With A Little Help From A Friend Rejoints sur scène par Erika Stucky, les Young Gods ont offert le concert les plus fascinant de la semaine avec leur relecture du film "Woodstock".
"Une édition éblouissante!" L'exclamation fait sourire ou rire certains, arguant que chaque année Paléo doit trouver un nouvel adjectif pour qualifier son succès. Soit. Toutefois, les mêmes sont moins prompts à rire du "Une édition exceptionnelle!" de Claude Nobs, cocorico rigolo après une quinzaine entachée de nombreux articles (ici ou là) sur des Sécuritas de festivals à la gachette (de spray au poivre) facile. Mais passons.
"Une édition éblouissante!" donc, dans son déroulement du moins. Car musicalement, on osera émettre quelques bémols. En tête, l'abjecte prestation de Fatboy Slim - en remplacement de NTM - tout juste digne d'une beach party à Ibiza entre house et tubes putassiers (en point d'orgue le Seven Nation Army des White Stripes accompagné des "po popopo popo po" du public). Au point de lui préférer la prestation pourtant particulièrement pénible des papys Prodigy, plus aptes à piloter une Delorean pour retourner dans les années 90 que leurs machines hier explosives. Ou encore un Peter Doherty sur pied mais pas forcément inspiré, pour un concert solo plus proche de la caricature que du génie. Sans parler des pépères Placebo, routiniers, fainéants et même limite vieux cons (comme lorsque Brian Molko menace d'arrêter le concert pour cause de public trop remuant).
Ces quelques mauvais points distribués, passons aux lauriers. Et au moment de la remise des prix, on se rend compte qu'on récompense une certaine nostalgie et pas mal de compatriotes. Premier sur le podium, les Young Gods incarnent parfaitement ce double constat. Avec leur relecture du film Woodstock, les Fribourgeois ont réussi le concert le plus fascinant de la semaine et sans doute l'une des meilleures transpositions musicales d'un objet cinématographique. Ramené à 80 minutes, le film offre un terrain de jeu idéal pour les Young Gods, passant d'un habillage sonore à des reprises des artistes phrares du festival (Richie Havens, The Who, etc.), y ajoutant encore quelques titres de leur cru et une reprise des Doors (The End). Malgré quelques passages un poil trop hypnotiques, le combo - rejoint par Erika Stucky pour certains passages - est parvenu à concilier nostalgie d'une époque et marottes soniques, sans jamais sombrer dans le mimétisme. Meilleur exemple de cette démarche, l'hymne suisse joué au sampler sur le solo "américain" de Jimi Hendrix. Ou comment transfigurer l'instant historique par la force de l'échantillonnage.
Moins ouvertement nostalgiques, mais effet garanti, les formations rock piochant allègrement dans l'ère post-punk auront convaincu, des régionaux de l'étape Josef Of The Fountain, aux vedettes du genre, Franz Ferdinand et Gossip. Emmenée par une Beth Ditto énergique et énervée - merci aux beaufs de devant qui lui ont gueulé de se mettre à poil - les premiers auront réussi à tenir une Grande scène de fin d'après-midi, peu adaptée à leur show. Et même si les compositions du groupe reste terriblement limitées, le rush aura tenu, jusqu'à un final explosif, enchaînant les hits Standing In The Way Of Control et Heavy Cross. Plus à leur aise avec l'horaire, Franz Ferdinand aura de son côté offert une prestation à la hauteur de sa réputation, corrigeant le tir après une tournée de printemps très molle. Véritable jukebox à tubes, le groupe de Glasgow a su doser son catalogue, zigzagant entre ses succès passés et quelques titres du récent Tonight: Franz Ferdinand.
Reste que dans le genre, on remettra la coup de coeur à Josef Of The Fountain. Malgré des problèmes de son et quelques bugs techniques, les Nyonnais auront rélussi un set à la puissance ascensionnelle, flirtant avec l'efficacité propre à Editors. Riffs percutants, ambiances ténébreuses et attitude héroïque, jusqu'au bouquet final joliment nommé A Classic. Le groupe en a bien l'air, seul reste à digérer sa grammaire. A cette réjouissance locale s'en rajoutent quelques autres, grâce notamment à une scène du Détour bien armée (en vrac, Peter Kernel, La Gale, The Proteins, ...). On retiendra en priorité les Genevois Mama Rosin et leur folk cajun matiné de rock'n'roll. Un joyeux bastringue où la référence à une musique traditionnelle trouve son originalité dans une attitude très rock.
Photographie: © Paléo / Lionel Flusin




























A propos de Sécuritas, ils sont pas mieux formés à Paléo... Devant me rendre sur le site pour couvrir le concert classique du dimanche soir, j'avance à deux à l'heure avec ma voiture RSR pour fendre la foule qui déboule sur la voie d'accès de l'Asse, et fais un crochet sur la gauche pour éviter une voiture qui venait en face à droite (au pas, je précise). Voyant qu'elle change de direction, je me rabats ultra-lentement sur la droite, mais pendant ce temps, la voiture de Sécuritas qui me suivait décide, audace débile, de me doubler, et du coup, le djeun' au volant, voyant la chose impossible, force le passage et baisse sa vitre pour m'insulter copieusement, visiblement très énervé... En arrivant sur le site, toujours à 2 à l'heure, je me demandais quel serait le comportement de ce même fou furieux lorsqu'il devrait contrôler un festivalier un brin échauffé. Une petite enquête sur la "formation" des brigades de sécurités, amis journalistes? Je pense que ça pourrait faire mal....
Rédigé par : Fauve | 28/07/2009 à 08:55
Brian me fait penser à ma môman... c'est beau. Se pousser, c'est mal.
Rédigé par : Sam / Consor | 31/07/2009 à 08:49