15 Alain Bashung - L'imprudence (Barclay - 2002)
14 The Flaming Lips - Embryonic (Warner - 2009)
Couronné de lauriers en 1999 avec The Soft Bulletin, The Flaming Lips a opté pour une approche plus pop durant la décennie suivante, enfantant des tubes patentés (Do You Realize, The Yeah Yeah Yeah Song) et une descendance (MGMT). Avant de recouvrer son goût pour l'expérimentation en 2009. Forts de ce mojo retrouvé, Wayne Coyne et sa bande se lancent à la recherche du temps perdu et osent un festin sonique sur cet Embryonic bien plus abouti que son nom ne l'annonce. De Pink Floyd à Can, The Flaming Lips fait main basse sur l'héritage des héros d'hier, entre structures à tiroirs et dérives spatiales, y ajoutant un son neuf. Le tout sans renier cette touche d'humour qui fait son sel, à l'image de I Can Be A Frog, duo régressif et décalé avec Karen O. Résultat: un chef-d'oeuvre psyché in extremis pour la décennie.
13 The National - Boxer (Beggars - 2007)
A l'image de sa pochette, Boxer fait la part belle au clair-obscur et à l'électricité rampante, distillant une mélancolie venimeuse cachée sous un costume de velours. Grave et pâteuse, la voix de crooner de Matt Berninger évoque Nick Cave ou Stuart Staples, tandis que les instrumentations trouvent un équilibre rare entre nervosité assumée (Squalor Victoria), épure feutrée (Racing Like A Pro) et arrangements variés (magnifique Ada). Un déluge de cuivres recouvre un mélodie entêtante (Fake Empire), le phrasé de Berninger tient l'édifice face à des rythmiques débridées (Mistaken For Strangers, Brainy), le dénuement ouvre sur la grâce (Green Gloves, Start A War). Aussi fin dans son songwriting que maître de ses coups de sang, Boxer est un sommet de rock noir, entre spleen et romantisme.
12 Animal Collective - Strawberry Jam (Domino - 2007)
Moins foutraque et expérimental qu'à ses débuts, Animal Collective ose pour la première fois cultiver son côté mélodique du début à la fin d'un album. Du frénétique Peacebone à la transe tribale de Derek, le collectif new-yorkais domestique son écriture et ses élans, mélange les genres avec une aisance nouvelle et évite les plages trop étirées où il se perdait parfois. Surtout, il parvient à développer ses morceaux et à les concilier à ses idées, jusqu'à en extraire tout le potentiel, à la manière du diptyque Reverend Green/Fireworks où se télescopent aspirations pop et aspérités rock, refrains beach-boyesques et cris primitifs, gimmicks de piano et rythmiques épileptiques. Rugueux, trituré, inventif et sur le vif, Strawberry Jam donne des couleurs à la pop en l'embarquant dans un carnaval animal.
11 Beth Gibbons & Rustin Man - Out Of Season (Go Beat - 2002)
Retour aux sources pour la chanteuse de Portishead qui, avant l'explosion trip-hop, prêta sa voix à .O.rang, projet des ex-Talk Talk Lee Harris et Paul Webb. Devenu Rustin Man, ce dernier retrouve Beth Gibbons pour un album atypique, aussi éloigné du downtempo grinçant de Portishead que des expérimentations rock de l'ère post-Talk Talk. Explorant des territoires folk et soul, le duo convoque les fantômes seventies le temps d'une dérive brumeuse et nostalgique. On pense à Nick Drake (notamment sur le magnifique Drake), à Nina Simone ou encore à Janis Joplin. Surtout, on reste bouche bée devant les arrangements, pleins et discrets à la fois - à l'exception d'un Tom The Model cinématographique à outrance. Pour le reste, choeurs, cuivres et cordes rhabillent avec délicatesse des chansons fragiles et fortes à la fois, à l'émotion vibrante.




























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