Lignes épurées Troquant la malice contre la profondeur de champ, Feist signe un beau quatrième album où se révèle son talent de songwriteuse. Mais également ses limites.
Feist - Caught A Long Wind
De Feist, on retenait jusque là une certaine malice. Un deuxième album parfait grand écart entre folk léger et pop vintage, plein à craquer de hits clef en main (Let It Die). Un troisième album un poil plus ambitieux, porté par un tube pour iPod (1234). Et entre deux, quelques b-sides et remixes anecdotiques, des apparitions en guest chez l'ami Gonzales, des concerts sympathiques mais pas inoubliables.
Et pourtant, il y avait quelque chose, déjà. Cette certitude que la Canadienne était au-dessus du lot, loin de la chanteuse kleenex, sans doute capable d'offrir plus encore. Sorti au début de l'automne, Metals confirme cette intuition. Et s'écarte des sentiers battus jusqu'ici. Pas de révolution à 180 degrés ici, mais un soin nouveau apporté à la profondeur de champ, troquant les mélodies faciles contre des textures plus composites. Et adjoignant l'orfèvre Valgeir Sigurdsson aux fidèles Mocky et Gonzales côté production.
Alors bien sûr, Feist ne fait pas dans l'expérimental non plus. Les structures des chansons de Metals respectent le plus souvent l'agencement couplet-refrain-couplet-refrain-pont-refrain. Mais font une place nouvelle à la suspension, à la virgule, à l'inflexion, à l'écho léger. The Bad In Each Other et son rythme saccadé. Graveyard et ses cuivres brumeux. A Commotion et son choeur d'hommes martial. Bittersweets Melodies et ses mélopées enfantines. Leslie Feist se révèle en songwriteuse classieuse, capable de varier ses effets par petites touches, fidèle à une ligne jazzy-folk assumée.
Reste que malgré ses qualités d'écriture, l'album peut s'avérer un brin monotone sur la longueur. Cohérent, constant, mais un poil feutré, voire répétitf. Surtout, on pourra tiquer sur certains morceaux qui sentent trop la formule, en tête le single patenté How Come You Never Go There, comme du Feist d'hier au ralenti, ou The Circle Married The Line. Au point qu'on retiendra surtout les titres les plus dépouillés et impressionnistes, tels Undiscovered First ou Caught A Long Wind, pour la pureté du geste, la fragilité de la construction et la richesse du relief. Sur ces instants de grâce, Feist s'impose comme un grande songwriteuse, tout simplement.





























3 dates en France en mars 2012... vivement. Le 22 mars au transbordeur pour les lyonnais. On y va, aller !
Rédigé par : Virg | 21/11/2011 à 15:06