Chaos Ou plus exactement "sans forme et vide". "Tohu va vohu" en hébreux dans le texte. Tout un programme pour un mini-album parmi les plus marquants de la fin des années 90.
Je ne sais pas vous, mais moi j'aime bien chiner dans les bacs à soldes. Parfois, on y trouve des trésors. Et pas mal de merdes aussi. Avec le temps, toutefois, cette activité est devenue moins excitante. La faute à des majors et autres sous-compagnies promptes à fabriquer du CD spécial soldes. La faute aussi à une consommation boulimique le reste de l'année et aux envois presse, me condamnant à ne retrouver dans les bacs que des reliques de mon bureau bordélique.
A la place, l'excitation est remplacée par l'incompréhension. Ou l'énervement, parfois. Celui de trouver des disques aimés, adorés même, dans les rayons déshonorants de la démarque. Et de chercher un moyen de leur offrir une porte de sortie honorable. Comme ce jour où un bon kilo d'exemplaires de l'album solo de Mark Hollis étaient vendus 9 francs 90 la pièce. L'envie de tous les acheter et de les offrir ensuite à des oreilles bienveillantes. Ou hier encore, découvrant Slow Riot For New Zero Kanada de Godspeed You Black Emperor! à 5 francs, encore cellophané. Un disque charnière dans mon parcours musical. Cette fois-ci, j'ai craqué. Je l'ai acheté et l'ai offert à un vieil amateur de prog-rock, qui fut sensible à ce post-rock symphonique lors d'une ancienne discussion.
Pour ma part, la trouvaille m'a permis de me replonger une nouvelle fois dans cette révolution tranquille pour remettre les compteurs à zéro. En vinyle, pour le coup. La face A en 33 tours, la face B en 45. Deux rythmes pour deux pistes qui résonnent étrangement, comme deux reflets d'un même élan. La lenteur initiale, la longue montée, fendue d'un monologue une fois - un sans-abri scandant les paroles du Virus d'Iron Maiden - l'explosion finale, puis la descente, evanescente. Et l'outro aqueuse en bout de course.
Difficile de parler de post-rock ici. On est loin de la rage primaire de Mogwai, des géométries cérébrales de Tortoise ou encore des marottes biaisées de Labradford. L'instrumental se fait orchestral, porté par un line-up gargantuesque (trois guitares, deux basses, autant de batterie, un violon et un violoncelle), démarre de Górecki pour aboutir chez Wagner. Sans renoncer au souffle rock pour autant. Sans pompiérisme non plus. Pour peu, on pense au Pink Floyd d'Atom Heart Mother. C'est d'ailleurs le disque que m'avait prêté celui à qui j'ai offert ce Slow Riot For New Zero Kanada, après que je lui ai fait écouté Godspeed You Black Emperor! Un prêté pour un rendu.




























Hello,
Oh, vraiment ce genre de disques traîne dans les boîtes de ce type? Quelle laideur...faut vite aller en sauver quelques uns. Tu saurais me dire où c'était?
Bon pour revenir au sujet:
" La faute aussi à une consommation boulimique le reste de l'année"
C'est une certitude ça. On dit souvent que c'est parce qu'on arrive plus à se fixer sur un disque ou un autre. Certains passent le cap des semaines et ensuite des mois et voir des années. Il y en a peu dans l'absolu, mais finalement cette dévorante boulimie a un bon côté quand même, la multiplication des bonnes idées musicales piquées ici et là, et parfois la découverte d'un courant musical qu'on aurait ignoré...
Mais ceci dit, il faudrait au moins c'est sûr, se laisser quelques jours dans la semaine pour bien digérer un disque.
Pour ma part actuellement c'est Tim Hecker et son Harmony in Ultraviolet que j'ai pas encore saisi les contours...on verra.
Tiens au passage, c'est la première fois que je rédige un mot ici sur ton blog musical que je lis depuis quelques mois maintenant. Toujours aussi sympathique à suivre.
Bonne continuation,
Amicalement,
David
Rédigé par : David | 20/08/2009 à 20:48
C'était à la FNAC de Lausanne, dans le bac pop-rock, avant la lettre A. Il n'y en avait qu'un. Mais peut-être que d'autres apparaîtront. Et de toute façon, ce petit bac est plutôt prolixe en pépites soldées...
Rédigé par : Christophe | 24/08/2009 à 11:43