Voici un choix inédit. Télécharger gratuitement un morceau en format 192 kbps ou le télécharger en format 320 kbps avec sa pochette contre.. son adresse e-mail. Hmm... ça change un peu des machins mal encodés (Rapidshare, Radiohead) et des "contre adresse pas le choix". En plus, la chanson est bonne (bonne, bonne, bonne). Reste plus maintenant qu'à attendre le 11 mai pour découvrir la suite. Mais The National semble bien parti pour rééditer le coup parfait réussi avec Boxer.
(Ah ouais et pour le téléchargement c'est http://www.highviolet.com)
Out of the smog Avec son petit air de David Carradine façon "Kung-Fu", Bill Callahan poursuit sa route vers l'apaisement folk.
Bill Callahan - Held
Dans les années 90, la mode du changement de nom tenait surtout du caprice onomastique. Prince devenait un symbole et poursuivait sa chute, avant de retrouver la raison, son vieux répertoire, mais pas forcément tout son talent. Et Terence Trent D'Arby s'entêtait à vouloir être Sananda Maitreya et torche des chansons boiteuses dans l'indifférence générale, aux dernières nouvelles.
Heureusement, ces coquetteries ne sont plus la norme aujourd'hui. Malgré les apparences, quand Will Oldham estropie son nom, c'est qu'il a une idée musicale en tête. Et si vous entendez dire que la Neuchâteloise Lole est redevenue Olivia Pedroli, réjouissez-vous, son troisième album vaut le détour. Quant à ce bon vieux Bill Callahan, l'abandon du pseudonyme Smog lui a permis de faire tomber le brouillard qui noircissait à l'extrême son spleen. Certes, au début, cela brillait un peu trop (le raté Woke Up On A Whaleheart). Mais ensuite, quelle belle lumière (Sometimes I Wish We Were An Eagle)!
Non content de cette identité retrouvée, le voici aujourd'hui avec un premier album live en presque 20 ans de carrière, signé de son nom. Enregistré en 2007, Rough Travel For A Rare Thing rappelle que la métamorphose ne s'est pas faite en un jour, en piochant allègrement dans A River Ain't Too Much To Love dernier album signé Smog. De Say Valley Maker à The Well, en passant par Rock Bottom Riser, l'ambiance est à un songwriting rugueux et rustique, porté par la mélancolie sombre propre à Callahan et sa voix de baryton.
Surtout, ce concert permet de redécouvrir certaines des meilleurs chansons de Smog, rhabillées par ces arrangements acoustiques. Un violon entêtant remplace ainsi la guitare écrasante de Held, amenant une légèreté champêtre inattendue à une chanson toujours aussi plombante. Plus fidèles, Cold-Blooded All Times et Batysphere gagnent toutefois de cet écrin live, notamment grâce à quelques choeurs féminins remplaçant les arrangements lo-fi d'hier.
En 11 titres et 70 minutes, Bill Callahan rappelle qu'il est l'une des plumes majeures du songwriting des quinze dernières années, fort d'une écriture aussi épurée que maîtrisée, capable de changer de peau sans perdre le cap. Surtout, Rough Travel For A Rare Thing rappelle cruellement que cela fait un bail que Callahan n'a plus mis les pieds sur une scène helvétique. A bon entendeur...
Bill Callahan Rough Travel For A Rare Thing Drag City/Irascible
Sur le nouvel album de MGMT, il y a une chanson qui s'intitule Brian Eno. Et elle ressemble à du Specials 2.0. La première chanson de l'album s'appelle par contre It's Working. Mais aurait mérité d'être renommée Phil Spector, tant le groupe s'amuse avec le son sixties et le Wall of sound, sans pour autant se fracasser contre.
Choeurs dignes d'un épisode de Happy Days, soudain break martial de batterie évoquant Be My Baby interprété par Jesus and Mary Chain, ligne de basse idéal pour se dandiner, It's Working est un collage de tics et de sonorités porté par une maîtrise et un second degré frappants. Mieux, avec son synthé orientalisant ou son clavecin obsédant, la chanson lorgne même vers les racines psychés de MGMT, jusqu'à évoquer par petites touches le fantôme de Syd Barrett.
Depuis que j'ai téléchargé Congratulations, je suis scotché par ce titre d'ouverture. Et peine à comprendre les réactions déchaînées du net face à un manque de brio ou de tubes sur ce second album. It's Working suffit très bien à mon bonheur. Et les mécontents n'auront qu'à en rester à Hot Chip et Vampire Weekend (hé hé).
PS: Pardon pour la mauvaise qualité du son, c'est un leak. Et pardon pour la pochette hideuse, mais ce n'est pas un fake.
Je n'ai pas parlé ici du "nouvel" album de Johnny Cash, American VI - Ain't No Grave. Non que l'album ne soit pas bon - il est plutôt pas mal - mais parce que j'ai l'impression d'avoir beaucoup écrit sur Johnny Cash depuis sa mort, d'un film très hollywoodien à une BD plus en creux, d'un coffret gargantuesque à un cinquième chapitre morbide et un brin voyeuriste.
A la place, je vais donc vous parler de The Avett Brothers, qu'on retrouve en backing band du Cash sur ce American VI. Il aura fallu attendre presque 6 mois pour que sorte en Suisse leur dernier album - le énième - I and Love and You. Et il y a fort à parier qu'il passera inaperçu dans notre petit pays, malgré son joli succès aux Etats-Unis.
Dommage, parce que cette country bien peignée mais pleine d'une rugosité larvée pourrait séduire les fans de Fleet Foxes (en moins hippie feu de bois) ou de Mumford and Sons (en moins yiiiiiiiiiiiiiii-ah! quand même). Moins déjanté et ouvertement bluegrass que par le passé, The Avett Brothers soignent l'écriture et le lyrisme contenu sur I and Love and You et prennent un malin plaisir à sautiller d'un genre à l'autre en cours de morceaux, plaçant un gimmick de piano quasi-pop au milieu d'une ballade solennelle, un petit coup de banjo en complice d'un violoncelle crépusculaire. Un album tout à fait sympathique, en somme, en attendant le versant lo-fi de l'americana avec le nouveau - le énième aussi - Bonnie 'Prince' Billy enregistré en compagnie de The Cairo Gang.
Alex Chilton aura peut-être été le premier "one hit wonder" de la grande histoire du rock. Mais il s'est accroché. Pour le meilleur et jusqu'à devenir un "beautiful loser". A 17 ans, avec son premier groupe The Box Tops, il enregistre The Letter, une chanson composée par Wayne Carson Thompson. Et décroche un premier hit. Le seul qu'il connaîtra en plus de quarante ans de carrière.
Abandonnant The Box Tops à l'aube des seventies, Chilton préfère creuser une veine plus personnelle, tant dans son écriture que dans son jeu de guitare. L'aventure Big Star débute. Et même si elle ne durera que 3 ans - de 1971 à 1974, avant de renaître de ses cendres dès 1993 - elle laissera derrière elle plusieurs albums et chansons majeurs pour les générations à venir. Jusqu'à voir le groupe repris ou cité à travers les années, par des artistes aussi divers que Wilco ou This Immortal Coil, REM ou Jeff Buckley notamment.
C'est grâce à ce dernier d'ailleurs que j'ai découvert Big Star, au milieu des années 90, avec sa reprise de Kangaroo. Un morceau plein d'une noirceur mystique, sur le fil entre folk vibrant et rock plus brumeux. Je n'ai pas poursuivi très en profondeur l'exploration de l'oeuvre d'Alex Chilton ensuite, laissant Big Star derrière moi après quelques écoutes rapides. Mais je ne me fais pas de soucis. Je vais pouvoir me rattraper. A en croire le retour en grâce de Jean Ferrat depuis le week-end dernier, on devrait entendre Big Star un peu partout dans les jours qui viennent. Ou pas.
They were dressed for success And success finally comes.
Celui-ci, je ne m'attendais pas à le recevoir. En période de récession, les maisons de disques envoient rarement des exemplaires promotionnels de compilations. Mais bon, il faut croire que Pavement est devenu un groupe prioritaire. Ce qui est assez réjouissant. Même si c'est un peu tard. Difficile en effet de ne pas trouver un brin d'ironie dans le succès soudain de la bande à Stephen Malkmus, séparée depuis 11 ans et un Terror Twilight mitigé, reformée pour on-ne-sait-quelle-raison, de retour sur la route, un best-of sous le bras.
Passé la pointe de cynisme et la dose de scepticisme règlementaire, difficile de résister au rock lo-fi, mélodique et un poil branleur de Pavement. De Summer Babe à Shady Lane, de Cut Your Hair à Grounded, en passant encore par Range Life et Rattled By The Rush (étrangement oublié sur Quarantine the Past: The Best of Pavement), le groupe californien savait y faire au moment de torcher des chansons. Mais avait finalement tort niveau prophétie lorsqu'il chantait "I was dressed for successs / But success it never comes" sur ce formidable Here. (En passant, cette chanson a été magnifiquement reprise par Tindersticks sur Everything Is Ending Here, tribute album consacré au groupe sorti en 2003, histoire de sacré Pavement un peu plus vite que la postérité.)
Il faut écouter les menteurs Toujours aussi passionnant, Liars trouve le juste milieu entre le grand bordel de ses débuts et les torch-songs plus minutées de son avant-dernier album éponyme.
Liars - Scarecrows On A Killer Slant
Avec son quatrième album en 2008, on découvrait un nouveau visage de Liars, plus bridé et minuté. Comme si le jusqu'auboutisme du concept-album Drum's Not Dead avait laissé le trio new-yorkais hagard, écrasé contre le mur et contraint à réduire la voilure. La folie domestiquée, restait une capacité rare à torcher des brûlots tel Plaster Casts Of Everything, sans doute l'un des meilleurs morceaux rock de la dernière décennie.
Deux ans plus tard, Liars a trouvé les clefs pour concilier ses différentes marottes. Des galops cahotiques des débuts aux formats plus abordables qui ont suivi, les Américains parviennent à tirer un cinquième album cohérent et captivant, passant en revue un talent sonique éprouvé tout en osant quelques fioritures nouvelles.
Parfait exemple, l'inaugural Scissors démarre sur un a-capella fragile, soutenu par quelques notes de violoncelles et de basson, avant d'être fendu par un riff dévastateur et une rythmique rentre-dedans. Synthés et piano erratiques ouvrent ensuite les horizons, avant que le souffle électrique ne ponctue l'affaire.
La suite joue de ces premiers éléments, passant de l'hypnotique No Barrier Fun (xylo, violon et rythmiques tourbillonantes) à l'énervé Scarecrows On A Killer Slant (parfait successeur de Plaster Casts Of Everything). Des cordes rhabillent par surprise une ballade hantée et décharnée (Here Comes All The People), un reste de garage-rock dégouline soudain fort d'un refrain pavlovien (Overachievers), instruments acoustiques et machines dialoguent pour une mélancolie vénéneuse (Goodnight Everything).
Empruntant autant à la no-wave qu'au krautrock, Liars façonne un rock malade et rugueux, aussi abrasif que flippant, qui évoque certains grands noms par instants (Radiohead sur Proud Evolution), mais ressemble surtout à Liars sur la longueur. Un groupe parmi les plus passionnants de la scène indie-rock, maître des sonorités comme des aspérités, plus sûr de sa force à chaque nouvelle sortie.
Where the hell is Bad Bonn? Un minaret sur une tireuse à bière: c'est aussi ça l'esprit de la plus grande petite salle de Suisse.
Sans doute qu'il y a eu des déçus hier, à l'annonce de la programmation de la Kilbi 2010. Cette année à Düdingen, pas de têtes d'affiches exceptionnelles comme Sonic Youth l'année dernière, ni de vieux habitués façon Cat Power, Bonnie 'Prince' Billy ou Owen Pallett. Pour son vingtième anniversaire, le festival de Düdingen (s') est privé de cerises bling-bling, préférant des bougies discrètes. Enfin, en apparences. Si les touristes du Bad Bonn n'y trouveront pas forcément le frisson espéré, les fidèles et autres mélomanes se réjouiront de quelques surprises plus que lumineuses.
Passées des têtes d'affiche discutables - Tocotronic, Hot Chip, Yeasayer - la programmation concoctée par ce brave Duex vaut son pesant de cacahuètes. Niveau "légendes", on notera la présence de Geoff Barrow - qui a lui-même demandé à venir - aux manettes de son nouveau projet Beak>, des revenants Polvo, de Sun Ra Arkestra et ses invités (Lee Ranaldo, maybe) et, surtout, de l'inespérée résurrection de Neu!, le survivant Michael Rother essuyant les plâtres de sa nouvelle formation sur la scène du festival (un retour au répertoire de Neu! avec Steve Shelley et Aaron Mullan).
Passées ces beaux anciens, on se réjouira également de retrouver quelques jolis fleurons de la scène indie-pop actuelle. En tête Atlas Sound et The Antlers. Le premier, solitaire en vacances de Deerhunter est peut-être le laborantin le plus génialement alchimique du moment. Tandis que les seconds furent la meilleure révélation de l'année dernière avec leur Hospice aussi lyrique que lo-fi. Ajoutez-y les toujours sympathiques canadiens Wolf Parade, les saturés A Place To Bury Strangers, les toujours fascinants Health ou encore les sympathiques Neon Indian et vous avez une brochette de bons groupes actuels qu'aucun festival suisse ne devrait présenter cet été (enfin, sauf si Mark Knopfler est le pseudo un peu hype d'un nouveau prodige electro). Tout ça sans parler des autres groupes à l'affiche, dont certains dont ni vous ni moi n'avons jamais entendu parler et qui pourrait bien vous conquérir en quelques chansons seulement.
Alors bien sûr, certains tireront la gueule de ne pas retrouver Cat Power, Arcade Fire ou Sonic Youth (ben oui, à nouveau) à l'affiche de la Kilbi. Et d'autres iront noyer leurs regrets de ne pas pouvoir participer au troisième pilier de Pavement du côté de Primavera. Reste que nous serons sans doute nombreux à faire le pèlerinage vers Düdingen cette année encore, tant cette nouvelle affiche colle à l'esprit d'une salle et d'un festival aussi défricheurs que passionnés. Et en attendant, on se repassera le récent Does Your Cat Know My Dog?, excellent compilation miroir de vingt ans de labeur musical publiée par le label franco-suisse Three: Four.
Quand ça souffle, ça caille But the answer my friend will be blowin' like a candle in the cold and wild wind...
Je sais pas pour vous, mais moi, j'ai froid. Saloperie de bise. Heureusement dans mon malheur, je ne suis pas le seul à avoir cette impression de vivre un long hiver sans feu. A en croire la plupart des médias suisses, c'est unanime: on se les gèle! Tout ça par la faute de ce vent à décorner les boeufs.
Histoire d'y aller de mon couplet sur le sujet, je vais vous parler de musique plutôt que de mon bonnet gris ou de mes gants en laine. Car dans la musique, le vent est rarement glacial (sauf chez Arcade Fire et son joli Cold Wind, composé pour la série Six Feet Under). Pas frileux, le rockeur essaie de voir le côté positif du truc. Le vent peut ainsi amener des réponses ("The answer my friend is blowin' in the wind..." rappelle le père Dylan), du changement (le poussif Wind of Change de Scorpions) ou même la liberté ("The wind, the wind is blowing. Through the graves the wind is blowing. Freedom soon will come." explique ainsi Leonard Cohen dans The Partisan).
Car oui, même si le vent est sauvage (Wild is the wind, of course), il peut-être bienveillant, jusqu'à nous porter, comme dirait Noir Désir, ou laisser danser la flamme d'une bougie (la fameuse Candle in the Wind d'Elton John). Mais attention: qui sème le vent... récolte le tempo (merci MC Solaar). Mieux vaut donc lui parler,comme le suggère King Crimson (I Talk To The Wind), que se tenir face à lui (Facing The Wind de Nico).
Parce que bon, face au vent, il fait froid quand même. Et même quand on l'a dans le dos. Vivement que ça s'arrête. Comme cette chronique qui prend fin ici, abruptement, par lassitude et en attendant de nouvelles aventures (l'ami Fauve, par exemple, pourrait en faire une playlist pour sa Plage, avant que le printemps n'arrive, enfin).
C'est marrant comme une chanson revenue de nulle part vous reste en tête et comme le hasard prend un malin plaisir à la mettre sur votre chemin ensuite, par brèves mais marquantes occurences (attention, je ne parle ici ni du Petit bonhomme en mousse ni de Tous ceux qui veulent changer le monde, rien à voir, vu que ces sales scies ne doivent rien au hasard, mais tout au malin).
La semaine passée ce fut Blister In The Sun de Violent Femmes. Le lundi matin, j'ai ressorti une compilation du groupe américain afin d'intégrer ce titre au blind-test que je concoctais pour Gaëtan Roussel. Deux jours plus tard, je tombais pour pas cher sur la réédition du premier album du groupe, débutant sur Blister In The Sun. Et vendredi soir, je ne résistais pas au plaisir de passer la chanson dans mon set de DJ pour constater que, oh surprise, elle éveillait la curiosité de plusieurs clients du café. La boucle était bouclée. Et cette semaine, je vais écouter autre chose. Mais bon, une dernière fois pour la route, ça ne peut pas faire de mal.
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