3D & Daddy G A nouveau réunis, les deux membres fondateurs de Massive Attack poursuivent l'histoire. Mais ne font plus la révolution.
Massive Attack - Pray For Rain
Et pourtant, ça démarrait bien. Porté par un souffle rampant et tribal, Pray For Rain suintait une soul vénéneuse, traversée par un dub hanté et magnifié par la voix de Tunde Adebimpe (TV on the Radio). Et de se dire que le jeu en valait la chandelle, qu'après sept ans de silence, Heligoland valait mieux que sa réputation d'arlésienne.
Las, le cinquième album de Massive Attack ne parvient pas à maintenir le cap, une fois passée cette piste introductive. Pire, le duo de Bristol est victime de bégaiements pour la première fois de son histoire, les titres chantés par Martina Topley-Bird renvoyant immanquablement au Tricky de Maxinquaye et ceux interprétés par Horace Andy oscillant entre la redite (Girl I Love You comme un appendice d'Inertia Creeps) et le ratage (le pénible Splitting The Atom).
Jusqu'ici, Massive Attack avait pourtant su varier les plaisirs, bluffant son monde (Blue Lines, Mezzanine), capitalisant sur sa formule, soudain réfrigérée (Protection, 100th Window). Ni novateur, ni glacé, Heligoland se révèle vite incapable de toute révolution, puis coupable de répétitions et de manque d'inspiration. Les nouveaux venus Hope Sandoval et Guy Carvey (Elbow) n'y peuvent rien. Quant à Damon Albarn, il insuffle sa marque aux titres auxquels ils participent, maître d'une pop mélancolique et ralentie, un brin figée tout de même.
Pas forcément désagréable, Heligoland séduira peut-être les amateurs de lounge sophistiqué ou les nostalgiques des années trip-hop. Pour les autres, il devrait rester dispensable. Et nourrir les regrets. On se demandera en effet longtemps à quoi aurait pu ressembler ce cinquième effort de Massive Attack si David Bowie, Tom Waits ou Patti Smith - tous annoncés un temps au générique du disque - avaient dit oui. Ou si 3D et Daddy G avaient choisi de ne travailler qu'avec Tunde Adebimpe comme vocaliste. L'histoire aurait peut-être été différente. Et Massive Attack de réussir la mue inattendue et bluffante de Portishead en 2008...




























Je confirme, cet album est ma plus grande déception de l'année..
Rédigé par : Reda LAROUI | 22/02/2010 à 16:46
Pas d'accord.
Toutes ces histoires d'avant garde, son révolutionnaire, etc, je m'en fiche complètement. Si on prend "Be Thankful" sur Blue Lines par exemple, c'est quand même très très proche de l'original. On peut faire la même comparaison, peut être moins flagrante mais bien réelle, avec Protection et Mezzanine. Et même à supposer qu'ils aient été des avantgardistes (arf!) il y a 20 ans, heureusement que depuis de nouvelles têtes ont pris la relève.
C'est la qualité que je retiens. Je suis très content de ce nouvel album, content de retrouver Massive Attack moins glacé que sur 100th Window. Même si "Paradise Circus" me rappelle "Unfinished Sympathy" et pour "Girl I Love You" j'aurais cité "Angel" (carrément). "Flat Of The Blade" (Guy Carvey), c'est mon morceau préféré, la mélodie qui émerge de bleeps. Et "Splitting" (très Protection), "Pray For Rain", "Saturday Comes Slow", "Atlas" sont très réussis.
Si je fais le compte, c'est très loin de l'échec et j'essaye de lutter pour ne pas l'écouter en boucle.
Par contre, là où j'ai du mal c'est avec la version Japonaise et ses remixs, évidemment introuvable ici, qui sortira dans trop longtemps pour qu'on ait la patience d'attendre. Ils n'ont toujours rien compris chez EMI.
Rédigé par : manu | 24/02/2010 à 15:14
avec des si, avec des si ... on referait le monde, les hommes, la musique.... je ne lutte pas pour ma part pour l'écouter en boucle. C'est un très beau moment, oui, peut-être parfois lounge mais tellement accrocheur et charmeur. Je reste scotchée à "paradise circus". Tentez la vidéo.
Rédigé par : marion | 25/02/2010 à 21:48