Nouveau départ Après la trilogie "Songs" - et une coda pour The Third Eye Foundation - Matt Elliott ouvre un nouveau chapitre musical, plus dépouillé et acoustique.
Matt Elliott - Dust Flesh And Bones
Voilà un album sorti sans faire de bruit. Physiquement, lundi dernier, et même deux mois plus tôt, en MP3, pour la modique somme de 2 euros. Deux ans après avoir ressuscité The Third Eye Foundation, Matt Elliott donne enfin une suite à ses efforts sous son vrai nom. Et ouvre un nouveau chapitre, après la trilogie "Songs" (Drinking Songs, Failing Songs, Howling Songs).
Mixé par Yann Tiersen, The Broken Man n'a pourtant rien d'une révolution. L'Anglais poursuit son exploration d'un folklore hybride - de l'Est au Sud -, porté par une simple guitare acoustique et quelques arrangements discrets. Mais laisse parfois de côté les brumes synthétiques et autres bourdons étranges qui hantaient ses précédents recueils de ballades et masquaient par instant sa plume.
Plus dépouillée qu'à l'habitude, la première face du disque fait ainsi la part belle aux arpèges et aux brefs silences - comme des respirations. S'ouvrant sur une longue litanie de guitare - qui n'est pas sans évoquer l'ouverture du dernier Sun Kil Moon - Oh Now We Fell va au plus pur d'un songwriting atemporel, ne convoquant les fantômes que sur ses dernières mesures. Un souffle qui perdure le temps du bref Please, Please, Please, instrumental parasité de quelques murmures choraux. Un début sur la pointe des pieds, qui préparent au premier sommet du disque, Dust Flesh And Bones. Neuf minutes de folk magnétique et hypnotique, poignant et élégiaque, qui ose la nudité avant de se perdre dans une brume spectrale.
La deuxième face repose sur les mêmes structures, intégrant une palette sonore plus large et ouvrant sur de nouveaux horizons. Comme une jonction entre l'univers de Matt Elliott et celui de The Third Eye Foudation, qui auraient pour point commun un goût rare pour l'orfèvrerie. Et au milieu de ce paysage familier, un écart inattendu. Le piano de Katia Labèque pour le long If Anyone Tells Me "It's Bette To Have Love And Lost Than To Never Have Loved At All", I Will Stab Them. Une improvisation sur laquelle Matt Elliott apporte sa patte, alchimique, discrète et prenante. Le second sommet, plus ambient, de The Broken Man, confirmation que si Matt Elliott a su creusé un sillon personnel acoustique et atypique, il est toujours capable de s'offrir de nouvelles perspectives. De quoi attendre avec sérénité les suites espérées de ce nouveau chapite discographique.
Matt Elliott
The Broken Man
Ici d'ailleurs/Irascible
En concert le 25 avril au Bourg à Lausanne, dans le cadre du festival Impetus.




























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