Chapeau bas Après un premier album prometteur, mais encore sous influences, Chapelier Fou réussit le grand saut. Et livre un second album riche, concis et précis.
Chapelier Fou - Fritz Lang
D'abord, il y a eu quelques EP prometteurs. Et puis un premier album à la palette instrumentale large, fleurant bon le mariage entre Yann Tiersen et Third Eye Foundation. Sans parler d'un très bon showcase lors du Paléo 2010, évitant à merveille les déviances control-freak propres aux hommes-orchestres. De quoi faire du Français Louis Warynski l'un des meilleurs newcomers de l'Hexagone. Et guetter avec une certaine impatience son prochain effort.
Invisible démarre toutefois sur la pointe des pieds, en terrain connu, avec Shunde's Bronx, miniature brinquebalante où le violon dicte sa mélodie à des rythmiques dignes d'une batterie de cuisine, puis Cyclope & Othello, voisine de certaines explorations du Yann Tiersne des débuts. Mais c'est oublier le bleep inaugural qui ouvrait l'album et n'avait rien de gratuit...
Très vite, Chapelier Fou retrouve ainsi son goût pour l'electronica ludique et les parasitages qui vont avec. Le cinématique - et bien nommé - Fritz Lang fait office de passerelle, laissant graduellement aux machines le contrôle, tandis que le violon se mue en boucles. Une voie qu'explore plus profondément encore L'eau qui dort, ses crissements de machines et ses cordes baroques, comme un dernier sursaut mélodique. La suite de l'album ose en effet l'abstraction, hypnotique et sismique à la fois, préférant l'inventivité à la virtuosité, mêlant sonorités synthétiques et organiques avec un art alchimique rare.
A ces collages d'homme-orchestre, Chapelier Fou adjoint encore deux titres chantés qu'on jugera à part. Lancinant et gentiment groovy, Vessel Arches invite la voix de Gérald Kurdian - aux intonations très eighties - pour une ballade synthétique minimaliste et vibrante, façon new-wave déconstruite. Plus brumeux, Moth, Flame retrouve le compagnon de label Matt Elliott pour une élégie hantée et abstraite, quasi glaçante. Une conclusion de choix pour un album qui réalise les promesses entrevues. Et recèle encore des secrets, malgré les écoutes répétées.





























et il me semble que c'est toi qui a pris sa sortie pour le disquaire day, n'est-ce pas? une petite chronique sur le RSD?
Rédigé par : nico | 22/04/2012 à 21:20
Si tu parles de celui qu'il y avait à DAB, oui.
Mais il est toujours en stock sur le site d'Ici d'ailleurs (comme le split Manyfingers / Matt Elliott, également sorti pour le RSR).
Rédigé par : Christophe | 23/04/2012 à 22:40