Il y a comme ça des mystères. Des injustices, diront certain(e)s. En 1987, Wim Wenders mettaient à l'honneur deux groupes australiens dans sa fresque berlinoise Les ailes du désir. Nick Cave & The Bad Seeds et Crime And The City Solution. Les premiers ont connu une ascension jusqu'en pleine lumière. Les seconds ont disparu sans laisser de trace, ou presque. Jusque quelques disques oubliés. Et cette séquence inoubliable.
Dimanche soir, Crime And The City Solution était aux Docks, à Lausanne, pour l'une des rares dates européennes de sa résurrection. Et cette étrange impression d'une reformation où les héros d'hier seraient oubliés au profit de leurs comparses d'aujourd'hui. Jugez plutôt: aux côtés du couple Simon Boney et Bronwyn Adams, Alexander Hacke d'Einstuerzende Neubauten (compagnon de route de la fin des années 80 également), Danielle de Picciotto, Jim White (Dirty Three) ou encore David Eugene Edwards (leader de Sixteen Horsepower puis Wovenhand). Rien que ça! Comme une dream-team underground.
Reste que la star, ce fut Simon Boney, leader vieillissant (les paroles sur une collection de feuillets à ses pieds), mais toujours électrique. Cheveux noirs et courts, marinière et petit blouson en jeans, il déclame, scande, éructe comme en 1987, alternant chansons d'hier et nouvelles compositions (dont le plutot convaincant My Love Takes Me Here). C'est sombre, hanté et romantique en diable, tandis qu'à l'arrière-plan l'armada de ferrailleurs de charme. Mention aux projections bien senties de Danielle de Picciotto et, surtout, au duo White/Eugene Edwards, se complétant à la perfection, le jeu aérien de l'un, les riffs tranchants de l'autre.
Sans esbroufe ni retape, fidèle à son souvenir, plus efficace que jamais, Crime And The City Solution réparera peut-être une injustice l'année prochaine, avec un nouvel album annoncé chez Mute Records. Pas sûr par contre qu'il lève le mystère sur les clefs du succès ou non.





























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