Avant/Après

04/09/2008

These Days/If You're Feeling Sinister

Nico Chelsea Girl Muse du Velvet Underground, Nico a aussi pu compter sur quelques chansons signées Jackson Browne, aux mélodies si limpides qu'elles reviennent chez d'autres.

Etrange effet miroir parmi les disques de la rentrée. Brian Wilson annonce un nouvel album, tandis que Glen Campbell vient de sortir un disque. Deux ex-Beach Boys sur le retour. Nostalgie, nostalgie, poussée à son paroxysme chez Campbell, qui s'offre un disque de reprises.

Parmi celle-ci, These Days de Nico. Une ballade composée par Jackson Browne pour le premier album de l'ancienne égérie du Velvet Underground, Chelsea Girl. L'hommage est touchant, dépoussiérant un petit bijou de songwriting un brin oublié. Quoique... En réécoutant cette chanson, je me rends soudain compte que le refrain m'est étrangement familier. J'écoute à nouveau et voilà que les choses s'éclaircissent: Belle & Sebastian! If You're Feeling Sinister. Un autre effet de miroir. Quand au milieu une ultime mélopée s'ajoute au refrain, scandant le titre de la chanson, comme à bout de souffle. A 3 minutes 27 secondes, pour être exact. Ou à 4 minutes 30 secondes encore. On jurerait le refrain de These Days. A vous de juger...



21/08/2008

Amoureux solitaires

Arman Arman Méliès En reprenant Lio, le chanteur français joue gros. Mais remporte la mise avec son "Casino".

Arman Méliès, c'est un nom apparu au détour d'une interview avec Dominique A. C'est ensuite un album, Les tortures volontaires, intrigant et bricolé, étrange et hors du temps, qui n'a pas connu le succès qu'il méritait. Un univers, piochant aussi bien dans l'écriture anglo-saxonne que dans une chanson volontairement désuète.

Cette année, Arman Méliès sort Casino. Un album qui a peiné à gagner la Suisse. Mais la roue tourne. Le voici dans nos bacs, le voilà annoncé sur nos scènes (aux Docks à Lausanne, le 13 novembre, en compagnie de... Julien Doré). Plus abouti, plus cotonneux également, Casino dévoile un Melies plus mature qu'auparavant, maître d'arrangements délicats, jamais trop ostentatoires, mais aussi décomplexé face à son attirance pour des sonorités synthétiques forcément datées, inventant un pont entre le Forest de The Cure et Les mots bleus de Christophe.

Jusqu'à s'emparer d'une bluette de Lio pour en tirer un spleen pince-sans-rire. "En fait, c'est le texte qui m'a donné envie de reprendre cette chanson", explique-t-il au téléphone, "j'avais l'impression qu'il était passé inaperçu dans la version de Lio." Et si la chanson n'était à l'origine pas prévue pour son album Casino, le résultat final a convaincu Arman Méliès de l'y intégrer. Bonne idée, tant ce tube oublié aujourd'hui revisiter fait figure d'ambassadeur de luxe pour un disque abouti et maîtrisé, parmi les meilleurs que la scène française nous aura offert ces dernières années.

14/08/2008

Isaac Hayes (1942 -2008)

Hayes Isaac Hayes Véritable légende de la soul, le compositeur de "Shaft" a marqué chacune des décennies qu'il a traversé.

Quand un musicien meurt, on a coutume de dire que ses chansons lui survivront. C'est joli. Mais pas toujours vrai (heureusement parfois, remarquez). Avec la disparition d'Isaac Hayes, décédé le week-end dernier à l'âge de 65 ans, l'adage prend tout son sens. De son vivant déjà, sa musique a nourri nombre d'artistes. Sa mort ne devrait pas inverser la tendance.

Précurseur du disco et du hip-hop pour beaucoup, le chanteur à la voix grave aura laissé un matériau précieux aux multiples artificiers d'un groove urbain. Du hip-hop aux musiques électroniques, ses samples traversent les trois dernières décennies musicales, tandis que sa voix a séduit un public nouveau dans les années 90 grâce au personnage du Chef dans South Park. Public Enemy, le Wu-Tang Clan, Snoop Dog, LL Coold J, Tupac, Jay Z, MF Doom, Pete Rock et bien d'autres encore ont puisé dans la discothèque du père Hayes pour y trouver quelques inflexions à leur musique.

Ajoutons à ce Panthéon rap deux pointures du trip-hop britanniques. Portishead et Tricky ont tous deux samplé Isaac Hayes sur leur premier album. Le même morceau, à la même période ou presque. Portishead en 1994 sur Dummy, Tricky sur Maxinquaye en 1995. L'histoire dit que tous deux étaient en studio à la même période et ne savaient rien du projet de l'autre. Le résultat est étonnant. En empruntant à Ike's Rap II sa basse vénéneuse et ses cordes hantées, Portishead façonne un bijou de soul grisâtre (Glory Box), tandis que Tricky  suinte un spleen abrasif (Hell Is Round The Corner). Deux titres meilleurs qu'une longue bafouille en hommage à Isaac Hays.

Isaac Hayes - Ike's Rap II/Help Me Love (1971)

Portishead - Glory Box (1994)

Tricky - Hell Is Round The Corner (1995)

22/07/2008

Un tube de l'été entre guillemets

Drg_2Attention Dr Gonzo A trop jouer avec les pincettes du second degré, on perd toute saveur.

Le tube de l'été. Une véritable institution, riche en ritournelles increvables et à crever. Le genre d'airs dont on ne peut se défaire une fois qu'on les a entendus... même si c'est tout ce qu'on souhaiterait. Lambada, Macarena ou encore Chihuahua, des titres qui fleurent le soleil, tapent sur les nerfs et crament toutes véléhités musicales.

Le post-modernisme ambiant ne pouvait que se régaler de cette tradition paillarde. En quelques coups de pinceaux à paillette, les tenants du bon goût inventent cet été le tube fréquentable. Un cheval de Troie dont on ne sait pas bien s'ils visent à piéger les adeptes des soirées camping ou les mélomanes en bronzette.

L'objet du délit est visible sur Arte. Un casting éclectique mais respectable (Nina Hagen, Jacques Higelin, Micky Green), un chef d'orchestre du même tonneau (Gonzales), un clip entre les bijoux Pixar et Le soldat rose et une chanson piochée dans l'imaginaire collectif (Love Is All). Le résultat? A la hauteur de la formule. Soit un exercice pénible et bancal qui fait sourire la première fois puis lasse, sans pourtant qu'on se retrouve avec la ritournelle prisonnière de la caboche. Ou alors la version originale, par Butterfly Ball, dans lequel s'ébatent Roger Glover (Deep Purple) et James Ronnie Dio (Black Sabbath).

Dans Raison d'être, Ramuz considère que reprendre des expressions du langage orale en les affublant de guillemets équivaut à les prendre avec des pincettes. En choisissant de faire un tube de l'été fréquentable, vaguement arty, Gonzales et Arte font de même. Et même si le Canado-berlinois n'a jamais caché son amour sincère pour le kitsch, cette reprise en carton-pâte donne l'impression d'avancer à reculons. Je préfère donc réécouter la ritournelle entêtante de Butterfly Ball. Mais pour vous, je vous laisse juges...



27/05/2008

Justice Twins - Come To Stress

JsJusticiers stressés Ou beaucoup de bruit pour vendre un blouson...

Réalisé par Romain Gavras (fils de Costa), le récent clip Stress de Justice a enflammé la toile ces dernières semaines. En cause: une imagerie limite, entre Orange Mécanique de Stanley Kubrick (pour le décor) et Le droit de savoir de TF1 (pour le montage). Des jeunes - tous Noirs ou maghrébins - arborant des blousons à l'effigie de Justice (en vente chez Colette) font le trajet de leurs banlieues au centre de la ville pour tout péter, avant de se retourner contre le caméraman.

Du côté du groupe comme du réalisateur, on élude la question du message du clip. A chanson indiffusable, vidéo indiffusable. Sauf qu'avec Internet, tout le monde peut la voir et y réagir. Dommage alors que ses auteurs n'aiet pas imaginé un message. Car sous couvert de dénoncer la violence, le clip se prend les pieds dans le cliché. De l'origine des casseurs au parcours fléché dans Paris, en passant par le reportage caméra à l'épaule, on peine à voir la différence entre ce clip et nombre de documentaires racoleurs consacrés à la banlieue ces dernières années. Jean-Pierre Pernault et Charles Villeneuve réunis n'auraient pas fait mieux. On est bien loin du regard en biais de Kubrick. Ou de Chris Cunningham, réalisateur attitré des vidéos d'Aphex Twin. Impossible en effet de ne pas penser au clip de Come To Daddy. Sauf qu'en remplaçant les banlieusards par des petites filles au visage aphextwinien, Cunningham créait un décalage propice au malaise et dans son prolongement à la réflexion. Revoyons plutôt ce clip plutôt que le coup de pub de Justice, scandale un brin inutile pour vendre des blousons.

(En passant, je vous recommande la lecture de l'excellente enquête du Nouvel Observateur parue la semaine dernière, qui revient sur les conditions de tournage de ce clip et renforce un peu plus encore le côté banalement putassier et opportuniste de l'entreprise)

02/04/2008

3 x Army Of Me

Postbjork Post Björk Relecture inspirée d'un temps où l'Islandaise était encore la petite fée de la pop

Après OK Computer ou Automatic For The People, le site Stereogum.com poursuit son exploration du patrimoine nineties avec un tribute consacré à Post, deuxième album de Björk sorti en 1995.

Si le choix semble moins indusctable que pour les précédents projets - on aurait pu lui préférer Homogenic ou Debut - le résultat est de bon niveau, grâce notamment à un casting mêlant valeurs sûres (Liars, Xiu Xiu, Final Fantasy) et découvertes (Bell, Pattern Is Movement, No Age). Surtout, tout ce petit monde préfère la réinterprétation assumée à la sage imitation. Xiu Xiu transforme Isobel en une ballade spleenico-dépressive dont il a le secret - les habitués aimeront, les autres fuiront - Bell offre un second souffle jazzy-kitsch à It's Oh So Quiet, tandis que Final Fantasy s'adjoint les services de Ed Droste pour faire ressortir le côté baroque de Possibly Maybe. Le tout se trouve ici (en écoute et en téléchargement).

La bonne occasion pour tenter un crossover entre les rubriques "3 de 1" et "Avant/Après". Une envie motivée par la reprise d'Army Of Me signée Liars. Martyrisant le tube de Björk, le trio US renoue avec la claustrophobie électrique de Drum's Not Dead et rappelle qu'il reste un des groupes les plus passionnants du moment (adoubé récemment par Radiohead, qui l'a choisi pour ouvrir certaines dates de sa tournée américaine). Et pour compléter le tableau - et arriver à trois - petit détour dans les souvenirs adolescents, pour un remix signé par les Beastie Boys et une reprise façon Helmet. Yeah!

   

1. Liars - Army Of Me
2. Helmet - Army Of Me
3. Björk - Army Of Me (Beastie Boys Remix)

04/03/2008

Close To Me

Why Pour la coupe à la Robert Smith, il faudra attendre que ça pousse. Mais pour "Close To Me", c'est largement suffisant.

En attendant la sortie imminente de son nouvel album Alopecia, Why? offre, via le site de son label Anticon, une reprise du Close To Me de The Cure. Bricolée, presque déconstruite, cette version transpose la pop inquiète de The Head On The Door en une mélancolie aérienne, portée par un bourdonnement constant et une rythmique digitale discrète mais obsédante. Ou comment poussé jusqu'au bout la logique du clip original, esquissant la claustrophobie vestimentaire du groupe dans l'armoire. En espérant que Why? emmènera cette reprise sur scène, pour une tournée 2008 qui devrait faire halte au Kilbi festival.

31/01/2008

Happy Together/Worried About Ray

Niais mais si bien L'original signé The Turtles. Rien à voir avec la croûte en bas de cet article. Et pour la petite histoire, deux Turtles se sont plus tard changés en Mothers of Invention

C'est un disque moche, arrivé début janvier. La pochette de ce CD promo se divise en quatre surfaces égales, reprenant chacune dans une couleur différente la pochette originelle. Pas très tentant.

C'est un article lu un soir en fumant une clope. The Hoosiers auraient vendu 500 000 albums en Grande-Bretagne. Etrange. Nouveaux Kaisiers Chiefs, Hard Fi ou Fratellis? A voir.

C'est finalement le moment de l'écoute. Et dès la première mélodie ça coince. Je réécoute et j'en suis sûr. Du vilain plagiat. Une recherche Google m'apprend que le méfait a été découvert puis puni.

Je vous laisse juge, même si ça ne fait aucun doute. Un copié-collé non déclaré qui me rappelle Elastica et son Waking Up, largement pompé sur le No More Heroes des Stanglers.

Tout pompé et même pas bien Oh merde, j'ai pas fait exprès! Et en plus ils ont des têtes de ploucs, genre le chanteur qui ressemble à Ben Stiller

10/01/2008

Ceremony / The Headmaster Ritual

Pour bien redémarrer l'année "Avant/Après", profitons d'un récent webcast de Radiohead pour s'offrir deux reprises (et rappelez que non, on ne les déteste pas par ici, même si In Rainbows est plutôt plan-plan). New Order tout d'abord, avec le toujours superbe Ceremony, sorte de chaînon manquant entre l'avant et l'après Ian Curtis (d'ailleurs, une version live interprétée par Joy Division "au complet" est disponible sur Still). Suit The Headmaster Ritual de The Smiths. Pas mon titre préféré du groupe mancunien, mais un bon exemple de son versant un peu plus rock. Remarquez au passage comment Thom Yorke travestit son chant pour singer celui de Morrissey, jusqu'au petit côté jodleur du refrain. Un côté élève appliqué...

Radiohead - Ceremony (New Order)
Radiohead - The Headmaster Ritual (The Smiths)

28/11/2007

Tout est dans "the" look

Une fois n'est pas coûtume, il ne s'agit pas véritablement d'une reprise cette fois-ci, mais d'une parodie. Ou comment détourner la hype indé pour un groupe plus teenage, du look aux incises de jeux vidéos vintage. Surtout, la petite intro qui ouvre la parodie est un petit bijou de cynisme discographique, tout à fait au goût du jour en cette fin d'année 2007.

L'ORIGINAL - The Strokes : Last Night

LA PARODIE - Sum 41 : Still Waiting

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