Huh? Revenu d'entre les morts une fois encore, J Spaceman signe son meilleur album depuis "Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space".
Spiritualizedˀ - Mary
A l'intérieur de l'édition vinyle de Sweet Heart Sweet Light, deux photos. Le trafic routier d'un côté. Un visage au nez sonné de l'autre. A croire que J Spaceman aurait été victime d'un accident de la route. Surtout qu'on retrouve pas moins de 3 médecins et quelques infirmières crédités dans les remerciements de l'album.
Heureusement, il n'en est rien. Ou malheureusement peut-être. Car si l'ex-Spaceman 3 a bien visité les hopitaux ces dernières années, c'était pour une chimiothérapie, sans qu'on en sache plus. La poisse pour un musicien déjà passé à deux doigts de la mort il y a 7 ans, suite à une pneumonie qui lui aura valu deux arrêts cardiaques.
Pour la petite histoire, la pochette de l'album - un peu embarrassante - est inspirée de cette mésaventure médicale. Ou comment résumer en un mot l'effet des médicaments sur le cerveau de J Spaceman. Reste que Sweet Heart Sweet Light respire une toute autre inspiration. Comme avec Songs In A&E il y a 3 ans, on va finir par croire que la maladie permet à Spiritualizedˀ de se sublimer. Car si le précédent marquait un vrai mieux après l'ampoulé Let It Come Down et l'anecdotique Amazing Grace, Sweet Heart Sweet Light est peut-être le meilleur album du groupe anglais depuis le sommet Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space (1997, quand même).
Démarrant sur une intro légère, l'album s'envole dès sa deuxième piste, Hey Jane, ballade folk hallucinée qui vaut mieux que la réputation sulfureuse de son clip. Comme s'il voulait concilier les diverses directions empruntées en une carrière, J Spaceman commence sur un exercice de songwriting très roots qui se mue en Wall Of Sound pop-gospel-psyché du plus bel effet, le tout sur près de 10 minutes (une construction que l'on retrouve, d'une autre façon, sur Mary).
Passé ce démarrage en trombe, Sweet Heart Sweet Light calme un peu ses ambitions, sans rogner sur la qualité. Spiritualizedˀ assume plus que jamais ses envies de songwriting - déjà palpable sur Songs In A&E - tressant des ballades classiques mais habitées (Freedom), qui ne sont pas sans évoquer Wilco par instants (le très beau Little Girl). Un songwriting qui se marie très bien à un psychédélisme délicat également, d'un Too Late façon Flaming Lips à un Life Is A Problem comme un cantique gentiment halluciné.
Reste que le groupe anglais ne renie pas sa part de bruitisme et sa passion pour les murs du son. De l'obsédant Get What You Deserve au poignant So Long You Pretty Thing, en passant le très velvetien Headin' For The Top, Sweet Heart Sweet Light renoue avec la folie démiurge de Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space, projetant la pop en orbite, entre gospel, psychédélisme, shoegazing et vieux garage. De quoi faire ranaître les frissons et les rêves de grandeur du passé. Et rappeler que J Spaceman est toujours l'un des laborantins pop les plus passionnants d'Angleterre et Spiritualizedˀ son vaisseau amiral.
Spiritualizedˀ
Sweet Heart Sweet Light
Fat Possum/Double Six/Musikvertrieb





























Aux Docks le 13 novembre! Woo!
Rédigé par : Chris G. | 06/06/2012 à 10:25