Donc voilà, on ferme. Hier soir, Megaupload a disparu du net grâce à l'intervention du FBI. Justice est faire, rentrez chez vous, y a plus rien à voir.
Certes. Enfin, en même temps, ça fait un petit moment que Megaupload faisait son petit manège. Et sans vraiment se cacher. C'est à se demander ce que faisait le FBI ces 5 dernières années... Mais bon, vous me direz, je suis un peu sarcastique. Soit.
Reste que cette fermeture intervient au lendemain d'une journée de mobilisation contre la SOPA - le Stop Online Piracy Act - projet de loi US jugé liberticide par la planète internet et qui a réussi à pousser Wikipedia à fermer son site anglais durant 24 heures et Google a enlevé son logo (vous savez, celui qui change tous les jours, au gré des anniversaires et autres commémorations) pour le même laps de temps.
Interrogé sur cette mobilisation, le fondateur de Wikipedia mettait en garde contre des lois anti-pirates qui pourraient empêcher même de donner le lien vers un site pirate dans une page de présentation encyclopédique. La tuile. Quant à Google, sans doute défendait-on le même principe - ben oui, je sais pas vous, mais moi j'utilise souvent Google pour trouver des trucs sur... Megaupload - à moins qu'il n'ait été question de protéger YouTube, plutôt spécialisé dans la mise en ligne de contenus illégaux (vous savez, ceux dont vous ne possédez pas les droits).
Et c'est là que tout cela ressemble à une fâcheuse coïncidence (ben oui, on va pas broder des théories du complot non plus). Mercredi, les patrons de Google mettent en garde contre une future loi trop restrictive, rappelant qu'ils sont de simples hébergeurs et que leurs contenus dépendent des internautes, et jeudi ceux de Megaupload vont en prison, alors qu'ils répètent depuis belle lurette qu'ils sont de simples hébergeurs et que leurs contenus dépendent des internautes. Cherchez l'erreur.
Alors bon, loin de moi l'envie de défendre Megaupload. Ou de nier la spoliation des droits d'auteurs. Mais quand je lis que "Megaupload aurait coûté 500 millions de dollars aux ayants droits", je me tape sur les cuisses. Sérieusement, à l'heure où les médias cherchent à maximiser leurs revenus publicitaires sur le net - et donc à décupler le nombre de visiteurs sur leurs sites - à combien pourraient-ils estimer la somme perdue par la faute de YouTube et autres sites de streaming proposant de visionner en toute "légalité" leurs contenus... et kidnappant leurs visiteurs?
Mais bon. Sans doute que Megaupload gagnait un peu trop d'argent. Ou narguait trop les Majors du disque et du film. Et n'avait pas le poids et la diplomatie de Google. Oubliez donc Megavideo et venez plutôt sur YouTube voir vos vidéos préférées.
Sauf que, comme disait un ami, ces sites c'est un peu comme les cafards. T'en tues un, y en a douze qui arrivent. Il y a 10 ans on disait Napster. Il y a 5 ans Limewire. Et pour la suite, on verra bien. Seule certitude, le FBI aura donc de quoi refaire quelques coups d'éclat... mais pas avant 4 ou 5 ans.




























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