L'autre jour au supermarché, j'ai entendu la Lambada. J'étais au rayon pâtes et je n'ai pu m'empêcher de songer à tous ces Russes qui suent. Ah, l'étuve de l'été.
Un mauvais jeu de mots plus tard, je me suis demandé quel était le tube de l'été 2010. Et j'ai dû donner ma langue au chat. Mais bon, si les radios pour supermarché en sont réduites à diffuser la Lambada en plein mois d'août, c'est sans doute qu'il n'y a rien de neuf à se mettre sous la dent. Malgré une Coupe du monde et des Bleus rois du gag, nul tacheron pour torcher une ritournelle abrutissante, façon "Coup de boule, coup de boule...".
Et puis j'ai pensé à une banane. Et à la plage. Et je me suis dit que c'était peut-être ça le tube de l'été. Vous voyez de quoi je parle? Laissez-moi manger ma banane tout nu sur la plage... Au moment où le tube de l'été se fait rare et has-been, Katerine lui redonne un coup de hype pour en faire le refuge des branchés de tous poils, à poil, de préférence.
Enfin, peut-être pas. Mieux qu'un fou rire sans risque pour trentenaires bobos, sa Banane fait plaisir à entendre (à voir, pas sûr). On pouvait légitimement se demander comment Monsieur Katerine allait digérer le succès à retardement de Robot après tout. Allait-il apprendre l'anglais pour exporter sa bonne parole? Ou rajouter une couche de populisme pour être un peu plus VIP? Que nenni.
A la place, il a choisi d'aller plus loin encore dans le trip simplet. Imaginez plutôt la tête de Pascal Nègre (ou une autre huile d'Universal, remarquez), lorsque Katerine débarque dans son bureau, après 5 ans sans album original, et lui fait écouter cette Banane qu'on croirait torchée en 2 heures chronos, entre le dernier verre de gin-tonic et le café du matin.
Fidèle à son habitude d'user du succès comme d'un cheval de Troie pour pervertir le music-business - si vous êtes sceptiques, rappelez-vous son passage à la Star Academy tendance body painting - Katerine surprend et pousse l'ineptie un peu plus loin, revisitant ce bon vieux slogan: "Je ne veux pas travailler". On serait bien malvenu de lui donner tort. Surtout que la performance amène un peu de fraîcheur dans cet été fort lourd.


























Moi qui suis un fan de la première heure du bonhomme, je n'ai jamais rien entendu d'aussi navrant et pathétique. Entre la "banane" et son "blablabla", voilà un album promis pour la poubelle, passé un vague sourire gêné devant l'anéantissement d'un tel talent. Daube impossible à sauver, sais pas comment tu fais...
Rédigé par : Fauve | 11/08/2010 à 17:53
Perso, j'attends d'avoir entendu l'album en entier. A l'époque de "Robot après tout", le single "Louxor j'adore" n'annonçait pas forcément un album aussi riche.
Sinon, ce que j'aime avec "La banane", c'est sa façon implicite de tourner en dérision une certaine industrie de la musique. Musicalement, le gimmick easy-listening renoue avec les premières amours de Katerine, tandis que le texte pousse encore plus loin la logique bas de plafond de "Louxor, j'adore". C'est une scie sans grand intérêt, on est d'accord, mais finalement, ça colle assez bien au concept du tube de l'été. Avec un poil d'humour terroriste en plus.
Rédigé par : Christophe | 13/08/2010 à 10:40