Pendant que beaucoup découpaient la dinde, Vic Chesnutt mourait. Dans le coma suite à des circonstances encore floues, le songwriter américain est décédé le jour de Noël, à 45 ans. Et même si ces dernières semaines la planète médiatique locale a vécu au rythme des bulletins de santé de Johnny Hallyday, ne vous attendez pas à découvrir de grandes nécrologies consacrées au musicien d'Athens, Géorgie.
Chesnutt laisse pourtant derrière lui une carrière et une oeuvre remarquables. Découvert au début des années 90 grâce à une compilation hommage (Sweet Relief II: Gravity Of The Situation) et au parrainage de Michael Stipe - qui produit ses premiers albums -, Vic Chesnutt enchaîne albums et tournées, aux Etats-Unis comme en Europe. Son folk à vif, sa voix fragile et éraillée à la fois, et le magnétisme qu'il dégage sur scène imposent le musicien paraplégique comme l'un des songwriters marquants de l'époque.
Reste qu'après ce succès inattendu, Chesnutt disparaît des radars, publiant toujours des albums, mais sans la reconnaissance passée. Encore une fois, il devra son salut à l'amour et l'admiration d'autres musiciens. En 2007, l'album North Star Deserter enregistré aux côtés de membres de Silver Mt. Zion le ramène en pleine lumière. Suivront, notamment, des collaborations avec Jonathan Richman et Elephant Six.
Pour ma part, je me souviens aujourd'hui de Is The Actor Happy?, l'album qui m'avait fait découvrir Chesnutt. Je pense à certains amis, fans touchés au coeur parc chacun de ses concerts. Surtout, je me remémore son concert de novembre 2007, au Fri-Son de Fribourg. Là, devant une assistance clairsemée, le songwriter américain avait offert une prestation poignante et tendue à la fois, plus rock que jamais, presque abrasive. Dans la salle, les souffles étaient coupés. Et si le public n'avait pas répondu présent en masse, on pouvait reconnaître des spectateurs de tous âges et de tous horizons, fans des premières heures, anciens programmateurs de salles ou passionnés plus juvéniles. Tous avaient fait le voyage pour voir ou revoir Chesnutt sur scène, sûrs d'y trouver une émotion forte, brûlante, étouffante. Celle-là même qui m'étreint aujourd'hui.
Vic Chesnutt - You Are Never Alone
EDIT: Afin d'aider la famille de Vic Chesnutt - à qui incombent les frais d'hospitalisation du chanteur et la cérémonie funèbre - l'ex-chanteuse des Throwing Muses Kristin Hersh a ouvert un site pour récolter des dons.


























Bel hommage, Christophe. Je déteste Noël...
Rédigé par : François | 27/12/2009 à 01:14
Eh non, pas de grandes nécrologies... mais signalons tout de même un article dans le Matin Dimanche: "considéré comme l'un des meilleurs chanteurs de blues actuel" (sic)
Rédigé par : A. | 28/12/2009 à 18:08