Au départ, je voulais appeler cet article "L'étuve de l'été". Mais j'ai finalement préféré filer une dernière fois la métaphore footballistique, histoire de régler façon tableau d'affichage le combat des chefs offert en ouverture de Paléo. A moins que ce ne fût le combat des vieux...
Mais avant l'Asse (of spades), petit coup dans le rétroviseur montreusien. Caniculaire et spectaculaire - rendez-vous compte, Roman Polanski était dans la salle - la seconde semaine ne m'a guère plus inspiré que la première. A tel point que j'ai (lâchement?) choisi de m'en remettre aux faiseurs de tubes patentés, histoire de ne pas braver pour rien l'étuve de l'été. Efficaces et millimétrés, les concerts de Phoenix et de Mumford & Sons auront tenu leurs promesses. Fort de l'imparable Wolfgang Amadeus Phoenix, les premiers ont pu savourer leur revanche sur une Suisse romande qui les avait peu plébiscité jusqu'ici. Et malgré une certaine paresse niveau idées scéniques ont réussi l'un des meilleurs exercices pop de la quinzaine. Plus novices, les seconds ont de leur côté démontrer qu'il faudrait désormais compter avec eux. Alignant les tubes calibrés - et pourtant réjouissants - les quatre Britons de Mumford & Sons semblent prêts à s'emparer d'un trône country que les jeunes pousses américaines ont jusqu'ici décliner. A moins que les Avett Brothers...
Moins terreux, le Paléo s'est de son côté ouvert sous une météo caniculaire et sur un air saturé, de poussière et d'électricité. Passé le show MTV de N*E*R*D - 100 dB, 0 idée - les guitares ont pris le contrôle. Fausse bonne idée, l'association entre Ärtonwall et Malcolm Braff a toutefois rapidement déçu, la faute à un groupe trop limité pour suivre le pianiste virtuose, ce dernier s'entêtant de son côté à faire sonner son Rhodes comme une six-cordes électrifiées. Comprendra qui pourra... Plus rôdé, Iggy et ses Stooges ont également déçu, orphelins de Ron Asheton, prisonnier d'une routine digne du Musée Grévin. L'iguane se tord un peu moins, le torse est maigre mais ridé, la formule patine et inviter le public sur scène pour un pogo des familles ne sert à rien. Si j'avais eu un fils - ou une fille, remarquez - je lui aurais glissé à l'oreille: "Petit, c'est pas ça le rock'n'roll." Heureusement, le rock - fucking - roll allait sauver la mise. Sans simagrée ni pirouette, Lemmy Kilmeister et son hard-rock motorisé prenait possession de la Grande scène, histoire de kicker un peu cette Asse si bon-enfant. Et même si les dB n'étaient pas au rendez-vous - 12 amplis Marshall et 1 seul pour la basse de Lemmy? - la prestation aura convaincu, alignant les brûlot sur une cadence pétaradante, à la façon de Ramones hard-rock, prisonniers d'une formule, mais plein d'une authenticité poilue.
Ce couplet électrique passé, je serais roublard si je ne saluais pas la prestation de Brother Ali, qui aura redoré le blason hip-hop entre des affreux N*E*R*D et une caricature de NTM. Accompagné de son seul DJ, l'albinos de Minneapolis aura réussi à chauffer le Club Tent en deux morceaux, fort d'un flow dévastateur et d'instrus à l'efficacité old-school. J'avais critiqué le programme de Paléo ce printemps, mais deux invités de dernière minute (Motörhead et Brother Ali) auront suffi à faire de cette soirée d'ouverture une soirée réussie.




























"...prisonniers d'une formule, mais plein d'une authenticité poilue"
formule dont je me resservirais bien à l'occasion à la place de mon "ça n'invente rien mais qu'est-ce que c'est bon!"...
:-)
Rédigé par : Mmarsupilami | 22/07/2010 à 10:31