Ce matin, je me suis levé tôt, comme un jour de rentrée. Et au moment de mettre un disque sur la platine, un souvenir s'est imposé, en ces temps de classements et de nostalgie. The Living Road de Lhasa, grand disque polyglotte et globe-trotter, sorti en 2003.
Un peu plus tard, j'ai allumé mon ordinateur. Et au moment de découvrir les nouvelles du monde, l'une d'entre elles s'est imposée, triste, désespérante. Lhasa de Sela est décédée, chez elle, le 1er janvier. Emportée par un cancer du sein.
Saloperies de coïncidences.
On la savait malade. L'année dernière, elle avait annulé une partie de sa tournée, quelques mois après la sortie de son troisième album. A Montréal, l'automne passé, j'avais parlé d'elle avec quelques personnes. Elles me racontaient son dernier concert, invitée par Patrick Watson. Les yeux brillaient, d'admiration, mais également d'une tristesse profonde. On la savait malade. Et on savait que le crabe ne lâchait pas si facilement prise.
Lhasa laisse derrière elle trois albums, portés par un songwriting délicat et ouvert sur le monde. Si La Llorona révélait une chanteuse aux racines multiples- entre Amérique du Nord et du Sud - The Living Road et Lhasa dévoilaient ensuite une écriture subtile et riche, aussi léchée qu'anguleuse.
Ma préférence va toujours à The Living Road. Et à une chanson, La confession. Mélange d'ironie et de mélancolie, d'effronterie et de contrition. Et son refrain si lucide: "Je me sens coupable, parce que j'ai l'habitude. C'est la seule chose que je peux faire avec une certaine certitude."
Lhasa - La confession




























C'est moche...
Rédigé par : Yavin | 04/01/2010 à 15:04