Grandes nouvelles des étoiles Deux ans après son "come-back", le groupe de Michael Gira signe son chef-d'oeuvre, dixit Gira himself. Et on ne le contredira pas.
Swans - Avatar
Bien sûr, il y a eu My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky. Bien sûr, il y a eu cette tournée tellurique. Bien sûr, il y a le talent de Michael Gira. Mais on n'était pas préparé à ça. Ou si peu. Le truc le plus puissant entendu depuis les albums de Godspeed You! Black Emperor. La chose la plus suffocante écoutée depuis les derniers disques de Scott Walker. La quintessence de Swans. Tout simplement.
Tout démarre sur une litanie où la voix de Gira est doublée par celles d'Alan Sparhawk et Mimi Parker de Low. Le poil se hérisse. L'esprit s'embrume. Ce mot répété sans fin: Lunacy. Démence. Avant une coda plus apaisée, comme anésthésiée: "Your childhood is over". Le calme. Avant le déluge.
Car si la suite varie, selon qu'on a opté pour la version CD (double) ou vinyle (triple), elle prend à la gorge. Et ne relâche que rarement son étreinte. Le temps d'un The Wolf hanté, où Gira se mue en conteur sans âge. Ou d'un The Daughter Brings The Water hypnotique et malsain à souhait. Ou encore d'un Song For A Warrior, bijou de songwriting porté par la voix de Karen O (Yeah Yeah Yeahs).
Pour le reste, Swans déclenche un orage fascinant, de ceux subits sur scène, tirant un vaccarme inoui de ses instruments sans pour autant recourir à chaque fois à l'aide des amplis. Il y a The Seer, crescendo poignant qui refuse son acme puis change de direction pour plus de 30 minutes de voyage. Ou Avatar, majestueux et douloureux à la fois, implosant dans une ultime coda dictée par un piano dérangé. Ou encore A Piece Of The Sky ouvert par le feu de Ben Frost (très justement crédité "fire sounds - acoustic and synthetic). Ou enfin The Apostate, mantra épique aux fissures extatiques.
Plus de deux heures au compteur, comme un résumé des multiples directions embrassées par Swans depuis ses débuts (no wave, indus, post-rock, folk). Deux heures éprouvantes et fascinantes à la fois, auxquelles on revient, souvent, par petites touches, d'une pièce à l'autre. Car c'est peut-être là le seul défaut de The Seer: être une oeuvre si dense qu'elle ne peut se visiter en une fois, forçant à explorer ses recoins un à un. Manière de faire durer la magie...
En concert: Les Docks, Lausanne, Mardi 4 décembre.





























Avatar: totalement obsessif
Rédigé par : Smoooth | 10/10/2012 à 08:47