en poupe. A nouveau. Et je ne parle pas des centaines de smartphones levés comme autant de briquets au moment du tube. Non. Plutôt des forçats des premiers rangs, parqués dans la fosse quand il y en a une, jouant des coudes quand il n'y en a pas. Celles et ceux qui documentent un club, une région, une histoire du rock toujours en marche, en variant les postures, du portrait à l'instant brut, comme les techniques, de l'argentique au... crayon (référence au duo Stefmel & Luz).
Et puis il y a l'Anglais James Mollison et sa démarche plutôt originale: photographier les fans plutôt que les musiciens. Le tout sous forme de portraits posés qui tranche avec les habituelles rangées de mains levées des journaux illustrés. Résultat, des alignées de nobodies qui feraient presque mentir l'adage selon lequel l'habit ne fait pas le moine, pour une série justement intitulée The Disciples. Le tout est visible, en musique, sur le site du photographe.
Quant à vous, saurez-vous reconnaître les 5 rangées de fans sélectionnées pour ce post?
Je vous en avais parlé abondamment l'année dernière, suite à leur concert à la Dampfzentrale de Berne. Je ne vais donc pas vous refaire une tartine. Mais ne résiste pas à partager avec vous ce lien qu'un ami m'a forwardé la semaine dernière. Un concert de The Ex with Brass Unbound d'excellente facture... et broadcasté en excellente qualité, sonore et visuelle. C'est enregistré à Dublin, à la Button Factory en février 2010, réalisé par Daragh McCarthy, ça dure un peu moins d'une heure, et c'est formidable, tout simplement.
Mais qu'est-ce que j'ai dit? Grand brûlé des années brit-pop, Graham Coxon n'avait pas sa langue dans sa poche. Comme pas mal de stars du rock.
Que serait le rock'n'roll sans son lot de bons mots? Absurdes, provocatrices ou franchement méchantes, les petites phrases qui font la grande histoire sont légions. Le site Citations rocka la bonne idée de les rassembler. Ou du moins une bonne partie (plus d'un millier). L'occasion de se délecter des statements de quelques grands brûlés (mention à Iggy Pop) comme des déclarations mégalomanes de quelques stars oubliées ou toujours vertes. Petit plus non négligeable, l'index par auteurs joue la réversibilité, proposant à la suite des meilleures citations de chacun ce que les autres disent en retour. Un petit jeu riche en vacheries dont les frères Gallagher sont les rois. Comme pour l'ironie. Difficile de ne pas se laisser prendre à l'impressionnante liste de citations consacrée à Oasis, toutes plus drôles les unes que les autres. Reste que mes préférées, toutes catégories, viennent des rivaux de toujours, Blur, illuminé par le loser magnifique Graham Coxon. En voici quatre, une de chaque membre, histoire de vous donner envie d'aller perdre un peu de votre temps sur le site...
"J'allais à pleins de fêtes, et à quel moment que ce soit, Graham y était, allongé sur le sol comme un paillasson humain." (Damon Albarn)
"Je pensais que j'aurais niqué avec Graham depuis tout ce temps, ou au moins que j'aurais eu droit à une branlette, mais apparemment, il y a toujours des trucs mieux à faire." (Alex James)
"S'il y a un problème technique avec le groupe, c'est souvent moi qui reçois le premier appel. Si c'est pour aller à une soirée, alors Alex va recevoir le premier coup de fil. Pour une émission à Milan, Damon reçoit le premier appel et... Je ne vois pas à propos de quoi on appellerait Graham en premier. Je suppose que ça serait "Sors de ton lit, tu es en retard". C'est là que Graham aurait le premier coup de fil." (Dave Rowntree)
"Si j'étais un de mes amis, Graham Coxon serait la personne que je verrais le plus arrêter de boire." (Graham Coxon)
Fais comme l'oiseau "Oh no" dit Andrew Bird, travaillant sur son quatrième album. "Oh oui" lui répond-on après en avoir entendu un titre.
Franchement, je dois avouer être de ceux qui n'ont pas été convaincus par Armchair Apocrypha, troisième album d'Andrew Bird sorti l'année dernière. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Jusqu'à me dire que l'album n'était pas tout à fait une fin en soi et que la tournée qui suivrait me ferait donner raison à ces chansons qui me laissaient sceptiques. Et puis non. Trop électrifié, trop entouré, l'oiseau perdait de sa grâce en quittant le nid, n'effleurait la magie qu'à quelques rares instants, quand il daignait reprendre ses chants d'oisillon (Why? notamment).
Essayé pas pu, donc.
Heureusement, les dernières nouvelles sont meilleures. Après avoir rejoint Wilco pour quelques concerts, Andrew Bird a pu profité de leur studio d'enregistrement pour mettre la main à la pâte à un quatrième album prompt à nous réconcilier (lui et moi, donc). Mieux, histoire de faire patienter ceux qui attendent d'entendre, le musicien de Chicago participe à un blog sur le site du New York Times - "Measure for Measure" - afin de raconter le mystère de l'écriture musicale, aux côtés d'autres troubadours renommés, comme Suzanne Vega ou Rosanne Cash. Et pour les impatients, voilà qu'il dévoile ces jours un premier extrait réjouissant. Il sifflote à nouveau, retrouve de la légèreté sans perdre en ambition, l'envergure pouvant finalement se concilier avec majesté. Cela s'appelle Oh No, mais on a plutôt envie de dire oui. L'album sortira en janvier prochain, mais si blog et chanson ne suffisent pas pour patienter, un disque live est également en vente sur le site d'Andrew Bird. Certes, ça fait beaucoup, mais l'oiseau n'est pas très regardant lorsqu'il (re)construit son nid.
MySpace sessionne aussi Mais comme c'est Bon Iver, on ne dira rien si ce n'est merci.
Malgré l'abondance de concerts cet automne, en voilà un qui ne posera pas ses valises dans le coin: Bon Iver. Ce qui est plutôt énervant, après le choc magnétique constitué par For Emma, Forever Ago, son premier album. Petit lot de consolation, l'Américain offre nous offre une session, en vidéo et en MP3. La chose a été enregistrée pour la plateforme MySpace. En temps normal, j'aurais pu lâcher une bafouille pour dénoncer la concurrence des sessions qui pululent sur le net, sans doute inspirées par le succès (mérité) des Concerts à l'emporter des amis de La Blogothèque. Mais vues les circonstances et la qualité du showcase offert par Bon Iver, je me contenterai de vous conseiller de le télécharger et de profiter d'un gros quart d'heure de mélancolie légère, de songwriting délicat, de magie subtile. Quitte à regretter un peu plus l'absence d'une étape helvétique dans la promenade automnale de Bon Iver.
From Louisville To Genova Les trois comparses de Numero6 réussissent leur mercato en accueillant Bonnie 'Prince' Billy pour un titre.
Entre nous, je n'ai pas la moindre idée de qui est Numero6. De même, je ne sais pas comment ces trois Italiens de Genova sont devenus amis avec Will Oldham. Reste que le groupe propose sur son site un EP en libre téléchargement, dont le premier titre est un duo avec Bonnie 'Prince' Billy. Je vous donne donc le lien, mais pas grand-chose de plus pour le moment (je ne l'ai écouté qu'une fois et n'ai pas vraiment d'opinion).
Vieux jambon tire plus vite que son ombre Le barbu dégaine un nouvel album. Un de plus cette année!
Will Oldham est insassiable. Pour peu, on aurait envie de dire qu'il est à la musique ce que Lewis Trondheim est à la BD. La même frénésie créative ou multiplications des titres, pour le meilleur ou l'anecdotique.
Qu'il touche la cible ou non, Vieux Jambon ne laisse pas déçu longtemps. D'un EP (Ask Forgiveness) à un live (Wilding In The West), en passant par une collection de démos (Wai Notes), les six derniers mois auront offert des plaisirs variés aux fans du barbu de Louisville. Et voici déjà la suite, avec l'annonce d'un album - un vrai - pour le mois de mai. Intitulé Lie Down In The Light, cette nouvelle livraison reste entourée de mystère. Tout juste sait-on qu'elle sortira comme à l'habitude chez Drag City et qu'elle devrait renouer avec la veine de Master And Everyone plutôt que The Letting Go. Cerise sur le gâteau, une démo est disponible sur le site du label, pour un chanson à la guitare en bois intitulée So Everyone.
Et comme je suis sympa, j'ajoute à ce petit lien, un autre tuyau, pour s'offrir à l'oeil un enregistrement live du père Oldham, capturé en Nouvelle Zélande en 1997. Bon son et setlist impeccable.
Pochette économique Contenu plus généreux. De l'actualité et du à venir, du côté de chez Matador.
C'est une pratique qui ne s'est malheureusement guère généralisée depuis l'avènement du net: le sampler numérique. La bonne vieille compilation promotionnelle de label à l'ère du digital. Saluons donc ici l'oeuvr de Matador, lâchant sur le net un sampler printanier du plus bel effet.
Au menu, douze artistes du label, des "anciens" Cat Power et Stephan Malkmus aux plus méconnus The New Pornographers ou Shearwater. Certains titres étaient déjà disponibles gratuitement sur le site, d'autres viennent compléter une offre panoramique, avec même quelques coups de projecteurs sur la fin du printemps (les nouveaux Matmos et Shearwater). Bonus non négligeable, un titre de Mission Of Burma dont Matador réédite trois albums ce mois. Petite surprise finale, une sorte de blague téléphonique clôt la compilation. Voilà, voilà...
On écoute, retrouve, découvre et on apprécie le geste. Le tout ici.
Des looks de teenagers Mais plus d'idées que The Teenagers. MGMT est bien parti pour succéder aux Klaxons dans la catégorie "jeunes et bonnards"!
Une enveloppe cartonnée, noire. Pas d'expéditeur. Dedans, un CD-R. Rien d'autre. Sur le CD, je lis whoismgmt. Je sais qui est MGMT, puisqu'une consoeur m'en a parlé la semaine dernière. Et je soupçonne que l'enveloppe vient de chez Sony, même si ceux-ci ne m'envoient plus rien depuis un petit moment déjà.
Musicalement, MGMT se démarque dès le premier morceau de l'album des machins hype du moment. Ils savent jouer, contrairement aux Teenagers. Ils ont des idées originales, contrairement à The Do. Et leurs références ne sentent pas le pâté, contrairement à The Hoosiers. Electro-pop, ni trop clash, ni trop crasse, la musique de MGMT a pour elle un tiercé gagnant: une bonne dose d'inventivité mélodique, quelques reflets kitsch qui évitent le trop-plein, une atmosphère psychédélique entre Animal Collective et Flaming Lips. Comme une rencontre du troisième type entre Klaxons et Beta Band dans une ruelle new-yorkaise. Que demande le peuple!?
En pianotant sur Internet, pas mal de choses s'expliquent, en découvrant le nom du producteur de ces petits nouveaux. Ce bon vieux Dave Friedman. Membre intermittent de Flaming Lips puis de Mercury Rev, producteur culte un temps (on lui doit les meilleurs albums des deux premiers nommés ainsi que, notamment, le classique Come On Die Young de Mogwai). Ici, le bonhomme assure un son psyché riche en dégradés, qui rend justice aux compos de MGMT. Les voix évoquent le Flaming Rev, Animal Collective parfois, les instrumentations jouent sur une palette seventies, sans renier quelques oeillades vers les synthés spatiaux-ludiques de Grandaddy. Le tout évite la redite grâce à une faculté rare à sauter du coq à l'âne, à mélanger ses influences sans perdre trop le Nord.
Et pour couronner le tout, MGMT rejoint Arcade Fire dans l'ère du vidéo-clip2.0, proposant à l'internaute oisif de jouer au réalisateur en herbe sur Electric Feel. Le clip est à télécharger dans la section vidéo du site du groupe et ensuite il ne reste plus qu'à jouer au démiurge, intervenir sur le décor d'une vidéo plutôt rigolote. Un petit exemple ici, en attendant la sortie européenne du premier album de MGMT fin avril:
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