Un revenant Oubliant ses rêves de révolution, Gil Scott-Heron ressuscite musicalement grâce à un album sobre et fragile, mélangeant les genres.
Gil Scott-Heron - Me And The Devil
Il y a quelque chose de Johnny Cash dans le retour de Gil Scott-Heron. Un passé glorieux, quelques hits poussiéreux (en tête l'increvable The Revolution Will Not Be Televised), des histoires de drogue, de prison et une plongée vertigineuse dans l'oubli. De là à voir dans I'm New Here une sorte d'American Recordings à la sauce hip-hop, il y n'y a qu'un pas, que de nombreux observateurs n'ont pas hésité à franchir.
Mais pour qu'effet Cash il y ait, encore faut-il proposer un album à la hauteur. Sans enfanter un chef d'oeuvre du rang de The Man Comes Around, le vénérable Gil Scott-Heron - 61 ans au compteur - y parvient, livrant un album touchant et captivant selon les moments, cohérent et erratique à la fois, moins crépusculaire qu'on voudra le dire et plus éclectique qu'attendu.
En empruntant le morceau titre au Smog de Bill Callahan - belle ironie pour un retour que ce "I'm new here" - la légende du spoken-word risque ainsi une virée en territoires folk, évoquant un cow-boy décharné plutôt qu'un prêcheur égaré. Pour le reste, Gil Scott-Heron est fidèle à sa veine urbaine originelle. Sauf qu'à la soul et au funk des débuts, succède un tapis down-tempo épais, strillé de bleeps et de frictions électroniques discrètes, à la façon des interférences traversant Me And The Devil.
Retour en pleine lumière sur la pointe des pieds, I'm New Here ne mène aucune révolution. Et se révèle plus fragile qu'éblouissant, court sur la durée (28 minutes), entrecoupé d'interludes plus ou moins dispensables. Restent quelques très beaux titres (en tête l'inaugural On Coming From A Broken Home), une voix qui évoque les racines d'un blues urbain, un phrasé atypique et une émotion constante mais pudique. Pas de quoi faire un chef d'oeuvre sans doute, mais de quoi se détacher d'une légende qui colle aux guêtres. Et justifier un retour aussi inespéré que salué.




























Ouchhhhh... ça cogne ce truc!
Rédigé par : Sam | 26/04/2010 à 12:06