Drôle d'année, non? Blur a triomphé avec une mini-tournée de reformation sur ses terres tandis qu'Oasis se séparait avant un concert parisien. Alain Bashung a tiré sa révérence, l'hommage fut respectueux. Michael Jackson est parti sans prévenir, la folie a gagné la planète. Des milliers de Moonwalk à travers le monde alors qu'on n'a vu personne dans le Vercors, sauter à l'élastique.
Drôle d'année, non? Bon Jovi a chanté pour les vingt ans de la chute du mur de Berlin, scellant la victoire finale du néo-libéralisme, jusqu'à faire regretter le Wind of Change de Scorpions. Lou Reed, lui, a arrêté de reprendre Berlin, lui préférant un corbeau, Bruce Springsteen s'est replongé dans Born To Run et les Pixies dans Doolittle. The Stone Roses a 20 ans et Paul's Boutique aussi.
Drôle d'année, non? Le meilleur album de l'année a été élu en janvier (Merriweather Post Pavilion d'Animal Collective), le meilleur nouveau groupe en août (Them Crooked Vultures) et l'événement de l'année prochaine salué en octobre (la reformation de Pavement). Sans surprise, la fin du monde est annoncée pour 2012, puisque tout va toujours plus vite, et internet n'y est pour rien cette fois.
De bégaiement en oubli, de célébration en accélération, 2009 a incarné jusqu'à la caricature le rythme d'une époque. Toujours plus vite, toujours plus large, toujours plus loin. Toujours plus, tout simplement. On lit, on écoute, on partage, on télécharge, mais on ne sait pas toujours digérer. Surtout, on oublie parfois d'aimer. On consomme plus qu'on déguste. Le consommateur de la fin des années 90 s'offrait une compile des derniers tubes en vogue et l'oublierait derrière un meuble 3 mois plus tard. Le consommateur de la fin des années 00 downloade le dernier album à la mode et l'oublie sur le bureau de son ordinateur dès les semaines qui suivent.
Au moment où la plupart de mes confrères déroulent leurs lacunaires tops des années 2000, j'ai décidé de ne rien changer au fonctionnement habituel de ce blog et de ne pas oublier 2009 tout de suite. Décevante en apparences, l'année qui se termine l'est moins quand on se replonge dans ses disques ou ses fichiers. Certes, pas de claque comme le furent Bon Iver, Portishead, Antony and the Johnsons, Arcade Fire ou encore Patrick Watson ces dernières années. Mais des disques qui s'installent sur la platine, vers lesquels on revient périodiquement ou qui se révèlent au hasard d'une énième écoute. De quoi suffire aux dilemmes et aux arbitrages nécessaires au moment de façonner un top. Une activité bien puéril, je le concède, mais finalement utile, histoire de donner un sursis à une cinquantaine de beaux disques avant qu'ils finissent dans l'oubli contagieux de l'époque.
A suivre dès demain sur ce blog et jusqu'au 24 décembre.
AVIS AUX LECTEURS: Petit rappel en passant, les candidatures sont toujours ouvertes pour vos chroniques et l'opération A vos claviers. Vous avez jusqu'au 10 décembre pour me faire parvenir votre texte consacré à votre album coup de coeur de l'année. Et faire mentir ce constat: en 2009, mes statuts Facebook auront récolté 50 fois plus de commentaires que mes articles sur ce blog, qui ont eux-mêmes récolté 50 fois plus de réactions que mes articles dans L'Hebdo.
Et pour ceux qui n'auraient pas le clavier facile - et les autres aussi - un seul clic vous permettra de voter pour votre album de l'année. Rendez-vous ici.


























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