La classe internationiale Avec "High Violet", The National poursuit son ascension et confirme sa place parmi les groupes de rock les plus passionnants de l'époque.
The National - Bloodbuzz Ohio
Il y a une constance fascinante dans l'ascension de The National. D'album en album, le groupe new-yorkais est parvenu à gagner en beauté et en intensité, sans dévier de son cap originel. Reste qu'après Boxer (2007) et la curation parfaite de la compilation Dark Was The Night, on pouvait se demander si The National pouvait monter plus haut encore. Même si on l'espérait secrètement.
Pourtant l'inaugural Terrible Love prend l'auditeur à rebrousse-poil. Voilé d'une brume électrique, ce premier titre évoque le fantôme du Velvet Underground, tendu et vénéneux à la fois, la voix de Matt Berninger un brin étouffée derrière ce rideau légèrement saturé. Un faux départ? Plutôt un contre-pied, comme pour prouver que le groupe peut encore surprendre, loin d'être enferré dans une formule figée.
Dès le deuxième titre toutefois, le lancinant Sorrow, High Violet retrouve la ligne qui fait la marque de fabrique de The National. Un magnétisme noir, aussi électrique que romantique, distillant son spleen classieux avec subtilité. Car si High Violet sonne comme l'alliage réussi entre l'énergie d'Alligator et l'efficacité de Boxer (à l'image de l'imparable Bloodbuzz Ohio ou de la mélancolie crasse de Afraid To Everyone), il impressionne surtout par sa richesse instrumentale.
Cuivres, cordes et lignes de piano rhabillent les ballades rock du groupe, sans jamais pécher par excès de pathos ni effets pompiers, façonnant une vibration hypnotique en arrière-plan. Délicat et massif, l'ensemble est rehaussé encore par la voix de crooner de Berninger, profonde et chaude à la perfection, plus bel héritier contemporain des Nick Cave et autres Stuart Staples. Une beauté esthétique qui, alliée à un songwriting mâitrisé, fait de The National l'une des meilleures formations rock du moment et de High Violet un favori incontestable pour le top 10 de fin d'année.




























ah oui je le mettrai même dans le top 5 moi :)
sinon tu sais s'ils ont une date prévue en Suisse? car en concert c'est encore autre chose.
Rédigé par : jon | 10/05/2010 à 09:49
Ah, Les House of Love se sont reformés?
Rédigé par : Fauve | 10/05/2010 à 13:21
@ jon: Oui. L'annonce devrait bientôt tomber.
@ Fauve: Mouais... The National sonne quand même moins shoegaze-eighties que House of Love.
Rédigé par : Christophe | 10/05/2010 à 17:07
Ah, peut-être, bien que je n'ai jamais trouvé House of Love très "shoegaze", c'était peut-être Psychedelic Furs que je voulais dire, mais pour la décennie, j'avais tout bon! Rien de bien neuf à mon sens là dedans. Boring. Mon avis, hein...
Rédigé par : Fauve | 10/05/2010 à 20:59
Rien de neuf, oui. Mais un sacrément bel album dans son genre.
Rédigé par : Christophe | 10/05/2010 à 21:18
Un super titre pour un groupe que j'ai découvert sur le tard ... merci pour l'écoute. Il est certes peu surprenant mais cela s'écoute, superbe voix.
Rédigé par : Alain | 12/05/2010 à 01:43
Ah, Fauve, tu réussis à m'énerver de bon matin ! "Rien de bien neuf" écris-tu. M'enfin, qu'est-ce que tu attends de neuf aujourd'hui, si ce n'est une musique sincère, profonde, ouvragée, qui prend aux tripes sans jouer la pyrotechnie ou l'emphase. Ce groupe synthétise de manière très personnelle les tenants et aboutissants des musiques anglaises et américaines des chemins de traverse. Si tu n'es pas sensible à ça - pas assez patient ou passionné - c'est bien sûr ton droit ... mais ras le bol des blasés !
Rédigé par : ludo | 12/05/2010 à 09:39
Blasé? Alors si on n'aime pas un truc bien traditionnel, on est blasé? Belle mentalité. Je n'aurai jamais assez d'enthousiasme pour défendre mon trio de tête de l'année en cours, These New Puritans, Liars, Gonjasufi, il t'en faut plus? Voilà des disques passionnants, profonds, ("sincère" ne veut rien dire en art, faut-il le répéter), ouvragés, qui prennent aux tripes et qui sont de leur époque, avec qqch de neuf, si si, contrairement à ce revival certes très bien joué, mais qui me laisse de glace, désolé, l'ami.
Rédigé par : Fauve | 12/05/2010 à 21:42
Ok ok le fauve, rentre tes griffes ... on ne va pas jouer à s'étriper à distance ; on est bien là sur une question de goûts et de couleurs ; et je préfère le violet profond de The National au kaki martial et vaseux de TNP (face à moi, si je te suis pôv trad neo cons, tu es effectivement fort courageux et "progressiste" pour défendre une telle confiture ;-) .
Quelques remarques cependant (j'ai beau dire, je suis joueur) : ne prends pas ton air effarouché, tu ne sais rien de ma "mentalité", on ne se connait pas.
Ensuite, je ne vois pas en quoi la musique des américains constitue un "revival", et tes comparaisons avec Psychedelic Furs ou House of Love sont à côté de la plaque.
Non, pour moi the National a une personnalité unique, qui comme je l'ai dit puise effectivement dans les vagues passées ; mais comme tous, et les groupes que tu cites ne sont pas non plus sortis de nulle part.
En revanche, d'accord avec toi sur le terme maladroit "sincère" ; quoi que, combien de produits manufacturés, variéteux ou autres, ne sont faits que pour engranger du pognon ...
Pour finir, "être de son époque" ne veut rien dire ... hé hé ! Sans rancune, l'ami.
Rédigé par : ludo | 12/05/2010 à 23:14
Un très bon disque en effet. Mais pour l'instant je ne le trouve pas meilleur que Alligator et Boxer. "la faute" à Runaway, je n'accroche pas à ce morceau qui plombe un peu la fin de l'album à mon gout. Enfin, peut-être que je changerai d'avis au fil des écoutes
Rédigé par : Le Mik | 13/05/2010 à 09:45