35 Interpol - Turn On The Bright Lights (Matador/Labels - 2002)
34 Panda Bear - Person Pitch (Paw Tracks - 2007)
S'il y a quelque chose de stupéfiant dans ce disque, il y a également quelque chose d'apaisant. Et on comprend mieux que Noah Lennox l'ait enregistré pour célébrer la naissance de sa fille. Ces collages hypnotiques transportent sans grands effets, forts d'un balancement propre et régulier qui berce avec bienveillance. Les textures sont complexes, les couches se superposent, les sonorités se mélangent et pourtant une vibration pop traverse constamment la musique de Panda Bear, comme pour rendre le voyage plus rassurant. Esquissant des paysages naïfs et escarpés à la fois, Person Pitch est un mantra doux à l'oreille, presque enfantin, qui se délite à la manière d'une symphonie pour un éveil.
33 Do Make Say Think - Winter Hymn Country Hymn Secret Hymn (Constellation - 2003)
Voyage en trois temps pour un manifeste post-rock aux sonorités jazzy et rustiques. Premier chapitre, Winter Hymn fait parler la puissance de l'ensemble, sur une valse entêtante (Auberge le Mouton noir) et, surtout, sur un thème initial aux montées successives, porté par une basse vibrante et saturée comme rarement (Fredericia). Plus éclaté, Country Hymn tourne autour de séquences où cuivres et bois s'émancipent, sans renoncer à des stratagèmes bricolés, telles quelques variations de volume inattendues. Enfin, Secret Hymn ose le grand saut, embrassant des sonorités plus claires, d'une marotte escarpée (Horns Of A Rabbit) à un final ensoleillé conviant des voix à ce festin sonique (Hooray! Hooray! Hooray!).
32 Low - Things We Lost In The Fire (Kranky - 2001)
"Dans un monde idéal, Low serait le groupe préféré de tout le monde." Signée Mogwai, la phrase fait rêver. Et se dire que dans ce monde idéal, Things We Lost In The Fire serait l'album préféré de tout le monde. Low y est à son sommet, jouant de peu, tournant autour de thèmes hypnotiques et répétitifs, fort d'un magnétisme brumeux et d'une électricité rampante. Le tout renforcé par des cordes (Sunflowers) et des cuivres (Dinosaur Act) toujours discrets, marquant un bref point d'orgue, une coda subtile ou une relance naturelle. Sur ce brouillard instrumental, Alan Sparhawk et Mimi Parker pose leurs voix froides, orpheline de tout pathos et pourtant si expressives, touchant par une inflexion légère, un sursaut à peine perceptible ou quelques mots martelés au ralenti.
31 Elliott Smith - Figure 8 (Dreamworks - 2000)
D'Elliott Smith, on a souvent dit qu'il était le chaînon manquant entre les Beatles et Nick Drake. Plus qu'aucun de ses autres albums peut-être, Figure 8 en est l'incarnation. Fort de nouveaux moyens de production et d'arrangements, le songwriter américain bâtit des morceaux plus touffus, plus profonds, accordant pianos électriques, vocalises douces et six-cordes multiples (Son Of Sam, Happiness). A la manière des quatres de Liverpool. Mais il ne renie pas pour autant la fragilité de ses débuts, cette voix d'ange posée sur un tapis fébrile. Malgré sa grandiloquence, Everything Means Nothing To Me dévoile les fêlures d'un musicien en proie à des maux impalpables. Tandis que You're Just Somebody That I Used To Know fascine par sa limpide mélancolie. Et résonne plus triste encore aujourd'hui.




























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