Tête sans radio En vacances de Radiohead et à la tête d'un nouveau groupe, Thom Yorke poursuit dans la même direction musicale.
Atoms For Peace - Before Your Very Eyes...
Au départ, il y a une chanson, Atoms For Peace, tirée de l'album solo de Thom Yorke, The Eraser. Puis, un backing band du même nom - supergroupe comprenant le producteur Nigel Godrich, Flea des Red Hot Chili Peppers, le batteur de Beck et REM et un percussionniste brésilien - parti en tournée avec Thom Yorke. Enfin, aujourd'hui, il y a un vrai groupe qui livre un premier album archi-teasé et attendu. Et pourtant, on a l'impression que peu de choses ont changé entre le début et la fin de l'histoire.
L'inaugural Before Your Very Eyes... est pourtant bluffant, porté par des lignes mélodiques et des rythmiques obsédantes directement héritées du courant afro-beat. Mais dès Default, le souffle retombe et on retrouve les ambiances familières des travaux précédents de Thom Yorke, en solo comme au sein de Radiohead.
Thom Yorke aurait pu enregistrer "Amok" seul. Ou avec Radiohead. A se demander pourquoi il a ressenti le besoin de recruter ce casting de luxe.
La ligne ne bougera plus ensuite. Ingenue, Unless, Judge And Jury Executioner, autant de titres que Thom Yorke aurait pu enregistré seul. Ou entouré de ses complices habituels. A se demander pourquoi il aura ressenti le besoin de recruter ce casting de luxe, si c'est pour lui tenir à ce point la bride. Surtout, si on compare les échappées de Yorke à celles de ses camarades (du songwriting touchant de Phil Sellway aux livrets plus complexes de Jonny Greenwood), on ne peut s'empêcher d'en interroger la légitimité.
Reste que malgré ce sentiment de redite et d'occasion manquée d'explorer de nouveaux horizons, Amok est un album de belle facture, riche dans ses textures comme dans son écriture. Mieux, on y retrouve certains titres parmi les meilleurs composés par Yorke, toutes périodes confondues. Before Your Very Eyes..., bien sûr, mais également Reverse Running et son tempo contrarié ou encore Amok, plongée dans une electronica plus ténébreuse et torturée.
De vraies réussites qui font regretter un peu plus encore le manque d'audace général de cette première livraison, réussie, mais pas totalement enthousiasmante, témoignage d'un groupe en devenir et, surtout, de son leader qui cherche encore son second souffle.





























Tout à fait d'accord. L'album est pas mal, mais à en juger par les performances du groupe sur scène, Yorke aurait gagné à les laisser s'exprimer davantage, voire même à ouvrir la porte à - horreur - un peu plus de spontanéité.
Rédigé par : Julien | 19/03/2013 à 12:07