30 The Avalanches - Since I Left You (XL - 2000)
29 Noir Désir - Des visages des figures (Barclay - 2001)
Etoffant et épurant son écriture à la fois, le groupe bordelais se libère des limites d'un rock dont il avait fait le tour avec Tostaky. Si quelques traces tranchantes subsistent (Le grand incendie, Son style 1 et Lost qui cite L'homme pressé dans sa partie médiane), Noir Désir préfère jouer d'un songwriting aéré (Le vent nous portera, L'enfant roi), lancinant (Des visages des figures, Bouquet de nerfs) ou triturré (L'appartement, Son style 2). La voix de Cantat s'essaie à de nouvelles gammes entre spoken-words et chant apaisé, tandis que ses complices, Teyssot-Gay en tête, désapprennent leurs anciens réflexes. Jusqu'é prendre le relais d'un Ferré sur L'Europe et, surtout, Des armes, sommets qui laissaient augurer de beaux lendemains.
28 Bill Callahan - Sometimes I Wish We Were An Eagle (Drag City - 2009)
Les chagrins d'amour ont parfois des vertus insoupçonnées. Amoureux, Bill Callahan se prenait les pieds dans le tapis du confort, accouchant d'un Woke On A Whaleheart inégal et kitsch. Coeur brisé, le même bonhomme se fend d'un album apaisé, constant et accueillant. Synthèse d'une carrière parmi les plus dignes et marginales des quinze dernières années, Sometimes I Wish We Were An Eagle pare les chansons de Callahan d'arrangements rustiques ou feutrés, à la manière d'un véritable successeur au superbe A River Ain't Too Much To Love de Smog (2005). Surtout, le songwriter américain parvient à intégrer ses marotte surannées à l'ensemble, sans forcer le trait, d'un synthé orientalisant (The Wind And The Dove) à un tango d'un autre temps (Eid Ma Clack Shaw). Au final, un bijou de folk enrichi et à fleur de peau.
27 Sufjan Stevens - Come On Feel The Illinoise (Asthmatic Kitty/Rough Trade - 2005)
C'est un défi un peu fou, sans doute irraisonné. Composer un disque par état américain. Sans nouvelles du projet depuis cet Illinois - second chapitre - on s'en contentera bien. Orfèvre pop atypique, Sufjan Stevens livre une oeuvre gargantuesque, indigeste si elle n'était traversée par un humour mélodique, comme lorsqu'on se prend à fredonner Cure en plein milieu d'une pièce épique (Come On! feel The Illinoise!). Surtout, l'Américain séduit par sa capacité à tutoyer des sommets pop rétro et inventifs à la fois (Chicago; The Man Of Metropolis Steals Our Hearts) - ceux-là même qu'atteignait Neil Hannon dans une autre vie - comme à offrir des ballades à l'écriture pure et puissantee (John Wayne Gacy Jr., Casimir Pulaski Day).
26 Shearwater - Rook (Matador - 2008)
Sur la pochette, une silhouette couverte d'oiseaux. Un clin d'oeil d'un chanteur ornithologue - les deux professions de Jonathan Meiburg - à l'arbre à oiseaux du Laughing Stock de Talk Talk. L'épure précieuse du groupe anglais plane sur Rook, dès l'introductif On The Death Of The Water, avant qu'un fracas électrique n'emmène le folk de Shearwater vers de nouveaux rivages, aux effluves progressives et psychédéliques. Rock cadencé (Rooks), folk suranné (Leviathan Bound) ou songwriting pluvieux (Home Life) se délitent avec naturel, forts d'une écriture maîtrisée et d'un univers abouti. Et lorsque résonnent les premières notes de The Snow Leopard - lointain écho au Pyramid Song de Radiohead - on se dit que Shearwater emmène le folk aussi loin que le groupe d'Oxford a un jour mené le rock.




























Chaque jours, tu fais durer le suspens......
Cela fait plaisir de voir Noir Désir - Des visages des figures dans ce top. Dommage qu'il soit pas dans les 5 premier.
The Avalanches - Since I Left You : à l'époque, je me rappelle que les inrocks l'avait classé en n°1 du top disques 2000. Je n'y avais pas prêté attention mais à force d'en entendre parler, il faudra que j'écoute.
Shearwater - Rook : Chef d'oeuvre que j'ai hélas découvert que récemment. Mais, comme le dis le dicton, mieux vaut tard que jamais !!
A + et vivement la suite.....
Rédigé par : Francky 01 | 16/01/2010 à 01:25