Gaëtan Roussel est un drôle de personnage au sein de la chanson française. Avec Louise Attaque, il a vendu des brouettes comme peu avant lui au pays de Johnny, en citant Violent Femmes dans le texte. Avec Tarmac, il s'est offert une parenthèse à la mélancolie ensoleillée couronnée de succès. Pour Alain Bashung, il s'est fendu d'une collection de chansons minimalistes aux racines terreuses et au charme enfantin, banco à nouveau.
En solo aujourd'hui, il n'est pas en solitaire pour autant et convoque en une dizaine de chansons ses héros et amis, de Gordon Gano (Violent Femmes) à Joseph Dahan (Mano Negra), en passant par Renee Scroggings (ESG), le tout produit par Tim Goldsworthy (DFA, ex-Mo Wax) et Julien Delfaud (Phoenix). Une véritable auberge espagnole qui part dans tous les sens tout en trouvant sa cohérence propre. Et sans surprise, le succès devrait à nouveau être au rendez-vous. Ce qui n'arrangera pas les affaires d'un musicien souvent décrié dans les rangs des rockeux AOC - chevelus comme bigleux - qui l'accusant de faire de la chanson à texte, qui de ne faire que plagier Violent Femmes.
Mouais. C'est oublier un peu vite quelques très belles chansons du bonhomme (au hasard, La ballade de basse). Ou l'avant - la variété, les chanteuses à voix - et l'après - la nouvelle scène, les chanteurs sans voix - Louise Attaque et ses belles références. Ou ne pas avoir eu 15 ans à cette époque-là. Surtout, c'est ne pas vouloir voir que ni plagieur, ni voleur, Gaëtan Roussel est avant tout un fan de musique qui exprime sa passion avec plus de classe et de modestie que l'affreux Pascal Obispo (remember, "Etre faaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan"). Sans doute parce qu'il a meilleur goût. Sans doute parce qu'il préfère faire profil bas. Comme dans ce premier clip qui le voit disparaître parmi la foule des coureurs. Comme sur ce premier album solo qui le voit s'effacer derrière des musiciens aimés ou admirés.


























Hé mais ne le compare pas à Obispo !
Tiens, quand les deux meilleurs groupes français du monde se rencontrent, ça donne ça.
http://www.youtube.com/watch?v=zOyovD84ATk
Rédigé par : raph | 03/03/2010 à 18:42
Ouh, j'ai pas les cheveux longs mais j'ai toujours détesté le bonhomme. Avec Mickey 3D, c'est les pires trucs qui soient arrivés à la musique française depuis longtemps, Louise Attaque c'était pathétiquement crétin, Tarmac on en parle pas et là, ça m'a pas l'air de voler beaucoup plus haut... Là, c'est dit.
Rédigé par : Fauve | 04/03/2010 à 09:06
@ Fauve:
Quelques arguments, ce serait bien, non?
Comparer Louise Attaque à Mickey 3D c'est un peu court. Surtout, on aime ou pas sa musique, mais niveau textes je pense que Roussel est la plume francophone la plus intéressante apparue ces 15 dernières années. L'une des rares à parvenir à utiliser le français à la manière de l'anglais, usant des sonorités et de la poésie, libéré du poids du sens sans pour autant le laisser tout à fait de côté. Quelque chose d'evocateur et de musical à la fois qui manque si souvent par ici.
Rédigé par : Christophe | 04/03/2010 à 10:50
La plume francophone la plus intéressante des 15 dernières années? Euh, tu as oublié Dominique A?
On peut argumenter, je trouve les textes de ce type d'une platitude crasse ("j'aimerais tant que tu te rappelles / notre amour est éternel et pas artificiel"), pondus dans une espèce de français passe-partout sans aspérités, une façon de rester dans des concepts larges, comme on en entend partout dans la variété (de Sinsemilia à Pauline Croze).
Quant à sa musique, elle représente tout ce que je déteste dans le rock français, les rythmes de baloche (la pompe paresseuse sur deux accords), aucune idée mélodique, un rock acoustique banal à souhait, essaie d'imaginer ses chansons en anglais et tu bailles en 3 secondes...
Pour le reste, je n'ai pas comparé Louise Attaque à Mickey 3D, j'ai simplement dit que l'un comme l'autre me semblaient avoir nivelé par le bas le rock français, qui n'avait vraiment pas besoin de ça.
Pour moi, les mecs qui ont vraiment inventé qqch en français ces dernières années, c'est Jérôme Minière, Flop, Tante Hortense, Fuzati du Klub des Loosers, et par certains aspects, Franck Monnet et Bertrand Belin. Mais évidemment, pendant qu'on remplit des pages sur Roussel, on peut pas parler d'eux.
Rédigé par : Fauve | 04/03/2010 à 11:20
Dominique A est apparu avant, bien avant. Mais j'aurais dû mettre "depuis Dominique A", peut-être.
Dominique A, justement, dont on pourrait aussi dire du mal en ne citant que deux vers - puisque c'est ainsi que tu démontres la "platitude crasse" de Roussel - genre "Les étendues". Ce qui ne serait guère fidèle à la réalité de sa production.
C'est un peu pareil pour Roussel. Tu peux bien sûr trouver des refrains passe-partout, mais dans l'ensemble, il y a une écriture, à cent lieux de celle de Sinsemilia ou de Mickey 3D (ce qui me faire me dire que ce n'est pas par hasard si Mikael Furnon a bossé avec Indochine, tandis que Gaëtan Roussel a travaillé pour Bashung). Cette écriture joue d'images, d'expressions, de répétitions et de sonorités, tout à fait dans un esprit rock. Contrairement à de nombreux groupes incapables de faire entrer leurs phrases textuelles dans les phrases musicales.
Quant à la musique elle-même, des titres comme "La ballade de basse" ou "Crachez nos souhaits" valent bien mieux qu'un rock acoustique banal, surtout si tu les remets dans le contexte de l'époque où ils sont sortis.
Enfin, je trouve bien à côté de la plaque de pleurer le manque d'articles sur d'autres musiciens à cause de Gaëtan Roussel (même si Fuzati a eu bien plus qu'il ne méritait, à mon humble avis). Le mec est quand même plutôt discret - tu l'as vu donné beaucoup d'interview à l'époque de "Bleu pétrole"? - et a aussi connu son pain noir, au début de Louise Attaque où médias merdiques (Fun Radio) comme médias intellos (Les Inrocks) n'en disaient mots. Après, si Beauvallet et consorts ont retourné leur veste, je ne pense pas qu'il y soit pour grand-chose...
Rédigé par : Christophe | 04/03/2010 à 15:55
Ouh là, je vois que j'ai affaire à un spécialiste du Monsieur, c'est sûr que je ne connais pas toute sa production, mais comment dire? Ce que j'en connais ne me donne pas envie d'en savoir plus, et je n'y vois pas du tout ce que tu y vois, mais bon, chacun ses goûts.
Ceci dit, on le voit partout en ce moment, c'est pas comme si tu étais le seul à en parler. Ah, ces artistes maudits qui vendent des millions d'albums...
Rédigé par : Fauve | 04/03/2010 à 16:12
@ Fauve:
Et les chansons pour Bashung? Tu les as écoutées, non, donc tu dois bien avoir un avis.
Sinon, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Je soulignais juste qu'à la sortie du premier Louise Attaque, il n'était pas mieux traiter que le commun des chanteurs français hors-variétés. Et que depuis, on l'a vu moins qu'il aurait pu se montrer. Après, il fait un nouveau disque, c'est plutôt normal de le voir...
Et pour te donner une autre image de Louise Attaque: http://www.youtube.com/watch?v=kJVK1w_gUS4
Rédigé par : Christophe | 04/03/2010 à 16:39
Pour moi c'est le plus faible album de Bashung depuis bien longtemps, alors franchement, j'en penses pas beaucoup de bien, même si, vu l'enjeu, il a dû se donner un peu plus qu'à l'ordinaire, huhuhu.
Quant à la "ballade de basse", j'en reste à ce que j'ai dit plus haut, je peux pas faire abstraction de la musique, et si j'essaie d'écouter le morceau comme si c'était un truc en anglais, ben c'est vraiment pas le genre de choses que j'ai envie d'entendre, Mogwai, c'est tellement mieux, ou si on veut chercher en France, Purr ou Prohibition ont fait mille fois plus passionnant que ça, sorry.
Rédigé par : Fauve | 04/03/2010 à 16:57
Bon, en même temps, je vais pas essayer de te convertir. Très peu pour moi l'évangélisation. Reste que ton discours me rappelle un peu celui des Inrocks de l'époque (1997), qualifiant Louise Attaque de "groupe d'hymnes-patates-fayots". Dommage. Mais bon, chacun son truc.
Rédigé par : Christophe | 04/03/2010 à 17:06
Ben j'aime assez la formule, hihi! Non, c'est surtout que je vois pas tellement la force du truc, je passe peut-être à côté, mais pour moi, c'est un peu au rock international ce que Sinclair est à Prince: ça sonne, on pourrait presque y croire.......... mais non, en fait.
Rédigé par : Fauve | 04/03/2010 à 17:22