Enfin libres! Après un premier album mitigé, les Américains de Apse s'émancipent des nappes post-rock pour retrouver le brin de folie de leurs premiers EP et de leurs prestations scéniques.
Apse - The Whip
De là à dire que j'attendais le groupe au tournant pour son second album, il y a un pas que je franchirai gaiement. Un transfert sur ATP Recordings plus tard, revoilà Apse plus à la hauteur des attentes. Réduisant la voilure - la durée des pistes est divisée par deux - les Américains retrouvent l'éclectisme de leurs débuts, domestiquant toutefois leurs multiples envies, creusant un sillon pop obscur et mouvant.
Travaillant sur un format chanson plutôt qu'atmosphérique, Apse renoue avec le souffle de titres comme Marrer ou Keep, issus de son premier EP. Voix trafiquées, rythmiques ominprésentes, basse et synthés en colonnes vertébrales et guitares tranchantes, l'ensemble varie les tempi et les ambiances sans perdre sa cohérence. Jusqu'à évoquer plus que jamais Radiohead, notamment quelques faces B période Amnesiac, récemment rééditées par EMI (en tête Kinetic et The Amazing Sound Of Orgy), à la manière de The Whip, premier extrait tiré de Climb Up, plongée à l'urgence palpable dans une pop hantée et sur le fil, où la basse relance la machine à mi-parcours.
Sans forcément innover, ce second album de Apse rend enfin justice au talent du groupe américain, orfèvre dans ses compositions, sûr dans ses choix. Les échos de certains groupes se font bien sûr entendre, mais ici le voisinage ne confère pas au mimétisme. Apse a choisit une veine à creuser plutôt que d'embrasser un champ trop large et parvient tout à fait à tenir le cap sur la longueur d'un album aussi atypique que familier.


























Cet extrait me fait furieusement penser à du Shellac...
Rédigé par : Mathias | 17/11/2009 à 15:27