Out of the smog Avec son petit air de David Carradine façon "Kung-Fu", Bill Callahan poursuit sa route vers l'apaisement folk.
Bill Callahan - Held
Dans les années 90, la mode du changement de nom tenait surtout du caprice onomastique. Prince devenait un symbole et poursuivait sa chute, avant de retrouver la raison, son vieux répertoire, mais pas forcément tout son talent. Et Terence Trent D'Arby s'entêtait à vouloir être Sananda Maitreya et torche des chansons boiteuses dans l'indifférence générale, aux dernières nouvelles.
Heureusement, ces coquetteries ne sont plus la norme aujourd'hui. Malgré les apparences, quand Will Oldham estropie son nom, c'est qu'il a une idée musicale en tête. Et si vous entendez dire que la Neuchâteloise Lole est redevenue Olivia Pedroli, réjouissez-vous, son troisième album vaut le détour. Quant à ce bon vieux Bill Callahan, l'abandon du pseudonyme Smog lui a permis de faire tomber le brouillard qui noircissait à l'extrême son spleen. Certes, au début, cela brillait un peu trop (le raté Woke Up On A Whaleheart). Mais ensuite, quelle belle lumière (Sometimes I Wish We Were An Eagle)!
Non content de cette identité retrouvée, le voici aujourd'hui avec un premier album live en presque 20 ans de carrière, signé de son nom. Enregistré en 2007, Rough Travel For A Rare Thing rappelle que la métamorphose ne s'est pas faite en un jour, en piochant allègrement dans A River Ain't Too Much To Love dernier album signé Smog. De Say Valley Maker à The Well, en passant par Rock Bottom Riser, l'ambiance est à un songwriting rugueux et rustique, porté par la mélancolie sombre propre à Callahan et sa voix de baryton.
Surtout, ce concert permet de redécouvrir certaines des meilleurs chansons de Smog, rhabillées par ces arrangements acoustiques. Un violon entêtant remplace ainsi la guitare écrasante de Held, amenant une légèreté champêtre inattendue à une chanson toujours aussi plombante. Plus fidèles, Cold-Blooded All Times et Batysphere gagnent toutefois de cet écrin live, notamment grâce à quelques choeurs féminins remplaçant les arrangements lo-fi d'hier.
En 11 titres et 70 minutes, Bill Callahan rappelle qu'il est l'une des plumes majeures du songwriting des quinze dernières années, fort d'une écriture aussi épurée que maîtrisée, capable de changer de peau sans perdre le cap. Surtout, Rough Travel For A Rare Thing rappelle cruellement que cela fait un bail que Callahan n'a plus mis les pieds sur une scène helvétique. A bon entendeur...
Bill Callahan
Rough Travel For A Rare Thing
Drag City/Irascible




























Salut,
Je pose une question bête. Sur le site de Drag City, il n'y a apparemment pas de version CD... Soit, on l'a en vinyl ou alors il faut le télécharger en MP3 ou FLAC...??
Merci de ta réponse et salutations !
Rédigé par : Mathias | 29/03/2010 à 19:20
Tout juste. Vinyl only (enfin, y a du MP3 et du Flac en vente, mais bon, ça ne s'achète pas, ça se télécharge illégalement :-)
Rédigé par : Christophe | 29/03/2010 à 19:56