Le diable dans les détails Ne pas se fier au classicisme de la pochette: Tindersticks se cherche encore et oublie de se brider sur ce premier album essentiel.
En vacances, donc, j'aime bien chiner chez les disquaires des villes que je visite. En l'occurrence, cette fois, il s'agissait de Lisbonne. Et j'ai eu le plaisir d'y retrouver un magasin découvert il y a trois ans, lors de mon premier passage, Carbono. Au menu, des occasions à prix variables, du CD au vinyle, en passant par le DVD et autre publication pirate. Une petite mine d'or où il fait bon se perdre, surtout lorsqu'on ne cherche rien en particulier. C'est souvent là que se terrent les plus belles surprises.
Dans le bac à vinyles, j'ai ainsi mis la main sur un petit Graal perso: le premier album de Tindersticks. Non que la pièce soit rare, elle apparaît fréquemment sur eBay, Discogs et autres grenier du web. Le problème, c'est que c'est toujours à prix fort. Ce qui n'est pas le cas de Carbono.
Me voici donc de retour en Suisse avec sous le bras un pressage original d'un des milestone de ma petite vie de mélomane. Le souvenir d'un concert vu par hasard à Paléo - merci Lou Reed de m'avoir fait tourner les talons à la Grande scène - d'un coup de foudre inexpliqué, du seul disque disponible dans la boutique du festival, d'une piste 12 rayée à force de revenir trop souvent (Jism pour ceux d'entre vous qui ne connaîtraient pas cet album).
Le souvenir surtout d'un disque fourre-tout, premier chapitre mal peigné d'une discographie qui tirera ensuite vers le classicisme puis l'épure, sans qu'on s'en plaigne forcément. Mais ce premier album! 21 chansons - 22 sur la version vinyle - près de 80 minutes au compteur et un éventail aussi riche que varié. Pop-songs sautillantes (Nectar, Patchwork), spleen étiré (Raindrops, Jism), coups de sang enlevés (Her) ou bruitistes (Milky Teeth), instrumentaux en vrac (Fruitless, Tea Stain), miniatures hachées (Sweet, Sweet Man, morceau découpé en trois parties) et contre-pied final (le baroque The Not Knowing) composent un tableau fidèle d'un groupe sous influence mais surtout en quête. On pense à Nick Cave et Lee Hazlewood, bien sûr, mais on sent également la personnalité d'un groupe encore brouillon, dont le génie se cache dans l'excès et qui ne sait pas encore quelle voie privilégier.
A le redécouvrir à l'aune d'un vinyle aux craquements gourmands, la fraîcheur éternelle de ce premier album éclate à nouveau. Loin de la perfection feutrée de Curtains ou de la maîtrise formelle de Tindersticks II, ce premier chapitre de l'histoire de Tindersticks possède un charme fragile et assuré à la fois que peu de premiers albums du genre (pensez aux débuts de The National) peuvent se vanter d'avoir. Jusqu'à en faire un incontournable pour Panthéon personnel à défaut de lui offrir une reconnaissance critique réelle.


























jétais aussià Lisbonne il y a peu, et je suis complètement passé à côté de Carbono. Dommage. La prochaine fois je saurai...
Rédigé par : François | 26/10/2009 à 21:12
Salut.
C'est vrai que Tindersticks est un immense groupe et son premier album une pépite. Mais leur chef d'oeuvre, leur Everest musical est quand même "Curtains".
Moi aussi j'aime bien flâner dans les boutiques de disques des lieux où je vais en vacances. On y dégotte toujours, comme toi avec cet album, de petites perles....
Rédigé par : Francky 01 | 08/11/2009 à 11:54
Tindersticks vient d'ailleurs d'annoncer la sortie de leur 8ème album studio, intitulé "Falling Down A Mountain", qui sera dans les bacs dès le 25 janvier.
Communiqué du groupe:
"Our last album, The Hungry Saw, was our first in five years. We didn’t really know what to expect on its release; we had just six concerts booked, and everyone was a little nervous…
That was April 2008. The success of those concerts, including the Royal Festival Hall in London and the Folies Bergere in Paris, took us all by surprise and led to seventy more shows in Europe and the US - ending with a beautiful summer’s evening headlining The Serpentine Sessions in Hyde Park in July of 2010.
In our ‘downtime’, we have scored 2 film soundtracks for Claire Denis: the much loved and critically acclaimed 35 Shots Of Rum and, due for release in the new year, White Material, which stars Isabelle Huppert. Somewhere during that time, we were also commissioned to create the music for the Louis Vuitton summer collection in Paris.
From those nervous beginnings a new unity and sense of direction grew. Where once our touring days were spent hanging around, killing time, now we found ourselves cobbling together acoustic rehearsals for new ideas in dressing rooms and venue corridors. There was a growing need to explore and we quickly started working in the studio.
Very soon this work became Falling Down A Mountain, our eighth studio album. Recorded at the band’s own Le Chien Chanceux studio in rural France and at ICP in Brussels between May and July 2009 and mixed at Le Chien’ in September and October.
With hindsight, The Hungry Saw now seems like an album made within the confines of what we knew; in making Falling Down A Mountain those boundaries became irrelevant.
The title track was borne out of a collection of moments; a dreamed idea recorded into a mobile phone in the night evolving into a spontaneous recording with the band, Terry Edwards’ trumpet (we didn’t play him the song, just gave him some clues, ran the tape and he played into the silence), singing with David Kitt and his great overdubbed guitar… All, more or less, made in one or two takes. Sometimes you just get lucky.
From the dream of building Le Chien’ three years ago, this is the first recording that gets close to what we have been looking for and gives all the effort some meaning.
The album ran on from there in many different directions, but always with a shared feeling between all the musicians and a sense of discovery towards the ideas. Highlights were many and varied: singing a duet with Mary Margaret O’Hara; new additions to the group in the shape of Earl Harvin (drums and vocals) and David Kitt (guitar and vocals) brought with them new colours to the music, and their voices combining with bassist Dan McKinna’s realised a long dreamt of “vocal section” within the band. In addition, Jo Fraser and Andy Nice, who have played a big part in our soundtrack work, provided some great flute and cello moments.
We hope you enjoy."
Rédigé par : Yavin | 13/11/2009 à 08:55