Il y a comme ça des injustices. Vous pouvez retourner dans tous les sens les affiches des festivals suisses de l'été, vous n'y trouverez pas Okkervil River. Et si vous secouez un peu la carte de l'Europe, ce ne seront que trois dates qui en sortiront (en Norvège, en Allemagne et à Saint-Malo). Un peu comme ce printemps, où la feuille de route du groupe d'Austin se limitait à sept dates européennes, plantées au milieu d'une impressionnante tournée américaine. Un drôle de paradoxe, au moment où I Am Very Far récolte des lauriers sur le Vieux continent, imposant enfin comme ils le méritent Will Sheff et ses acolytes. Mais bon, allez savoir si ce sont les salles européennes qui n'en veulent pas ou eux qui n'aiment pas voyager...
Pour ma part, j'ai eu la chance d'assister par hasard, ou presque, à l'un des concerts printanniers d'Okkervil River. En vacances à Stockholm en mai dernier, je jetais un oeil au programme des concerts de la capitale suédoise sur Last.fm, pour découvrir que le groupe de Will Sheff jouait dans un club, juste en face de mon hôtel. L'occasion de constater que le public suédois est formidable de respect et d'énergie, et, surtout, que même sans Jonathan Meiburg, Okkervil River tient toujours très très bien la route sur scène. Pour peu, le concert était presque aussi bon que la formidable prestation du groupe à Fri-Son en 2007. L'effet de surprise en moins, mais le charisme de Sheff un cran au dessus - dans le genre troubadour geek, il fait très fort - le combo d'Austin a fait parler sa science folk-rock pendant près de 2 heures, alternant titres tirés de I Am Very Far (dont certains gagnent sur scène) et ritournelles increvables (de Unless It Kicks à Our Life Is Not A Movie, en passant par l'incontournable Lost Coastlines Or Maybe). Sans oublier l'irrésistible John Ally Smith Sails et son final emprunté à la tradition populaire - la même où avait pioché Brian Wilson pour son Sloop John B - hymne à reprendre en choeur, malgré le décalage des paroles. Car oui, un concert d'Okkervil River, c'est tout sauf "The worst trip I've ever been on".
Et pour se consoler en attendant un hypothétique passage en Suisse, je vous recommande l'impressionnante collection d'enregistrements live mis à disposition par le fan-site Down the oubliette.





























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