21, 31, 40... et quelques Sur son 31, les quadras de Blur célèbrent 21 ans de carrière avec un coffret à l'honnêteté rare.
Blur - Sunday Sunday
Blur - Sunday Sunday (Anday Partridge version)
Une fois n'est pas coutume, et si on profitait du creux de l'été pour parler d'un coffret? Non contents de faire les beaux à Hyde Park en "encore" de la cérémonie de clôture des JO (on peut même déjà pré-commander l'enregistrement du concert!), Blur en profite pour se faire coffrer une seconde fois, 11 ans après le très "only for fans" The 10 Year Limited Edition Anniversary Box Set, mais sans rien cacher cette fois.
Comme son nom l'indique, 21 compte 21 disques, commémoration de 21 ans de carrière, dont 3 DVD sur lesquels on ne s'attardera pas (manque d'ailleurs à l'appel l'excellent documentaire Starshaped). Et ce qui frappe, c'est que désormais Blur assume tout et même plus, oubliant les incessants allers-retours des précédentes compilations (Modern Life Is Rubbish réduit comme peau de chagrin sur The Best Of Blur avant de devenir le plat de résistance de Midlife: A Beginner's Guide To Blur).
On ne reviendra pas ici sur les 7 albums studio du groupe, magnifiquement remasterisé (notamment sur les éditions vinyles), dont j'ai déjà pu dire pas mal de choses il y a quelques années. Par contre, on prendra plus de temps pour visiter les 7 disques des faces-B et de remixes (un par album) et, surtout, les 4 disques de raretés et d'inédits. Car la force de ce coffret, c'est d'offrir une autopsie en règle du parcours de Blur, entre errances, mutations et projets avortés.
Meilleur exemple, le traîtement offert aux "à côtés" de Modern Life Is Rubbish véritable milestone dans la carrière du groupe, sauvant Blur de l'oubli auquel il semblait promis après le mimétique Leisure et posant les bases du mouvement brit-pop à venir. Démos et titres rares (notamment l'énervé Never Clever) laissent imaginer ce qu'aurait pu être ce deuxième album si le single Popscene ne s'était pas viander dans les charts. Mieux, trois enregistrements inédits donnent à entendre à quoi aurait pu ressembler Modern Life Is Rubbish sans le retour de Stephen Street, Blur ayant originellement opté pour la production d'Andy Partridge (XTC). La différence est frappante sur Sunday Sunday notamment. Et démontre le rôle majeur que peut avoir un producteur.
Plus loin, les raretés de la période The Great Escape laissent présager du revirement stylistique que constituera Blur. A ce titre, la face-B Tame vaut son pesant de cacahuètes, coming-out soudain des amours indie-rock de Graham Coxon. Plus loin encore, la jam session dont est issue Battle permet de mesurer le chemin parcouru par le groupe dans son mode de travail, jusqu'au sommet 13. Tandis que deux titres issus de session avec Bill Laswell permettent de rêver un instant à ce qu'aurait pu être la suite, si Coxon n'avait pas tourné les talons et Albarn façonné sa créature Gorillaz.
Même si ce box ne fait pas mentir l'analogie de Simon Reynolds (Retromania), comparant un coffret intégral à un cercueil et notant qu'on ne peut jamais l'écouter dans son entièreté, il devrait combler les fans du groupe, par ces réponses et ces lignes de fuite qu'il donne à voir. Seul bémol, en 22ème disque bonus, Blur aurait été plus inspiré de glisser le tout neuf - et plutôt bon - single du groupe Under The West Way/The Puritan, plutôt qu'un titre rare de Seymour (premier nom de Blur) parfaitement dispensable (Superman).





























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