Lutins islandais Avant de devenir le champion du post-rock, Sigur Rós était un groupe mystérieux, capable de reprendre le tout aussi mystérieux chant des morts islandais.
C'était il y a un peu plus de dix ans. Un ami revenait d'un concert de Radiohead - sous châpiteau itinérant, drôle d'idée - et ne tarissait pas d'éloge sur le groupe de première partie: Sigur Rós. Un groupe islandais dont personne ici n'avait jamais entendu parler. Et dont les disques n'avaient pas encore traversé l'Atlantique (inutile de préciser qu'à cette époque internet était encore un mot... comment dire... exotique).
Très vite, j'avais réussi à obtenir en import Agaetis Byrjun, le deuxième album du groupe - le premier croyais-je - et guettais la venue de Sigur Rós en Suisse. Chose faite en 2001 dans le cadre du Montreux Jazz Festival, pour un concert magnifique au coeur de la nuit, après Sinner DC, DAAU et Arab Strap (une de ces soirées dont Montreux avait le secret). Par la suite, j'ai revu plusieurs fois Sigur Rós sur scène, mais sans jamais retrouver la magie de ce premier concert.
Idem avec les disques du groupe. Passé un mitigé et un brin pompeux () (même si le dernier titre reste un sommet), la suite des productions de Sigur Rós m'a laissé froid, voire distant, d'albums faciles (Takk..., Með suð í eyrum við spilum endalaust) en projets anecdotiques (Ba Ba Ti Ki Di Do), le groupe islandais s'est perdu dans la formule. Seule exception à mon goût, l'étrange double EP Hvarf/Heim, offrant des relectures inspirés de quelques (très) vieux titres comme Von ou Hafsól.
Confirmation que je reste surtout attaché aux premières années du groupe. Et à ses faces B notamment. Tel le plombant et élégiaque Dánarfregnir og jardafarir, tiré du maxi Ny Batteri. Une reprise d'un des titres les plus joués de la radio islandaise... celui qui accompagne la lecture quotidienne des avis de décès. Incroyable mais vrai, dans le pays de Björk et d'Eyjafjöll, chacun a le droit d'être nommé sur les ondes lorsqu'il disparaît. Et la petite musique qui l'accompagne est connue de tous les Islandais. Comme Sigur Rós.
Sigur Rós - Ny Batteri (maxi)
1. Rafmagnið búið 2. Ny batteri
3. Bíum bíum bambaló
4. Dánarfregnir og jarðarfarir































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