Par Samuel
Extrait de Rolling Phones
Par tous les saints ! Les Choristes proprets, fluets et chiants de Gérard J. se sont déguisés pour Halloween. En s’en retournant du Costume shop, ils sont tombés sur quelques Polyphonic Spree –qui trainaient avec un Arcade Fire tout ébouriffé et ce qui ressemblait à un Panda Bear (un peu crado il faut bien le dire).
Tout ce petit monde voulait aussi gentiment s’encanailler.
Extraits du carnet intime du petit Jean-Baptiste M.
Mercredi: J’ai écouté un groupe qui chantait pas français hier avec tonton J. Les biteules. Je connaissais pas. Mais c’était toujours mieux que ce qu’il me forçait à chanter l’autre fois. On a écouté les premiers morceaux qui parlent d’amour et de filles m’a dit Tonton J. en s’agitant un peu. C’est joli. Et ya pleins de chœurs qui font tadadabala, de soleil et de bonne humeur.
Jeudi: Tonton J. est parti. Je suis content. Il a laissé les disques des biteules. En fait ça s’écrit Beatles dessus. C’est bizarre. J’ai écouté plus loin et yavait des morceaux qui faisaient un peu peur. Alors j’ai arrêté. Maman est arrivée. J’ai caché les disques.
Vendredi: aujourd’hui on doit manger du poisson à la maison pour faire plaisir à Jésus je crois enfin moi j’ai jamais vraiment compris pourquoi même si on m’a expliqué souvent de toute façon le poisson c’est pas bon alors juste après manger je suis sorti acheter des chips et c’est là que j’ai rencontré Emily pour la première fois. Elle était habillée avec une longue robe rayée et elle avait le regard noir. Elle m’a dit qu’elle allait jouer vers le cimetière. Je suis vite rentré à la maison mais je pensais à elle. Je me suis enfermé dans la chambre. J’ai mis un disque des Beatles. Sur la pochette yavait un type qui ressemblait à Jésus.
(Les pages suivantes ont été déchirées puis recollées assez grossièrement. Certains mots ne sont pas lisibles)
Samedi: Tonton J. est passé (encore) à la maison. Il a pas été gentil avec moi. Il fait toujours –mots raturés- quand maman est pas là. D’habitude, de dis rien. Là je sais pas je suis devenu –mots effacés- violent. Je voulais lui trancher sa sale gorge de –mot illisible-. Alors je suis parti en courant. C’est bizarre je suis allé au cimetière sans réfléchir. Comme si j’avais été téléguidé. Ou si j’avais été sur les rails d’un train fantôme. Sauf que je n’avais plus peur.
Dimanche: Je crois qu’on est dimanche. Mais je sais pas. Si on est dimanche je suis pas allé à l’église. C’est pas grave. Je crois. Je me suis réveillé sur l’herbe épaisse et humide, entre deux tombes assez belles. Je n’ai pas froid. La nuit était belle. J’ai revu la petite fille. Elle avait amené plein d’amis. On entendait une musique mais on savait pas d’où elle venait. Et là on s’est mis à chanter. Des tambours, des tourbillons, des feux d’artifices. C’était un peu comme quand Tonton J. m’emmenait à la chorale. Mais en mieux. Mes amis avaient des têtes bizarres, des habits un peu trop longs, et les yeux avec du noir. Ils avaient l’air super sérieux mais en fait pendant qu’on chantait à tue-tête on se regardait un peu et on sentait qu’on était heureux. C’est bizarre aussi, je parlais anglais, in the magic of life, after death.




























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