Donc voilà, fini l'été, les festivals et la farniente (ou pas). Vive la rentrée, youpi. Pas sûr toutefois qu'elle cartonne autant que l'été festivalier. La faute à un marché du disque en berne, mais pas seulement. Si on y regarde de plus près, en Suisse du moins, le grand raout des festivals aura été plus rétromaniaque que jamais. Des chiffres records à Gurten avec un trio d'anciens Helvètes en haut de l'affiche (Patent Ochsner, Züri West, Stress), un Paléo complet comme à l'habitude mais riche en indie rock stars d'un certain âge (The Cure, Garbage, Franz Ferdinand) et même un For Noise plus muséale que jamais avec The Divine Comedy, dEUS, Patti Smith ou encore Feist, un peu plus jeune, mais déjà à sa deuxième visite en terres pulliéranes.
Pas de quoi bouder son plaisir pour autant. Du moins si on prend le bon côté de la rétromanie actuelle: rendre justice aux mal payés du passé. Par exemple Grandaddy, groupe attachant, reconnu avec politesse mais sans plus (pour preuve, The Sophtware Slump n'arrive qu'en 160ème position du récent classement des lecteurs de Pitchfork.com consacré à la période 1996-2012 (un classement inutile de plus, en somme)). Et pourtant, samedi dernier au For Noise, le groupe de Modesto a démontré en un peu plus d'une heure toute la grandeur de son art si discret. Enchaînant les tubes miniatures (AM 180, The Crystal Lake, Summer Here Kids, El Caminos In The West) comme les bijoux de mélancolie plus complexe et délicate (Jed's Other Poem (Beautiful Ground), So You'll Aim Toward The Sky, He's Simple, He's Dumb, He's The Pilot), Grandaddy s'est rappelé au bon souvenir de certains et en aura comblé d'autres, nombreux dans les premiers rangs. L'endroit était idéal, malgré la pluie, et malgré l'effet "reformation", l'émotion qui traversait le public m'est apparue moins gênante que celle entrevue quelques heures plus tard parmi les fans de la pythie Patti Smith, efficace, mais sans plus. Pour preuve, ce cri saluant le début du rappel de Grandaddy, reprenant à la sauce lo-fi punk l'hymne maudit de Pavement, Here. Un hymne pour losers ("I Was Dressed For Succes, But Success It Never Comes") également repris par Tindersticks en son temps, autre groupe à vivre une nouvelle jeunesse après des années de disette. Comme quoi la rétromanie comme la saison des festivals ont du bon.





























D'ailleurs, pour une liste vraiment intéressante, Stuart Braithwaite (Mogwai) a été interviewé à propos de ses 13 albums favoris. C'est sympathique à lire, et le monsieur à d'excellents goûts !
http://thequietus.com/articles/09831-mogwai-stuart-braithwaite-favourite-albums?page=1
Rédigé par : Blasix | 29/08/2012 à 00:05