Man or animal? Un peu de musique black, un poil d'esprit punk et pas mal de rock'n'roll. Le groupe genevois The Animen réussit un premier album malin et bien torché.
The Animen - Another Grey Crime
Un mois de silence et me voilà de retour. Je serais bien revenu plus tôt, mais finalement, une pause, ça fait du bien. Et puis manquait le déclic, le petit truc qui donne envie de s'y remettre, en ces temps de rentrée au ralenti.
Ce petit truc, ça pourrait bien être le premier album des Genevois The Animen, oublié sous une pile de disques entre Noël et Nouvel an, écouté mi-janvier après avoir célébré Claude Nobs. Un premier album que certains m'avaient déjà vantés et que d'autres s'empresseront de ranger quelque part entre The Black Keys et Black Rebel Motorcycle Club, entre blues et garage, air du temps oblige. A tort.
Pas forcément original, plutôt efficace et finalement attachant, ce premier album devrait faire, par ici, autant de groupies que de jaloux.
Car si ce premier album débute sur un exercice façon Otis Redding aussi cuivré qu'électrique (Harder Than Stone), la suite tourne vite le dos à l'Amérique pour lui préférer la pop de la perfide Albion, parcourant en Vespa une ligne droite qui irait des Kinks aux Libertines, célébrant une fougue certaine comme une certaine nostalgie. D'un Alice In My Life pied au plancer à un A 16 Smokin' Gun remuant, The Animen (joli nom valise, au passage, marrant que personne n'y ait pensé jusqu'ici) accumule les riffs aiguisés et les mélodies catchy, le chant roublard et les choeurs criards, sans se soucier de l'héritage ou de la légitimité.
Et c'est ce qui séduit. Sans réinventer la roue, les Genevois signent une collection de chansons qui ne s'excusent pas, suffisamment accrocheuses pour convaincre, sans prétention mais joliment torchées. Et si au hasard des titres on sent de multiples influences (The Strokes, of course, les Stones, tiens, quelques vaguelettes surf et même une certaine scène rock française d'avant hier, si si, pour le côté rockab un peu bancal (un Down In Oslo façon Out Of Time Man, les kitscheries en moins)), The Animen sait garder sa ligne et semer quelques tubes radios çà et là, du sympathique ukulélé de My Pretty Ballerina au twist façon Cramps d'Another Grey Crime.
Pas forcément original, plutôt efficace et finalement attachant, ce premier album tire son épingle du jeu dans le paysage rock romand actuel. Et devrait faire autant de groupies que de jaloux par ici. En plus d'avoir sorti ce blog de sa léthargie post-gueuletons de fêtes.
En concert:
Genève, L'Usine, 26 février (1ère partie de Firewater)





























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