20 Patrick Watson - Close To Paradise (Secret City - 2007)
19 The Knife - Silent Shout (Rabid - 2006)
Oscillant entre techno minimale et electro-pop, le duo suédois tisse des brumes synthétiques froides et fascinantes à la fois. Jouant d'une palette sonore surannée, de rythmiques rachitiques et de mélodies répétitives, Olof Drejer façonne un tapis instrumental pour la voix hantée de sa soeur Karin. Comme sur l'inquiétant The Captain et ses paysages polaires soudain fendus par une voix de sorcière numérique. Ou sur le glaçant We Share Our Mother's Health, qui dépoussière l'héritage de Depeche Mode, entre Bontempi et industriel. Une plongée en territoire eighties qui se poursuit sur Marble House, bijou de pop synthétique et mélancolique porté par la voix de Jay-Jay Johanson. Aussi érudit qu'inventif, The Knife donne ses lettres de noblesse à une certaine electro, loin du rock comme des dancefloors.
18 Bonnie 'Prince' Billy - The Letting Go (Drag City/Domino - 2006)
Parti traîner ses guêtres dans l'Islande de Valgeir Sigurdsson, Will Oldham en ramène son album le plus atypique. Arrangé et aérien, The Letting Go rompt avec l'esprit lo-fi comme avec l'héritage des Appalaches. Secondé par l'impeccable Dawn McCarty aux choeurs et posé sur un tapis de corde, le songwriting de Bonnie 'Prince' Billy épouse des courbes nouvelles, plus léchées et orchestrées, ne tournant pas pour autant le dos au folk et à la country - à l'image du joueur No Bad News ou de la ritournelle Love Comes To Me - ni à ses inclinaisons plus rêches (The Seedling) ou malingres (Wai). Mais préfère un rayon de soleil nordique à la noirceur habittuelle. Accueillant comme jamais, ce drôle d'Oldham prouve qu'il a encore quelques belles surprises en réserve.
17 The Notwist - Neon Golden (City Slang - 2002)
Rarement pop et electro se sont mariés avec un tel naturel. Pour peu, on penserait au New Order de Power, Corruption & Lies, pour ses sonorités hybrides comme ses mélodies limpides. Reste que si Neon Golden séduit par cette impression de simplicité, les apparences sont trompeuses. Au fil des écoutes, textures et écritures se révèlent, démontrant une maîtrise du songwriting comme des travaux en laboratoire, faisant craquer le bois des violons (One Step Inside Doesn't Meant You Understand) comme les cartes sons des machines (Off The Rail). Dansant (Pilot), poignant (Pick Up The Phone) ou planant (This Room), The Notwist concilie à la perfection électricité, électronique et acoustique. Et signe un classique intime et synthétique à la fois.
16 Fugazi - The Argument (Dischord - 2001)
Poursuivant l'oeuvre de sophistication de ses élans post-hardcore, le combo de Washington clôt son histoire avec un album aussi maîtrisé qu'aventurier S'ouvrant sur un drône de cordes, The Argument prend un malin plaisir à varier les directions ensuite, porté par une section rythmique parfaite et des riffs tranchants. Sans jamais se départir d'une tension larvée ou rentrée, Fugazi passe d'une rage abrasive (Cashout, Full Disclosure) à des incises plus pop, grâce à des parties de guitares déliées et quelques harmonies vocales lorgnant presque du côté d'Elliott Smith (Life And Lime, Strangelight). A l'image d'Epic Problems, débuté à la manière télégramme crié - "Stop, stop, stop, stop, stop" - avant une rupture acoustique soudaine, remodelant la fin, McKaye et ses comparses se réconcilient avec les mélodies tout en prenant un malin plaisir à les tordre et les violenter, façonnant un rock brûlant, tendu et ciselé à la fois.




























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