Duo surexposé Célébré un peu partout, No Age a flirté avec les limites arty avant de renouer avec une indie-pop plus lo-fi et directe.
No Age - Fever Dreaming
Autant être franc: sur son précédent album, Nouns, No Age s'était un peu égaré. Roi du contre-pied, de son livret gargantuesque à une tracklist en dents de scie, le duo prodige vanté par Pitchfork et toute la blogosphère se prenait les pieds dans le tapis arty, peinant à confirmer les belles promesses faites par Weirdo Rippers. Heureusement, un EP discret l'année dernière redonnait un horizon au groupe. Sans esbroufe, tout en décibels et en saturation, No Age avait encore des choses à dire.
Tendance confirmée cet automne avec Everything In Between, album plus direct, mais toujours aussi trituré. Adepte expérimentations sonores, Randy Randall et Dean Allen Spun mettent leurs distorsions et autres plages bruitistes au service d'une douzaine de chansons aux mélodies indie-pop aussi accrocheuses et qu'expéditives. A l'image de l'entêtant Sorts et son refrain final pavlovien ("La La La La Without You"), No Age évoque plus que jamais un croisement lo-fi entre Pixies (La La Love You) et My Bloody Valentine. On reconnaît d'ailleurs certaines marotes propres à Kevin Shields, tel le riff strident qui transperce Fever Dreaming et qu'on jurerait sorti de Loveless.
Parangon d'une certaine scène indie contemporaine, Everything In Between s'incruste toutefois sur la platine, sans jamais agacer, servi par un jeu et une écriture qui abandonne la posture pour un sprint lo-fi du plus bel effet. Renouant avec une fougue brûlante - jamais naïve, toujours tranchante - No Age livre un disque sans prétention, mais pas sans ambition, mariant avec brio tubes indés et sursauts sismiques.
No Age
Everything In Between
Sub Pop/Irascible
www.noagela.blogspot.com
www.myspace.com/nonoage
En concert: lundi 25 octobre, Lausanne, Le Romandie.




























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