Demain, elle fera la Une des tabloïds. Encore une fois. Et sans doute que ceux-ci lui tresseront des lauriers, multiplieront les superlatifs, tout en prenant soin de rappeler les étapes de sa "chute". Scandales, cures de désintoxication, huées du public serbe. Peut-être même qu'un encadré l'intronisera dans le "Club des 27", ces musiciens morts à 27 ans, de Jim Morrisson à Kurt Cobain, en passant par Janis Joplin, à qui on la comparera, bien sûr. Au moins, pour une fois, la référence sera musicale. Même si on ne parlera sans doute pas de musique.
Depuis la sortie de Back To Black en octobre 2006, on aura vite oublié l'artiste pour ne retenir que la people. Et en faire une icône d'une époque toujours plus exhibitionniste, interchangeable aux côtés de Paris Hilton, Lindsay Lohan ou encore Nicole Richie, documentant sa déchéance au jour le jour. Jusqu'à parler de sa mort programmée avec une légèreté indécente - ou en faire une grande loterie - en un match sordide avec Peter Doherty. Comme si le rock avait encore besoin d'un destin tragique de plus.
Ce printemps, pourtant, on avait voulu croire à un retour musical. De nombreuses dates à travers l'Europe et à la clef un troisième album, enfin. Un concert raté à Belgrade plus tard et le ballet des tabloïds pouvait reprendre, qui de pronostiquer le prochain forfait, qui de se frotter les mains en espérant un nouveau scandale. Une annulation générale aura su les faire taire. Heureusement. Mais sans doute trop tard. Comment se relever de cette traque constante?
Une voix s'est éteinte. Une grande dame de la soul, sur disque comme sur scène, pour ceux qui auront eu la chance d'aller l'écouter dans un bon soir. A l'image d'un concert au Midem à Cannes, début 2007, où sa classe m'avait laissé soufflé, aussi ripolinée que brûlante d'àmotion. Ce soir, c'est cette émotion qui prévaut. Celle des chansons, meilleure - seule? - façon de parler de ces drames et ces addictions. Celle de cette fin tragique aussi. Pas besoin d'en écrire plus cette fois.





























C'est plutôt ironique que les trois quarts de votre article font exactement ce que vous dénoncez. ;)
Rédigé par : Michael | 23/07/2011 à 23:20
Si j'osais parler à la place de Christophe Schenk, je dirais que ce n'est qu'un effet de style... (Comme je viens de le faire).
Rédigé par : blasix | 24/07/2011 à 19:17
Disons qu'il me semblait difficile d'épingler la manière dont une certaine presse l'a traitée sans mentionner quelques exemples. C'est un peu comme quand on m'accuse de participer à la promo d'un groupe si j'écris un billet qui s'interroge sur le trop plein de promo de ce groupe.
Ensuite, c'est ce que m'inspirait cette disparition. En plus d'une réelle tristesse.
Rédigé par : Christophe | 24/07/2011 à 19:39