Ensemble, c'est tout Fort d'un nombre digne d'une équipe de foot, le collectif norvégien trempe toujours plus son electro-jazz dans des eaux post-rock.
Jaga Jazzist - Music! Dance! Drama!
Le troisième album du groupe norvégien Jaga Jazzist s'intitule One Armed Bandit - "bandit manchot" en français - et emprunte son visuel aux divers fruits des machines à trois rouleaux. Pour autant, aucun risque de se retrouver face au jazz feutré propre aux casinos enfumés des films de gangsters. Même si certaines sonorités zébrant l'album pourraient évoquer les tilts électroniques des machines à sous, voire le bruit des piécettes crachées après un jackpot. Mais rassurez-vous, on est loin de l'indigeste Money de Pink Floyd...
Poursuivant le sillon creusé sur le très bon What We Must, le collectif scandinave - une bonne dizaine de membres tout de même, bon an, mal an - se pose en héritier du Tortoise des premières années, la note jazz plus prononcée. Et pousse le vice jusqu'à confier le mixage de ce nouvel album à John McEntire himself. Sans surprise, le menu de ce One Armed Bandit propose ainsi des structures hypnotiques plutôt que sismiques, des thèmes répétitifs mais qui ne bégaient pas, des mélodies flirtant avec l'easy-listening et des sonorités surannées sans jamais sonner kitsch. Un beau programme qui réserve encore ses surprises.
Car une fois passé le morceau éponyme et sa brève intro, Jaga Jazzist parvient à s'écarter de l'influence de McEntire & co. Par petites touches d'abord, puis de manière plus débridée. Une pedal-steel-guitar surnage quelques mesures sur Bananfluer Overalt, un sax étouffé et des incises électroniques assumées dialoguent sur 220 V/Spektral, un tempo presque dansable muscle le bien nommé Music! Dance! Drama!, avant qu'un coup de harpe n'ouvre sur une seconde partie plus rugueuse et hachée, cuivres et guitares en avant. Une manière d'amener à la rythmique primitive et entêtante de Touch Of Evil, final cahotique plus que chaotique.
Toujours aussi libéré des tics et du classicisme de la plupart des formations electro-jazz actuelles - en tête leurs compagnons de labels The Cinematic Orchestra - Jaga Jazzist parvient à poursuivre sa mue, se frottant à ses modèles sans pour autant se laisser piéger par le mimétisme. Le champ d'action est le même, mais la manière de l'occuper diffère à son rythme, dévoilant ses richesses au fil des écoutes. Car si One Armed Bandit peut avoir l'air trop entendu à la première écoute, il n'en est rien: il cache juste bien son jeu (normal, pour une machine de casino). Surtout, Jaga Jazzist n'oublie jamais ses racines premières, du free-jazz aux musiques expérimentales, défrichant des aires de jeux que finiront par visiter un jour nombre de formations jazz héritières.


























"L'indigeste Money de Pink Floyd"?!!!
Rédigé par : Fauve | 08/03/2010 à 20:32
Ben oui. Ce morceau est dégueulasse. Et je ne parle même pas de la partie de saxophone...
Rédigé par : Christophe | 08/03/2010 à 20:43
Les goûts et les couleurs, encore...
Rédigé par : Fauve | 08/03/2010 à 21:38
Oui. Chacun son tour d'avoir mauvais goût en somme.
Sinon, t'as écouté ce Jaga Jazzist?
Rédigé par : Christophe | 08/03/2010 à 21:49
C'est moche de vieillir non?
Vivement les blogs Macramé et marqueterie qu'on se détende un peu...
Rédigé par : Bruno | 08/03/2010 à 22:12
Et sinon, quelqu'un a cliqué sur Play pour écouter ce titre de Jaga Jazzist?
Rédigé par : Christophe | 08/03/2010 à 22:37
Oui, c'est sympa, très touffu comme disque, je suis pas sûr que je l'écoute plus de deux fois, contrairement à "Dark Side of The Moon", huhuhu! Quand au "mauvais goût", je trouve qu'en tant que journaliste musical, c'est une notion qu'il faut oublier, le mauvais goût, c'est toujours celui des autres, comme dirait Miss Jaoui.
Rédigé par : Fauve | 09/03/2010 à 08:45
C'est du tien que je parlais, hein.
Rédigé par : Christophe | 09/03/2010 à 09:07
Ben ouais, j'avais compris, d'où ma réponse. En passant, toi qui avait bien aimé Rodriguez, tu as écouté la réédition de Lou Bond (chez Lights In The Attic)? Une tuerie de soul orchestrée made in seventies, encore un truc de vieux, Bruno, mais qu'est-ce que c'est bon!
Rédigé par : Fauve | 09/03/2010 à 09:56
très bel album, dans un genre pas facile, les norvégiens s'en sortent très bien !!
Rédigé par : benoit | 10/03/2010 à 10:59