My Pépito is blue Jésus de discothèque, Sébastien Tellier a vu la lumière, bleue. On aurait préféré qu'il retrouve "L'incroyable vérité".
Sébastien Tellier - Cochon Ville
Mi-Chabal, mi-Raël, revoilà Sébastien Tellier. Quatre ans après avoir été faire le beau à l'Eurovision, son Divine sous le bras, le barbu à lunettes poursuit dans la bluette synthétique. Mais corse le ton en optant pour le concept album et en se réinventant prophète de l'Alliance bleue, secte où l'on porte le Pépito blue autour du cou.
"Je suis un peu le fils de Jean-Michel Jarre, Christophe et Serge Gainsbourg", déclare Tellier dans une récente interview. Pas faux, à l'écoute de Pépito bleu, titre d'ouverture de My God Is Blue. Le son des synthés rappellent le papa d'Oxygene, les choeurs renvoient à la grandiloquence assumée du Beau bizarre et la voix est plus Gainsbarre que jamais. C'est classe. Mais assez vite, on se dit: à quoi bon? Car Tellier a beau faire pas mal d'efforts, il n'a ni le génie mélodique du grand Serge, ni la folie créatrice du dernier des Bevilacqua. Et pas même le premier degré du fils Jarre. Non. Juste un certain humour. A défaut d'un humour certain.
Très vite, My God Is Blue tourne à un pénible exercice sous influence new-wave/rock prog, évoquant - au mieux - certaines vieilles prod de Depeche Mode (The Colour Of Your Mind, My Poseidon) - au pire - des instrus hip-hop rentre dedans (Russian Attractions) et de pénibles solis revenus du hard FM (Yes It's Possible). Le tout saupoudré des paroles façon yoghurt qui mèlent charabia biblique en français et banalités loveuses en anglais.
Dommage. Surtout que les meilleurs moments de l'album, puisqu'il y en a, laissaient entrevoir autre chose, du souffle disco irrésistible de Cochon Ville à la pop délicate et aérienne de Magical Hurricane ou Mayday, gentiment surannée, mais jamais outrancière. Mais Sébastien Tellier a depuis longtemps choisi son camp: celui de l'exercice de style, fatalement creux. De quoi acquérir ses lettres de noblesse chez les branchés et autres chantres d'un politiquement incorrect si contemporain. Et laisser au bord de la route celles et ceux qui avaient aimé les reliefs de L'incroyable vérité et la patine kitsch touchante de Universe. Comme quoi, on ne se refait pas, qu'on ait vu la lumière (bleu) ou pas.





























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