Il y a quelques années, dans une interview, Kim Gordon disait
craindre de voir disparaître le format album. A l'heure de la
dématérialisation et du téléchargement piste par piste, comment
imaginer la survivance d'un format imposé par les supports successifs -
le 33 tours et ses 40 minutes et quelques, le CD et ses 70 minutes et
quelques, le disque dur et ses 50 jours et quelques... A tel point que
nos amis les Beatles - enfin, les 2 survivants et les héritiers -
refusent encore la conversion en MP3 de leur oeuvre, par peur de
l'éclatement MP3 par MP3 au détriment de sa logique d'album en album
(ou alors pour mieux préparer la numérisation de leur catalogue,
agendée au choix au 10.10.10, 11.11.11 ou 12.12.12).
Ceci dit,
Macca, Ringo, Gordon et les autres avaient peut-être tort de s'en
faire. Alors qu'il y a deux ans on en venait presque à imaginer la
signature de contrat song by song - ou sonnerie de portable by sonnerie
de portable - l'album revient à la mode. Et s'est trouvé un nouveau
support: la scène. Mais là encore, les gros sous remplacent l'idéologie.
Au
début, pourtant, tout partait d'un bon sentiment, quoiqu'un peu
grotesque. David Bowie se prenait pour Ziggy Stardust et crevait sur
scène chaque soir. Roger Waters jouait au maçon durant la première
partie de son set, puis au Berlinois un soir de novembre 1989. Quant à
Wire, ils avaient le bon goût de lâcher un sec "B Side" au moment
d'entrer dans la seconde partie de leur album reproduit sur scène.
Comme
une forme de résistance au tout numérique, la coutume a repris au XXIe
siècle avec, notamment, les "Don't Look Back" du All Tomorrow Parties.
Belle and Sebastian chantonnait pour ceux qui se sentaient sinistres,
Slint nous emmenait au pays des araignées et Sonic Youth ressuscitait
une nation prompte à rêvasser. Mais voilà, le succès grandissant de la
pratique a donné des idées à d'autres. Aujourd'hui, Bruce Spingsteen
rappelle qu'il est né pour courir et que vous aussi, du moins jusqu'au
prochain stade où il s'arrêtera. Car si les jambes - et le
porte-monnaie - étaient fatiguées pour sa dernière tournée, l'événement
devrait suffire à réveiller le marathonien qui sommeille en chaque fan
du Boss.
Tout ça sans parler du retour plus "physique" encore de
l'album. Du vinyle 180 grammes au double CD deluxe avec remastering,
chutes de studio et plus encore, la conscience écologique semble se
dissoudre dans la perte de sens du terme "album mythique". En clair, on
réédite tout et n'importe quoi, du moment que c'est un album avec un
début, une fin et son ventre mou au milieu.
Finalement, on
repense à Kim Gordon et on regretterait presque qu'elle soit meilleure
bassiste que prophète. Cela aurait permis de faire un peu de tris dans
ces kilos de CD qui sortent - ou ressortent - chaque semaine. En
attendant la réédition deluxe du premier album des Soup Dragons et la
reformation d'EMF le temps d'un "Schubert Dip Tour", on réfléchira à
deux fois peut-être avant de défendre le vieil album face au peloton
d'exécution.
Allez, je ne vous demande pas de reconnaître les cinq garçons ici en photo, mais trois au moins quand même, dans ce nouveau groupe qui fait buzzer le web. Indice, chez vous: ce ne sont pas Them Crooked Vultures.
Do Make Say Think Quatre mots pour un acronyme qui pèse plus que jamais sur un cinquième album à quatre pistes: "Do", "Make", "Say", "Think". CQFD? Non, voyons, DMST.
2009 serait-il un bon cru pour Constellation, après quelques millésimes en dents de scie? Peut-être bien. Après l'étonnant premier album de Clues (un ex-Arcade Fire et un ex-Unicorns pour un folk lo-fi, tendu et épique) et le tout frais nouveau Vic Chesnutt (toujours accompagné des chevelus de Silver Mt. Zion, un poil plus apaisé mais toujours aussi aiguisé), préparez-vous à découvrir le cinquième chapitre de Do Make Say Think, l'autre formation acronyme de la maison après GYBE! (eux c'est DMST). L'autre grand orchestre post-rock aussi.
Toujours attendu depuis ses débuts, jamais décevant et parfois fantastique - sur scène ou sur le monumental Winter Hymns, Country Hymns, Secret Hymns - le groupe de Toronto surprend et ne surprend pas à la fois, sur ce nouvel album intitulé Other Truths, mais dont les quatre piste reprennent métronomiquement les quatre termes fondateurs Do, Make, Say, Think. Do évoque d'ailleurs quelques structures et subterfuges entendus plus tôt. Une montée initiale qui rappelle Federicia sans la basse saturée plus loin. Un jeu de volumes soudain, comme si l'on tournait le bouton des amplis vers le haut puis vers le bas, qui renvoie à la partie médiane de Winter Hymns, Country Hymns, Secret Hymns.
Passé ce démarrage familier, Do Make Say Think étonne, avec Make, piste totalement atypique dans la carrière du groupe. Certes, on retrouve quelques éléments entendus plus tôt - des voix en choeurs, une basse portant la mélodie - mais l'agencement diffère, jusqu'à donner l'impression d'une pièce à tiroir. Quant au son, il explore de nouveaux spectres également, en territoires new-wave par instants (la basse aqueuse), les voix magnétiques (merci aux amis d'Akron Family et Lullabye Orkestra).
Le ton est donné avec ce morceau pour une suite du même tonneau sur Say et Think. Do Make Say Think y trouve une vitesse de croisière aussi familière qu'étonnante: une sorte de synthèse reconstruite,.Un puzzle maison où l'on garderait les mêmes aliments (cuivres, guitares contemplatives, percussions jazzy, breaks contre-breaks) mais en en changeant l'ordre histoire de trouver de nouvelles saveurs. Pas étonnant dès lors de découvrir un premier extrait sous forme de mix mélangeant les quatre parties de l'album en une seule piste. De quoi vous donner envie de goûter un peu de ce Do Make Say Think nouveau avant sa sortie mi-octobre. Et oui, j'en parle tôt, mais vous me pardonnerez cette anticipation pour mon retour aux affaires. Et j'en profite ainsi pour vous glisser les dates de concert du groupe près de chez vous cet automne: le 29 à Düdingen (Bad Bonn), le 30 à Dijon (Novosonik Festival), le 31 à Paris (Maroquinerie), le 1er (novembre) à Nantes (Soy Festival) et le 2 (novembre toujours) à Toulouse (Kleo).
Do Make Say Think Other Truths Constellation/Irascible
Un petit bijou pop de saison - rééditions casses-crousilles obligent - en attendant de reprendre les affaires en mains et de disserter sur une rentrée automnale qui aura la lourde tâche de compenser une première moitié d'année peu excitante musicalement parlant...
Après le Canada, me voilà de retour de Berlin. Et c'était bien. Mais bon, faudrait penser à relancer la machine par ici. En attendant un peu d'action, une vidéo un brin teutonne.
La lalala lalalaFin de concert et hymne imparable pour Clues, l'une des belles découvertes du Festival des musiques émergentes d'Abitibi-Témiscamingue.
Vous vous en doutez, mon passage au FMEAT ne se limitait pas à faire joujou avec mon iPod et à écouter des disques dans l'avion. Je suis aussi aller voir des concerts (oui, je dis voir, n'en déplaise à Christophe Gallaz, choqué de ce que les gens aillent voir des concerts plutôt que les écouter). Et le moins que je puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu par la scène québécoise, malgré le décalage horaire.
Mercredi
Et pourtant, les choses avaient mal commencé avec le concert de Alfa Rococo, sorte de mélange entre le pire des eighties niveau mélodies (Indochine, Lio, Partenaire particulier) et le militantisme démago de Tryo dans les textes. Oui, j'exagère un peu, mais pas tant que ça. Heureusement, Ariane Moffat relève le niveau de cette première soirée en extérieur - froide, malgré les nombreux Québécois en T-shirt. Varié et dynamique, son show rend justice à son récent troisième album Tous les sens. Entre ritournelles tubesques (en tête Je veux tout) et compositions plus léchées (La fille de l'iceberg), Ariane Moffat parvient à insuffler un brin de pop à un univers de chanson, à la manière d'une Camille qui respecterait un peu mieux les formats canoniques.
Jeudi
Après cette soirée de mise en bouche, le festival semble bien lancé. Une impression confirmée par les Français Montgomery, l'un des quelques groupes étrangers invités au festival. Depuis leur premier album, les Rennais ont fait du chemin. Leur pop-rock carré et puissant fait mouche et leur manière de manier le français fonctionne aussi bien que... leurs hôtes québécois. Une posture plus efficace que leurs cousins ontariens Hollerado, perdus dans un rock poussif et désuet, évoquant des nineties mal digérées. De quoi réveiller mon jetlag mal digéré et me pousser à l'hôtel, tandis que débute le concert de Xavier Caféine, étrange mélange entre un punk, un rasta et quelques rockers bons teints.
Vendredi
Un repos fort utile pour le marathon du lendemain, ouvrant un week-end gargantuesque. Vu dans un café en fin d'après-midi, Le Roi Poisson se défend bien, mais sans grande originalité. On attendra donc Malajube pour le coup d'éclat. Et on reste sur sa faim... Malgré un Labyrinthe ambitieux et réussi - imaginez Muse en français et sans le gras - le groupe montréalais peine à trouver son rythme sur scène. L'interprétation est hésitante, manque de tonus et l'enchaînement des titres est décousu. Heureusement, le final rattrape l'affaire et accentue les regrets. Un soir sans pour Malajube, dommage. Mais la soirée se poursuit au Cabaret de la dernière chance - haut lieu nocturne de Rouyn-Noranda où on se sent obligé de boire une Fin du monde - avec le concert d'un tout nouveau groupe, For Those About To Love. Un combo formé par trois anciens de The Dears. Et ça se sent. A la manière du groupe montréalais, For Those About To Love varie les ambiances. Démarré sur les chapeaux de roue, le concert prend ainsi une tonalité pop soudaine, avant de plonger dans une lenteur lancinante qui évoquerait presque quelques corbeaux new-wave. Le tout en alternant les voix au micro et les instruments (le batteur aime bien la guitare aussi et vice et versa). Malgré quelques baisses d'intensité, la sortie convainc, de même que le premier album du groupe, offert en MP3 aux spectateurs venus avec leur iPod (chapeau bas les gars). Clou de la soirée, Clues (on admire le jeu de mots) boucle la boucle en beauté. Emmené par un ancien Unicors et un ancien Arcade Fire, le groupe signé chez Constellation parvient à merveille à alterner rock barré et refrains pour pub. Le public du Cabaret de la dernière chance ne s'y trompe pas et braille en choeur le "la lalala lalala" de Ledmonton, hymne rugueux et lo-fi que ne renierait pas le grand frère Arcade Fire. Même court, le set frappe fort et ponctue un vendredi soir d'exception (marqué aussi par Patrick Watson, malheureusement programmé à la même heure que Malajube... il faut faire des choix parfois).
Samedi
L'après-midi ensoleillée invite à la farniente au soleil. Et ça tombe bien puisque la presqu'île de Rouyn-Noranda accueille un Piknic Electronik. Démarré calmement aux sons de Williamson et Pax Kingz, l'événement trouve sa vitesse de croisière avec l'entrée en scène des trois électroniciens Le Matos. Arborant des costumes vintage en noir et blanc évoquant Devo relooké par Zara, le trio fait enfin se lever les festivaliers oisifs grâce à une electro-pop euphorisante. Acmé du set, leur remixe du hit Comme des enfants de Coeur de pirate remporte les suffrages. Un rendez-vous m'empêchera toutefois de poursuivre le Piknic et de découvrir les prestations de Poirier (ex-Mutek) et Omnikrom. Cet apéritif électronique tranche avec l'ambiance feutrée du Paramount, où la soirée s'annonce pop/folk et prometteuse. Premier venu, Berithan Berio rappelle Patrick Watson par ses atmosphères complexes et oniriques. Seul hic, là où le prodige de Montréal fascine par sa concision et sa légèreté, Berio se perd dans les méandres de sa virtuosité. A tel point que ses meilleurs moments sont ceux où il s'essaie au blues, oubliant ses tics de jazzman et les interminables soli offerts à chaque instrument. Un excès démonstratif dont on accusera pas Fearthership. Honnête combo pop-folk, le quintet québécois essaie beaucoup, mais réussit peu encore. Les ambiances post-rock que tente de créer le guitariste se perdent dans une pop trop sage, emmenée par la guitare acoustique. Au final, Feathership a les armes pour avancer, mais ne maîtrise pas encore leur maniement. Tout le contraire de Thus: Owls, groupe montréalais porté par une chanteuse suédoise. Onirique, flirtant avec quelques ténèbres esthétiques, sa musique dégage une atmosphère captivante dans laquelle on se perd sans regret, grâce à la qualité des arrangements qui parent ce magnétisme. Dificile après ça de rentrer tout à fait dans les derniers concerts du jour, du côté de la scène des Patriotes. Reste que Lake Of Stew et Left Lane Cruisers offrent un beau numéro d'americana local, les guitares rugueuses, la voix rauque à la manière d'apprentis Tom Waits.
Dimanche
Dernière soirée et éclectisme roi pour le FMEAT. Sur la droite, le metal est à l'honneur. Sur la gauche, c'est le hip-hop qui triomphe. Et au milieu, du jazz. Etonnant, non? Fatigué par quatre jours intenses, je choisis la voie du milieu et découvre le pianiste Oliver Jones dans un Paramount pris d'assaut et suffocant. Classique, virtuose et feutré, son trio assure, sans s'écarter des voies balisées du genre. Rien de grave tant l'ambiance de fin de FMEAT respire une énergie bon enfant, digne de ce public parmi les meilleurs côtoyé en plusieurs années de festival. L'émotion est là. Et pour la briser - ou la tordre un brin - rien de mieux qu'un dernier tour au Cabaret de la dernière chance pour le show de Radio Radio, fiers représentants de la scène hip-hop... acadienne. Si les Québécois avouent saisir 30% des paroles, votre serviteur se contentera d'un maigre 2%. "Lève les mains en l'air", "Y a de la place en masse dans mon jacuzzi" (prononcer djacoudzi) et... c'est à peu près tout. Pas grave tant les instrumentations de Radio Radio suffisent à faire passer la pilule acadienne, oscillant à merveille entre hip-hop old school et virées électroniques en vogue. Comme des TTC qui auraient oublié de prendre le melon et de se la jouer Daft Punk 7ème degré, par exemple. Une manière originale et finalement bien sentie de terminer ma virée québécoise, heureux d'avoir découvert un festival de qualité porté par un public et des organisateurs à la passion exeptionnelle.
Rendez-vous était pris Chez Bob, pour une iPod Battle de début de dimanche après-midi. Seul hic, je me retrouvais sans coéquipier. Et sans grandes connaissances de ce genre de joutes. Pas grave. En quelques minutes le principe m'est expliqué - un match, deux équipes, quatre extraits de 60 à 90 secondes en mode ping-pong, le tout réglé à l'applaudimètre - et quelques minutes après me voici plus riche d'un coéquipier, un jeune homme de Montréal venu à Rouyn-Noranda pour le FMEAT et responsable d'un label electro nommé Musiques Nordiques.
Un peu mieux armé pour affronté la foule du café, je donne mon meilleur sur scène, un peu tremblant, soutenu par ce coéquipier bien inspiré. C'est lui qui choisit de lancer le "toune" imparable de Clues Ledmonton - et son refrain digne d'une tribune de supporters, "la alala-lalala lalala-lalala lala-lala" - oui qui me conseille d'opter pour le 100% VIP de Katerine plutôt que pour son Louxor j'adore. Las, malgré ces deux tubes plus un Take Me Out passé à la sauce Daft Punk et un Too Many DJs de circonstance, notre team s'incline à l'applaudimètre. Les Européens n'étaient pas encore dans la place. Et nos vainqueurs reconnaîtrons même que nous aurions dû l'emporter.
Les espoirs du Vieux continent reposent donc sur la paire formée par Kem (Eurockéennes) et Alex (Dour). Porté par des compagnons de voyage déchaînés, les deux programmateurs s'offrent un boulevard jusqu'en finale, n'hésitant pas à lâcher du ABBA et du Michael Jackson pour écraser la concurrence (sur la photo ici un trio emmené par le producteur de Coeur de pirate). L'aventure s'arrêtera toutefois au pied du podium, malgré plusieurs cris à se déchirer les cordes vocales dans l'assistance. Mais la finale fut belle. Love Is In The Air répondant à Love Boat, Zorro est arrivé réagissant à une vieille ritournel façon "Abitibi mon amour". Finalement, la iPod Battle c'est pas mal. Du moins au Canada.
Jolie surprise au hasard du Festival des musiques émergentes d'Abitibi-Témiscamingue (FMEAT) - la raison de ma présence en terres canadiennes - la présence de la Blogothèque parmi les quelques journalistes européens invités. En duo, puis en solo, les champions de la blogosphère francophone se lancent dans un marathon de Concerts à emporter. Près de vingt en 5 jours! Et dans des lieux toujours originaux. Ariane Moffatt sur un canöé, d'autres sur un pont suspendu ou dans un terrain vague à l'orangé surnaturel. Plus classique, Malajube se prête au jeu sous un arbre, à deux pas de l'un des camps de vacances où sont logés les artistes du FMEAT. En 45 minutes l'affaire est pliée. Un timing minuté comprenant repérages, accordages, répétitions, soundcheck sommaire et deux chansons au final, en acoustique ou presque. Souvent imités, jamais égalés, les Concerts à emporter restent un modèle de mélomanie filmée, aussi curieuse que légère. Si nos bonnes vieilles chaînes hertziennes pouvaient s'en inspirer un brin...
En sirotant une Fin du monde au Cabaret de la dernière chance, en attendant le début du concert de For Those Anout To Love - des anciens de The Dears - on peut recevoir gratuitement sur son iPod le premier album du groupe annoncé pour fin octobre. Ou comment s'assurer quelques souvenirs pour le lendemain, gueule de bois ou non. Seul hic, l'opération ne fonctionne pas sur iPhone. Comme quoi mieux vaut écouter vintage...
Et si l'on renouait avec le carnet de route, ça changerait un peu, non? Et puis comme ça, ça vivrait un peu ici, vue que la motivation du blogueur de base est un peu en berne ces jours dans mon cas.
Me voici donc à Montréal, au dix-neuvième étage d'un hôtel du centre. Il est tôt, le soleil se lève à peine, et je m'apprête à prendre un avion pour gagner Rouyn Noranda, but de mon voyage, pour le Festival des musiques émergentes d'Abitibi-Témiscamingue (FMEAT). Mais avant de vous en dire plus sur cette destination étrange et ce qui m'y amène, revenons un peu en arrière - ou en avant, c'est selon - afin de tirer rapidement mon chapeau à Air Canada et son programme "En route".
Logiciel servant à tuer le temps lors d'un vol de 8h15, ce programme propose aux voyageurs de consommer films, séries et disques, selon leur envie et les titres disponibles. Plutôt que d'envie, je parlerai de curiosité dans mon cas, au moment de feuilleter le maigre catalogue d'albums proposés à l'écoute. Et là, jolie surprise. En lieu et place de Garou et Céline Dion, je me trouvais face à Malajube (rayon pop francophone) et Metric (rayon pop tout court). Sans parler de Bell Orchestre, rayon pop alternative. Pas mal, non? Pas sûr que Swiss propose d'écouter le dernier maxi de Solange la Frange ou le nouveau Kutti MC. Ou qu'Air France invite à découvrir Dominique A et Coming Soon. Bon point donc aux Canadiens, sans compter que chez eux, les classiques des classiques, s'appellent Forever Changes et Highway 61 Revisited, quand chez nous ils auraient pour noms Brother In Arms et Dark SIde Of The Moon.
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