Retour de crooner Retraité de The Blue Nile, Paul Buchanan signe un album dépouillé et délicat, au charme discret, quasi magique.
Paul Buchanan - Summer's On Its Way
En vacances, j'aime bien troquer les disques contre des livres. La semaine dernière, par exemple, paresseusement allongé sur une plage corse, j'ai dévoré le second roman du Genevois Joel Dicker, La vérité sur l'affaire Harry Quebert (L'Age d'homme). Un "page turner" made in CH, bluffant et hâletant. Sur près de 700 pages, l'écrivain de 27 ans tient en haleine, à la façon des meilleurs faiseurs de polars, tout en distillant une atmosphère littérairo-intello façon Philippe Roth. Une belle surprise.
Mais pourquoi, êtes-vous en train de vous dire, est-ce que je vous parle de bouquins et de farniente? Et bien tout simplement parce que lors d'un prochain voyage, il faudra que je songe à mettre dans ma valise un ouvrage d'Olivier Adam. Je lui dois bien ça. Car c'est grâce à l'auteur de Je vais bien, ne t'en fais pas et un court article publié dans Next, que j'ai découvert l'album de Paul Buchanan, décrit par Adam comme cousin de Mark Hollis, à recommander aux amateurs de Lambchop et Tindersticks. Vous pensez bien que ça a titillé ma curiosité.
Je suis donc allé écouter le chanteur Ecossais, plus connu jusqu'ici comme leader des discrets The Blue Nile (silencieux depuis 8 ans). Et j'en suis sorti séduit. Certes, on est encore loin des déserts impressionnistes de Mark Hollis, mais un charme étrange se dégage de cette collection de chansons délicates et minutées (on dépasse rarement les 3 minutes). Seul au piano et aux synthés, Paul Buchanan livre des chansons personnelles et apaisantes, pourtant composée suite au décès d'un ami proche et à la disparition (quasi) consommée de The Blue Nile. La musique est désuète, minimaliste, mais jamais creuse, joue l'économie pour éviter la note de trop, à la recherche de l'épure. La voix, elle, flanque les frissons sans pour autant jouer du trémolo, déroulant ses mots avec parcimonie, conférant l'émotion à la virgule près. L'ensemble s'écoute comme le temps d'une parenthèse, quelque chose de suspendu, un recuillement imperceptible, la méancolie pure, jamais vraiment triste, figée dans l'instant.
Un plaisir simple, aérien et poétique, qui donne envie de se replonger dans la discographie de The Blue Nile, l'oreille neuve ou tout comme. Sur la liste de course avec les livres d'Olivier Adam. Mais en attendant, au cas où ce dernier tomberait sur cette notule au hasard d'une alerte Google, je me permettrais de lui conseiller, s'il ne le connaît pas déjà, le récent album de Dakota Suite et Quentin Sirjacq... à recommander à tout amateur de Mark Hollis.





























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