Last order La réunion est virtuelle - la photo date - mais l'album est réel. En 8 titres, New Order referme comme il peut une discographie essentielle.
New Order - I'll Stay With You
Voilà un disque qui fait souffler l'ambivalence. D'un côté, on aimerait ne pas s'y arrêter, ne pas se laisser prendre, lassé par plusieurs années de déchirements et de caprices intestins, par la machine à tubes des survivants et les délires successifs de Hooky. De l'autre, on ne peut retenir un frisson, nostalgique ou empathique, accroché aux souvenirs de tant d'albums et de chansons, convaincu que l'épilogue ne saura être tout à fait de trop.
Une mélodie de Bernard Sumner ou une ligne de basse de Peter Hook suffisent à sauver un morceau... selon que l'on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein.
Sans surprise, les deux sentiments cohabitent à l'écoute de Lost Sirens, vestige d'un disque avorté, enregistré durant les sessions de Waiting For The Sirens' Call, dernier album en date du groupe anglais. Difficile, en effet, de pas s'énerver face aux fautes de goût et aux excès de paresse qui émaillent l'album. En vrac, on citera les gimmicks façon Pet Shop Boys de Sugarcane, les sonorités soft molles de Recoil, le lyrisme bonoesque de I've Got A Feeling ou encore le refrain slamé et indigeste de Shake It Up. Et pourtant, à l'image de cette chanson, même quand il y a des ratés, tout n'est pas à jeter chez New Order. Une mélodie de Bernard Sumner ou, ici, une ligne de basse de Peter Hook, suffisent à sauver un morceau... selon que l'on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein.
Surtout, à côté des ces passages en demi-teintes, on ne boudera pas son plaisir dans les meilleurs moments du disque, de l'inaugural I'll Stay With You (parfaite alliance de la fougue de Brotherhood et de l'efficacité de Get Ready) au mélancolique I Told You So (remixe dépouillé d'un morceau (déjà) oublié de Waiting For The Siren's Call), en passant par l'excellent Hellbent, entendu l'année dernière sur la compilation Total: From Joy Division To New Order, qui semble contenir en lui 30 années d'histoire de la musique mancunienne.
Alors bien sûr, cet épilogue composé des restes d'un album avorté ne changera pas grand-chose à l'histoire. Et bien sûr, on frise l'auto-parodie par moments, comme l'aveu d'un groupe qui n'aurait jamais trouvé les clefs pour survivre à sa décennie de gloire; mais est-ce vraiment pire qu'une copie-carbone façon Motorama? Ou que tous ses compatriotes incapables de pondre le moindre album depuis une à trois décennies? Au final, cet album guère plus court que les classiques 80's de New Order et traversé de quelques instants de grâce rappelle combien la pop doit au groupe anglais, qui tire sa révérence avec discrétion. Et sans être tout à fait indigne.





























Commentaires