Crooner in the sky Reprenant sa guitare, Richard Hawley signe un album hybride, trip noir et halluciné à travers les années brit-pop.
Richard Hawley - Standing At The Sky's Edge
On parlait de Pulp et des années brit-pop vendredi dernier. Une transition idéale pour s'arrêter un instant sur le nouvel album de Richard Hawley, membre fondateur des oubliés Longpigs dans les années 90, guitariste suppléant pour Pulp au début de la décennie suivante. Depuis, le natif de Sheffield a entamé une carrière solo discrète mais captivante, à la frontière entre pop classieuse et country sombre. Un mélange qui atteignait son apogée en 2009 sur le fascinant Truelove's Gutter, album crépusculaire et lumineux à la fois, qui ressuscitait l'esprit de Roy Orbinson, passé à la moulinette par Scott Walker.
Crooner contemporain, Hawley choisit pourtant de renouer avec son amour de la six-cordes sur Standing At The Sky's Edge, comme le signalent les clichés qui illustrent le booklet de l'album. Une brève montée de cordes passées, c'est un véritable mur du son électrique qui se déploie dès She Brings The Sunlight, titre inaugural dont la puissance et l'ambiance ne sont pas sans rappeler le récent Blues Funeral de Mark Lanegan. Une ressemblance qui se confirme sur Standing At The Sky's Edge, la rage plus rentrée, rampante, le magnétisme noir, ou sur vibrant Time Will Bring You Winter.
Mais à la différence de l'Américain, l'Anglais ne revisite pas un blues ancestral. Armé de sa guitare, variant entre héroïsme larvé et nappes atmosphériques, il revisite plutôt, dans un trip halluciné, ses décennies passées de pop britannique, ressuscitées soudain dans un long feedback électrique. Le tempo accélère et lorgne vers les années Creation, de My Bloody Valentine au premier Oasis (Down In The Woods, la seconde partie de The Wood Collier's Grave), les amplis se taisent, laissent la mélodie libre, comme un clin d'oeil aux années Setanta (Seek It, Don't Stare At The Sun), entre Edwyn Collins et The Divine Comedy, les arpèges osent un romantisme maniéré et affecté à la façon des années Nude et du Suede sans le trop plein glam (Before).
En neuf titres allongés, Hawley dépoussière et apprête à sa façon deux décennies triomphantes. Et assume leur part d'ombre comme leur côté kitsch. Standing At The Sky's Edge déstabilisera peut-être celles et ceux qui avaient aimé le songwriting classieux - et classique - de Coles Corner et Lady's Bridge, mais s'avère cohérent, posé dans le parcours de Richard Hawley, et marque une nouvelle étape dans une discographie solo hors-mode et hors-format.





























Magnifique album, définitivement dans mon top 5 de l'année, avec le premier album solo de Paul Buchanan et l'étranger mais fantastique Storm Corrosion. J'adorais le Richard Hawley crooner, mais ce nouvel album est convaincant de bout en bout.
Rédigé par : jnnj | 01/06/2012 à 07:27
Je voulais dire "l'étrange"...
Rédigé par : jnnj | 01/06/2012 à 07:28