Puissance 4 Au complet à nouveau, Animal Collective poursuit sa route, loin des chemins tracés, entre impasses et grandes découvertes.
Animal Collective - Rosie Oh
Trois ans et demi sans nouvelles, c'est long. Surtout pour un groupe qui avait pondu jusqu'ici la bagatelle de 8 albums studios en 10 ans, ainsi que 4 EPs. Alors bien sûr, Animal Collective n'a pas chômé depuis Merriweather Post Pavilion. Tournées et projets divers (l'OVNI ODDSAC, une K7 et des chaussures pour une bonne oeuvre, une bande-son pour une oeuvre du Guggenheim) ont jalonné ces 3 années de "silence", tandis que la réputation du groupe ne cessait de croître.
Autant dire que les Américains sont attendus au tournant avec Centipede HZ. Contre-pied? Révolution? Ratage? Consécration? Amateurs de sensations fortes, passez votre chemin. Rien de tout ça ici. Centipede HZ s'inscrit dans la droite lignée de son prédécesseur, nouvelle pièce précieuse dans une discographie exemplaire, traversée par les fulgurances dont le groupe est coutumier, mais parfois plombée par quelques zones de creux.
Dès Moonjock, le décor est posé. Malgré le retour de Deakin comme membre à part entière, Animal Collective ne renonce pas à l'exploration électronique, ni à ses tentations pop. Mais la mixture est plus corsée que sur Merriweather Post Pavilion. Pour preuve, l'épilleptique premier extrait, Today's Supernatural, dont je vous parlais récemment, prompt à décourager les accros à My Girls. Même Rosie Oh, l'un des titres les plus poppy de l'album a ses épines, malgré une mélodie sixties limpide au chant.
Construit à la façon d'un programme radio (grésillements et annonces en guise de transition), Centipede HZ contient son lot de pépites. Les machine schizophrène de Wilde Eyed, le dancefloor retourné de Mercury Man ou encore le feu d'artifice final Aminata, symphonie de poche façon Beach Boys 2.0. Malheureusement, il y a aussi un peu de redite. Un Father Time qui tourne vite en rond ou un Applesauce aux airs de déjà-entendus flagrants.
Bilan mitigé, mais qui tend plutôt vers le bon. Car dans ses meilleurs moments, ceux où pop et bidouilles consomment leur union, Centipede HZ est l'un de trucs les plus fascinants entendus cette année, assumant ses influences tout en les projetant dans le présent. Plus que jamais, Animal Collective trace sa voie, loin des chemins balisés. Qui l'aime la suive.
Animal Collective
Centipede HZ
Domino/Musikvertrieb
En concert: Les Docks, Lausanne, Lundi 19 novembre.





























Oui, un bon disque injustement démoli par une certaine critique, jusqu'à Pitchfork qui commence à lâcher ses poulains...
Rédigé par : Vincent | 10/09/2012 à 09:57
le meilleur groupe du monde rentre dans le rang et dans le rock n roll circus avec ce disque indigeste, flagrant manque d'inspiration, retour en arrière artistique.
Ils auraient mieux fait de se saborder.
RIP
Rédigé par : benyaming | 12/09/2012 à 17:16
@ benyaming: J'aime beaucoup le RIP. Qui illustre le phénomène consistant à enterrer ceux qu'on a aimé au moindre désaccord artistique.
Rédigé par : Christophe | 12/09/2012 à 18:15