Par Adrian
Comme aurait pu le chanter le plus ex-ex-moustachu des chanteurs pour enfants: "pour faire un album de l'année, qu'est-ce qu'il faut, qu'est-ce qu'il faut?". Ni guitare ni crayon, les trois ingrédients pour réussir sa cuvée 2009 sont:
1) être une formation de trois personnes
2) être de même sexe
3) avoir des claviers. beaucoup de claviers
Premier cas de figure: alors que leurs précédents albums ressemblait à du Electrelane pour collégiennes, le nouveau-né d'Au Revoir Simone, Still night, still light dévoile des facettes inattendues qui vont en s'améliorant d'écoute en écoute. Comme issues d'une bande-son oubliée pour Sofia Coppola, les mélodies simplistes s'avèrent plus accrocheuses que celles des opus antérieurs, glorifiées par des arrangements bien plus posés auxquels nous ne pourrions reprocher qu'une boîte à rythmes parfois trop simpliste. Difficile de ne pas tomber sous le charme des nouvelles coqueluches de David Lynch (qui, honneur, signe leur clip pour Shadows).
Deuxième cas de figure: on savait le trio Medeski, Martin & Wood figurant parmi les plus productifs de l'univers jazz actuel. Non contents d'enregistrer deux albums en 2008 (l'amusant Let's go everywhere ainsi que Zaebos: The Book of Angels, Vol. 11 chez Tzadik), les trois new-yorkais accouchent cette année de la trilogie Radiolarians (vendue également sous forme d'un box au contenu bien trop dense pour figurer sur ces quelques lignes). Hammonds, clavinets, mellotrons et autres claviers s'entrechoquent avec fracas dans une gigantesque bouillabaisse funk-rock-free-nu-jazz, réussissant là où les Beastie Boys s'étaient cassés les dents avec leur trop sage instrumental The Mix-Up: des riffs accrocheurs, une redoutable section rythmique et une maestria instrumentale qui continuent à explorer les sentiers musicaux ouverts par l'indispensable End of the world party (just in case).
Au Revoir Simone
Still Night Sill Light
V2/Universal


























Bien que je sois passé à côté du MM&M, la sortie du nouveau Au Revoir Simone m'a également marqué par sa qualité. Ma foi, on se refuse pas à trois mignonettes!
Rédigé par : Yavin | 29/12/2009 à 10:50