Junk pop Premier album en six ans pour Daniel Johnston, fou chantant version texane qui ose le grand écart entre production "ambitieuse" et charme lo-fi.
Daniel Johnston - Freedom
C'est marrant, ces derniers temps, tout le monde veut faire lo-fi. Et finit joli. The xx qui se prend pour Young Marble Giants, Vampire Weekend qui bricole façon Disney Club ou encore l'armada de folkeux bien peignés qui rêveraient de sonner comme l'ami Vieux jambon. Fatalement hors-mode, voilà pourtant que déboule Daniel Johnston, pour son premier album original depuis six ans, qui a choisi, lui, de mettre un poil de production dans son bordel pop-folk... et lo-fi.
L'album s'appelle Is And Always Was, histoire de bien prévenir que rien n'a changé, que ça a toujours été comme ça. Pas besoin de sous-titres toutefois, les amateurs du fou chantant du Texas s'en rendront compte après 30 secondes déjà. Si Mind Movies démarre sur les chapeaux de roues - entendez par là avec un son normal - dès le premier couplet on reconnaît l'ami Daniel et son phrasé (papier) mâché. D'une certaine manière, on est ici face à l'effet pop inversé de la vague actuelle: un musicien mal peigné qui mettrait un peu de gel pour lutter contre l'une ou l'autre mèche rebelle. Rien à voir avec le gel effet Out of bed dans lequel la nouvelle génération trempe ses cheveux.
Pour peu, on verrait presque un discours du type dans Fake Records Of Rock And Roll , l'un des meilleurs titres de l'album. Mais ce serait mal connaître Daniel Johnston. Qui ne connaît d'ailleurs sans doute pas les gringalets cités plus haut. Et préfère John Lennon.
Passé ces quelques considérations, Daniel Johnston reste surtout un grand songwriter. Et ne perd pas le Nord - ou ne le retrouve pas, c'est à voir - sur ce nouvel album, tour à tour touchant (le naïf Queenie The Doggie), réjouissant (l'excellent Freedom), poignant (le bouleversant Light Of Day en fin de parcours) ou étonnant (l'étouffant Is And Always Was, incursion rock noire et noisy intattendue). Epaulé par la production de Jason Falkner (Beck, Air, Paul McCartney), Johnston se donne les moyens de ses ambitions, sans perdre son originalité. Enfin, sa personnalité. Jusqu'à donner à Is And Always Was l'apparence d'un musée consacré à l'art brut: un écrin familier rempli d'oeuvres sans concession.


























Belle découverte pour moi, merci!
Rédigé par : Kiri | 12/10/2009 à 15:55