Grisaille urbaine Extrait du collectif Godspeed You Black Emperor!, Mike Moya chante l'hiver montréalais caché sous le pseudonyme de Hrsta.
C'est par défaut que j'ai découvert Hrsta, un soir de février 2002. C'était après un concert de Godspeed You Black Emperor! à Genève. Je trainais du côté du stand de merchandising, à la recherche d'un disque du groupe qui m'aurait manqué et j'ai vu cette pochette: une femme assise, pensive, sur un matelas, appuyée contre un mur, en noir et blanc, teinte bleutée. Sans en savoir plus, j'ai acheté ce disque, m'attendant à découvrir de longues plages instrumentales, dans la lignée des symphonies post-rock venues de Montréal.
Mauvaise pioche, je découvrais une fois rentré chez moi un disque de songwriting. Mais pas n'importe lequel. Entrecoupées de drones et de fields recordings, les chansons d'Hrsta oscillaient entre mélodies lancinantes et interprétations hypnotiques, s'éloignant des codes du genre pour jouer d'un étirement brumeux. Glaçant également, quelque chose d'un hiver montréalais, le décor urbain rendu fantômatique par une froideur blanche. "L'éclat du ciel était insoutenable".
Quelques années plus tard, après un très beau et aérien deuxième album, Stem Stem In Electro, j'ai eu la chance de recroiser au hasard d'un concert. Cette fois-ci, c'était lui sur scène, accompagner de Carla Bozulich pour cette date. Dans l'écrin idéal des Caves du Manoir de Martigny, le concert m'a pourtant laissé un pâle souvenir. La faute notamment à une partie du public plus grisée que grise, ainsi qu'à quelques soucis techniques.
Un rendez-vous manqué. Comme le troisième album d'Hrsta, qui ne m'a quasiment pas laissé de souvenir. Mais l'occasion de se rattraper ce soir, au Bourg à Lausanne, où le troubadour céleste fait halte pour un concert qui devrait valoir le détour. Et rallonger un brin l'hiver dans la vieille rue pavée lausannoise...




























C'est vrai que c'est un bon album. Par contre, c'est aussi clair qu'en concert, si le public n'est pas là pour ça, ça part vite à la catastrophe...
Rédigé par : Mmarsupilami | 07/04/2010 à 08:32