Cadavres exquis Interrogés successivement, les trois musiciens lausannois éclairent leur collaboration. Et racontent leur monde dans un discours forcément fleuve.
Il est toujours difficile de trouver les mots pour parler d'un album qu'on aime (mais j'essaie, quotidiennement, et un jour je saurai). Il est plus difficile encore de trouver les mots pour parler de l'album de musiciens que l'on connaît en vrai (et parfois bien). Et je ne vous parle même pas de la difficulté quand on est en partie responsable de ce disque (qu'on a joué, sans le savoir, les entremetteurs).
Pour Hemlock Smith & Les Poissons Autistes, j'ai déjà essayé il y a quelques semaines. Aujourd'hui, je préfère leur tendre le micro. Ou plutôt le clavier, pour une interview façon "cadavres exquis". A la suite, les trois musiciens (les Poissons Philippe Simon et Stéphane Babey et le Smith Michael Frei) ont répondu à mes quelques questions, histoire dans dire un peu plus sur leur collaboration, avec science et humour...
Vous faites remonter votre rencontre à votre présence commune sur la seconde compilation Bon pour les oreilles. Qu'est-ce qui vous a séduit chez l'autre?
Philippe Simon: Artistiquement? Mis à part la beauté intrinsèque de ses textes et de ses musiques (sans quoi une collaboration aurait été difficile), je dirais, là aussi, ce fameux sens du décalage: chez Hemlock Smith, on ne trouve jamais ce qu'on croit avoir entendu au premier abord: des harmonies étranges sous un couvert stylistique classique, et une ironie ludique qui débite ses textes en mille-feuilles.
Michael Frei: En fait, je crois que les Poissons Autistes sont un des secrets les mieux gardés de la scène romande. Ils font semblant de n’être que des amateurs, mais ils ont construit, patiemment et de manière très souterraine, un univers totalement original, personnel et captivant. Leur musique me touche beaucoup parce qu’elle est d’une tristesse infinie mais elle contient des éléments de colère sourde et d’ironie subtile; exactement les ingrédients que j’essaie d’insérer dans mes propres chansons. Lorsque j’ai chanté la première démo pour cet album (I Rehearse My Death Every Day), j’ai su instantanément qu’il s’était passé quelque chose d’important pour moi. Quand j’ai rencontré Les Poissons Autistes "en personnes", cette impression a été confirmée dans les 5 minutes; il était évident que nous avions des tonnes de choses en commun.
Stéphane Babey: Oh là là, quel étalage mutuel de pommade... C'est pathétique! Je ne veux pas m'enfoncer dans cet échange d'amabilités dégoûtant. Mais je dirais toutefois qu'il y a dans les deux groupes un attrait pour le décalage. Les Poissons Autistes persévèrent depuis sept ans avec leur nom ridicule et s'ingénient à trouver des noms de morceaux souvent débiles alors que la musique est sombre et souvent désespérée. Notre anticonformisme primaire nous pousse à ne pas faire ce qui serait attendu normalement. Je pense que Michael fonctionne d'une manière proche. Et que d'une certaine façon il a pu se lâcher davantage de ce côté-là avec nous.
D'un point de vue personnel, nous nous sommes tous les trois instantanément entendus dans une façon de travailler sérieuse (disons plutôt appliquée) mais détendue. Il est amusant de constater que nous avons accouché d'un album d'une noirceur absolue alors que nous avons vraiment bien ri en le préparant. C'est le genre de décalages que j'aime bien. Bien sûr, nous n'avons pas exactement le même sens de l'humour (Les Poissons Autistes sont bien plus drôles)... Faire de la musique, c'est aussi le plaisir de faire des rencontres, et celle-là était belle (flûte, j'ai dit quelque chose de gentil...). Sinon, nous sommes aussi liés dans l'infamie: Michael et Philippe partagent un goût adolescent pour Venom, Michael et moi pour Marillon... Dans la honte, on se serre les coudes...
Comment avez-vous travaillé ensemble?
Philippe: Ça varie selon les morceaux: certains ont été composés par Les Poissons Autistes, Michael posant sa voix (ou du piano) dessus. Les autres, à l'inverse. Ensuite, chaque titre a fait des allers-retours au gré de nos discussions: rajouter quelque chose, enlever autre chose, etc... C'est un disque fait à distance: on ne s'est jamais retrouvés pour jammer à trois.
Michael: Je n’ai rien à ajouter si ce n’est que cette collaboration "solitaire" a eu des effets très positifs pour moi. Seul dans ma chambre, j’ai pu explorer des voies nouvelles sans avoir peur de me ridiculiser. J’étais tellement face à moi-même dans les moments où je travaillais sur ce projet que j’ai réussi, je crois, à écrire mes textes les plus honnêtes jusqu’à ce jour. Le côté "spontané" de notre collaboration (nous n’avons réalisé qu’il y a peu de mois que nous étions en train de faire un album) a aussi pesé dans la balance; nous n’avions aucune pression, personne ne nous attendait. Tout ce qui est donc arrivé était un peu un "accident", un crash désiré. J’ai beaucoup appris en leur "non-compagnie", l’analyse de leurs structures et de leurs compositions m’a beaucoup apporté. Mes prochaines chansons seront sans doute différentes grâce aux Poissons Autistes.
Stéphane: Nous ne nous sommes jamais retrouvés ensemble pour enregistrer dans la même pièce. Ce qui n'était pas une nouveauté pour nous, puisque Les Poissons Autistes travaillent déjà comme ça (sauf pour préparer les lives). Donc à la place d'être deux à s'échanger des fichiers, on a été trois... Ensuite tout se passait pas mails, dîners de travail et séances d'écoute en commun. Et ensuite, quand Patrick de Rham (mixage) et Julien Grandjean (mastering) sont entrés en jeu, on a appliqué la même méthode. C'est un album vraiment réalisé à distance.
Musicalement, Three Times Dead semble slalomer entre deux directions différentes: des morceaux bâtis autour de textures électroniques complexes et des ballades construites autour du piano. Etait-ce une volonté délibérée, tant dans cette variété de climats que dans l'agencement des titres?
Stéphane: Au départ, Michael voulait juste poser sa voix sur des morceaux à nous, préexistants ou composés pour lui. Il voyait plutôt le projet comme Les Poissons Autistes avec la collaboration d'Hemlock Smith. Il devait même y avoir des instrumentaux sans interventions de Michael. Mais au bout d'un moment, il est arrivé avec ses propres morceaux (voix + piano). On ne savait pas si on serait à la hauteur de ses mélodies délicates. Quand j'ai trouvé le courage de me lancer dans la tâche impossible de rajouter quelque chose sur Myrta, un titre terriblement personnel pour Michael, et que les deux autres ont aimé, j'ai pensé que que la collaboration pouvait marcher dans les deux sens. Au final, l'album est vraiment une oeuvre réalisée 100% en commun, et pas de simples rajouts de voix sur nos musiques. Ce qui lui donne peut-être sa cohérence et sa variété (si on peut parler de variété...). Cette méthode trouve peut-être son meilleur accomplissement dans Space Between Us, qui ressemble à un morceau composé par Michael, mais qui est en fait un titre des Poissons Autistes sur lequel Michael a rajouté son piano après coup. C'est aussi un des derniers enregistrés. Cela montre sans doute que si l'on continue, la fusion entre les deux approches va encore se perfectionner.
Michael: J’ai vraiment l’impression d’avoir grandi musicalement pendant ce projet. Au départ, j’étais déjà très heureux d’être choisi comme vocaliste d’un jour. Quand j’ai commencé à avoir des idées de morceaux pour compléter les tracks des Poissons Autistes, ils m’ont mis en confiance en me soutenant dès le début. La première chanson dont parle Stéphane est un résumé d’un épisode familial douloureux pour moi, qui m’a mis dans un état d’agitation énorme pendant la phase d’écriture et d’enregistrement. A cause de sa nature profondément introspective, je ne pense pas que j’aurais pu le développer tout seul ; je n’aurais pas eu le courage. Je suis incroyablement reconnaissant aujourd’hui que ce morceau (et les autres aussi) existe, sans oublier le fait que l’apport des Poissons Autistes sur ces pièces a été déterminant.
En ce qui concerne la construction de l’album, je crois qu’elle s’est imposée un peu tout seul. Nous devions alterner ces deux facettes stylistiques afin de réussir, si possible, à intéresser l’auditeur jusqu’au bout. Le morceau final (Space Between Us) apporte en définitive, du moins je le crois, la synthèse de ce que nous avons essayé de faire.
Philippe: Ouaip, dur dur de répondre en troisième, tout me semble avoir été dit. Je pense qu'effectivement, cette collaboration nous aura permis, sinon de grandir, du moins d'ouvrir les yeux sur d'autres perspectives stylistiques, d'autres possibilités. Qui, en tous cas pour Les Poissons Autistes, irriguent déjà notre façon de composer. Je pense que le travail anxiogène qu'on fait actuellement pour la scène devrait avoir les mêmes conséquences.
Qu'est-ce que ce projet a changé pour vous par rapport à vos groupes habituels?
Stéphane: Travailler avec un chanteur implique de nombreuses contraintes de rythme et de structure dont nous sommes libres dans notre travail habituel. Cela nous a donc permis d'explorer des formes auxquelles nous ne nous étions pas encore intéressés. Nous avons remarqué avec Philippe que chacun d'entre nous avait ses obsessions structurelles qui reviennent régulièrement. Travailler avec Michael nous a permis de sortir de ce carcan plus ou moins conscient pour explorer des voies différentes.
De plus, Philippe et moi travaillons ensemble depuis sept ans avec Les Poissons Autistes et nous connaissons depuis vingt ans. La communication est donc très simple et chacun connaît les goût et les attentes de l'autre (très proches mais avec néanmoins leurs spécificités). Avec Michael, il a fallu réapprendre l'art du consensus. Parfois savoir abandonner des choses qui nous tenaient à coeur pour parvenir à un meilleur équilibre des morceaux. C'est une démarche parfois frustrante mais très enrichissante lorsque tout le monde est content du résultat final. Mais il y a eu aussi beaucoup de morceaux abandonnés en cours de route car l'un des trois n'aimait pas...
Michael: Je n’ai pas grand-chose à ajouter si ce n’est que les structures non rythmiques et en couches superposées des Poissons Autistes ont été un vrai challenge pour moi. Quand on pose une voix, on est content quand on a des repères harmoniques et rythmiques. Là, il fallait presque sentir le morceau de l’intérieur pour suivre la musique. J’ai du coup beaucoup transpiré, mais c’était passionnant. Mais en définitive, un "groupe" est toujours une aventure humaine et là, ça a été très facile… les consensus dont parle Stéphane n’ont pas été trop difficile à atteindre. J’ai cependant quand-même dû m’habituer à leur accent jurassien. Du coup, je me réjouis de les entendre s’attaquer au suisse-allemand…
Philippe: C'est pas parce que j'ai de lointaines origines bernoises que je me mettrai à parler comme un cheval qui mange des pommes! Plus sérieusement, je pense que je répéterais ici ce que j'ai dit juste au dessus: le fait de travailler avec Michael nous a ouvert beaucoup de portes intérieures.
Quelques concerts sont prévus pour accompagner la sortie de l'album. Le passage à la scène s'est-il fait naturellement?
Michael: C’est encore un peu tôt pour le dire, puisque nous sommes à quelques jours de notre première sortie; c’est assez dur pour moi parce que je sens que les Poissons maîtrisent totalement leur univers et que moi, j’ai l’impression de me mettre en abîme par rapport à mes habitudes de "songwriter". Je suis donc impatient et nerveux, mais je crois qu’ils vont me sauver la mise.
Philippe: C'est assez dur pour nous aussi, et pour des raisons en miroir de celles de Michael: on a l'habitude de morceaux à la structure extensible, allant quelques fois jusqu'à l'indifférencié, ou presque. Le challenge pour nous est de parvenir à fournir assez de repères à Michael pour qu'il puisse poser sa voix de la manière naturelle. Bref, cela nous oblige à être précis (dans le temps), ce qui ne faisait pas forcément partie de notre vocabulaire. En tous cas pas de manière aussi intense.
Stéphane: C'est un projet studio, et la nécessité de le présenter live n'est arrivée que très tard. Mais bon, il faut bien essayer de vendre ce truc, et le concert est quand même le meilleur moyen de se faire connaître. Aucun des titres n'est conçu pour être interprété en concert et il a donc fallu tout revoir de fond en comble. C'est assez amusant que Michael pense qu'on va lui sauver la mise, parce que nous on se raccroche à lui et à sa grande expérience de la scène pour faire passer la pilule... Je sens qu'on a du souci à se faire... Plus sérieusement, Les Poissons Autistes n'étaient pas au début un projet très adapté aux concerts. Avec les années, et un recours de plus en plus fréquent à des instruments joués live et samplés en direct, nous avons pris un peu d'assurance. La difficulté ici est que nous ne pouvons pas nous reposer sur les structures dans lesquelles nous sommes à l'aise, mais devons nous mettre au service de la voix et des histoires de Michael. Nous nous trouvons dans la situation peu commune d'aller défendre sur scène des morceaux que nous n'avons jamais joués ensemble... Je sens que mon absence légendaire de sens du rythme va être mise à rude épreuve... Mais je me rassure en me disant que c'est les deux autres qui ont les choses les plus difficiles à réaliser et que si ça foire je pourrai les accabler...
Avec Les Poissons Autistes, le public ne sait jamais à quoi s'attendre, ne vient pas pour entendre un morceau en particulier qu'il connaît déjà, puisque nos sorties sont confidentielles et que de toute façon nous sommes incapables de rejouer exactement deux fois la même chose. C'est une position assez confortable dans laquelle ce que nous considérons comme des erreurs peut être pris comme intentionnel par les auditeurs. Ah, quand même, la musique expérimentale, c'est vraiment un job sympa... Par contre, avec Michael, nous devons faire preuve d'une précision inaccoutumée. C'est en tout cas une expérience intéressante. Quant à savoir si cela portera ses fruits, c'est un peu tôt pour le dire.
Dans les crédits du disque comme dans le dossier de presse, vous citez plusieurs références littéraires ou cinématographiques. Mais restez plus silencieux quant à vos influences musicales. Pourquoi? Et quelles sont-elles?
Michael: Je ne suis pas sûr qu’on ait fait exprès, mais je n’aime pas cataloguer les gens et les mettre dans des tiroirs musicaux…c’était peut-être instinctif pour permettre aux gens de se faire une opinion sans "labelliser". Mes influences musicales sur le disque ;
Tom Waits pour les paroles, Steve Reich, Arvo Pärt, Mark Hollis et le Talk Talk tardif pour la musique. J’ai aussi beaucoup écouté les récitatifs étranges de T-Bone Burnett.
Philippe: Tout à fait d'accord avec Michael concernant les raisons de l'absence de références musicales. J'ajouterais que Les Poissons Autistes sont des éponges et que les nombreux disques qu'on écoute nous imprègnent sans qu'on puisse toujours les nommer consciemment. Et quand bien même on le ferait, je ne suis pas sûr que les influences auxquelles on pense se retrouve forcément dans les morceaux influencés. Pour ma part, je ne peux pas nier que, par exemple, Flat Hands est né de l'écoute d'Ekkehard Ehlers, alors que Metaphors ou Space Between Us sont en partie des hommages à Fennesz. Hommages maladroits bien entendu, mais c'est sûrement dans cette addition d'erreurs que se crée une identité.
Stéphane: Il n'y a rien de plus difficile et trompeur que de citer ses influences. On peut citer celles qui sont conscientes. Assez souvent, je pars de quelque chose dont j'aimerais saisir la beauté fascinante. Mais je n'arrive jamais à mes fins: le résultat est toujours très différent du point de départ. Et pour une influence consciente, il y en a dix inconscientes. Nous sommes tous les trois de grands consommateurs de musique. Pour ma part, j'en écoute en permanence quand je suis chez moi, et j'achète sans cesse de nouveaux disques, pratiquement tous genres confondus, et tous m'influencent d'une façon ou d'une autre. Et c'est vrai aussi pour la littérature ou le cinéma. Alors citer quelques noms serait bien arbitraire. Dans les chroniques sur le CD que nous avons déjà pu lire, je suis flatté lorsque je trouve le nom d'un artiste dont j'aime le travail, comme Joy Division, les Young Gods, Arvo Pärt, Robert Wyatt ou Nine Inch Nails. Mais je n'ai pas le moindre indice de comment le chroniqueur a pu arriver à cette association d'idées... Car à aucun moment je n'ai pensé à tel ou tel de ces artistes au moment d'enregistrer les morceaux. Je me rappelle d'un papier sur un CD-R des Poissons de 2005 où le journaliste avait cité Gospeed You Black Emperor! comme référence. J'aime ce groupe mais ne voyais à l'époque aucun rapport avec nous. Maintenant, je décèle des traces évidentes de Godspeed dans certains de nos morceaux récents. Mais le journaliste l'a entendu trois ans avant moi... Alors à quoi bon citer Sonic Youth, My Bloody Valentine, Terry Riley, Skinny Puppy, Einstürzende Neubauten, Debussy, Ministry, Autechre, Keith Jarrett, Giacinto Scelsi, Pimmon, Deathprod, Nick Drake, Pauline Oliveiros, Bashung, Jim O'Rourke, Earth, Six Organs Of Admittance, John Fahey, Can, Aphex Twin, Larkian, John Coltrane, Dälek, Rhys Chatham, Lorren Connors, Merzbow, Vladislav Delay, Philip Glass, Low, Techno Animal, Erik Satie, Mission of Burma, Velma, The Stooges, Angels of Light, Oval, Ellen Fullman, Isis, John Zorn, Napalm Death, Pixies, Burning Star Core, Maurice Ravel, Kate Bush, the Beatles, Sun 0))), Volcano!, Gas, Missing Foundation, Jesus Lizard, Velvet Underground, Sum of R, Scorn, Spectre, Consor, The Smiths, Supersilent, Jan Garbarek, Jesus and Mary Chain, Coil, Charlélie Couture, Charlemagne Palestine, Philip Jeck, Gavin Bryars, James Blackshaw, Camille, Fred Frith, Godflesh, Songs Ohia, Charalambides, Ingram Marshall, Stravinsky, Nick Cave, God Machine, Cult of Luna, Scanner, Eliane Radigue, PJ Harvey, Opak, Tarentel, Plaid, Plastikman, Mi and L'au, Mahler, Radiohead, Hüsker Dü, David Sylvian, Pita, Messiaen, Koji Asano, LFO, Feist, Shostakovich, Bio, Miles Davis, Wolfhounds, Johnny Cash, Harold Budd, Björk, Noise Gate, Mike Patton, Keiji Haino, Pan Sonic, Year of no Light, Phil Niblock, Borbetomagus, Raphelson, John Adams, Jacques Brel, Murcof Joanna Newsom, Nico Muhly, Bruckner? C'est un peu ennuyant, non? Ou bien je continue?
Hemlock Smith & Les Poissons Autistes
Three Times Dead
Everest Records/Namskeïo
www.myspace.com/hemlockpoissons
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