Beth Ditto à Paléo Une ronde-star sur l'Asse, 30'000 obèses de plus en Suisse-romande. Hmm... La logique tabloid vaut bien un régime médiatique.
Connaissez-vous Michael McMahon? Non. Et bien moi non plus. Jusqu'à ce début d'été, lorsque cet éminent spécialiste britannique rattaché au Nuffield Health s'est infiltré dans les tabloids de son pays pour tirer la sonnette d'alarme. Selon lui, comme les starlettes anorexiques, les vedettes obèses sont un danger pour la jeunesse. Preuve que la vigilance diététique tire plus vite que son ombre: il suffit d'une ronde-star dans un monde de potiches faméliques pour qu'un brave spécialiste tire la sonnette d'alarme. Quel altruisme! A moins que le brave homme ne cherche qu'à se faire de la publicité.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que sa stratégie a marché. Jusqu'à déborder dans les tabloids romands. Et recueillir les commentaires éclairés de lecteurs ayatollas du bon poids. Petit exemple à méditer avec une certaine Xenia (note pour plus tard, faire un post sur le choix des pseudos des internautes): "Dans la rue, c'est très rare que je croise une silhouette "famélique" genre "podium de mode"... par contre, des jeunes de 16, 18 ans, déjà trop gras, j'en vois des dizaines tous les jours !" Baisse un peu les yeux, tu verras des strings et des jeans taille basse et pourra commenter quelques autres articles.
Heureusement, la vindicte médiatique ne se limite pas qu'à ces kilos en trop. Certains magazines féminins vantent ainsi la pilosité de Beth Ditto (sous les bras, hein), tandis que d'autres s'extasient devant l'émancipation incarnée par cette petite boule électrique. Quant aux journaux plus haut de gamme, ils y vont aussi de leur analyse, poussé dans un optimisme un peu simpliste par ce phénomène. Voir la vie en rose, oui. Mais plutôt en rose chair qu'en rose bonbon, à entendre les beaufs du premier rang hurler à Beth Ditto de se foutre à poil durant son concert à Paléo (ce sur quoi elle leur répondit un cinglant: "Si tu veux voir quelqu'un à poil, déshabille-toi et regarde-toi dans un miroir.")
Un coup de froid à l'enthousiasme ambiant, mais aussi aux conseils de ce brave Monsieur McMahon: famélique ou obèse, il y aura toujours un gros lourd pour mater votre cul. C'est là qu'on peut s'interroger sur l'avènement des freaks constaté dans les festivals romands cet été. Gossip, Grace Jones, Antony and The Johnsons ou encore Peter Doherty, autant de personnalités en marge propulsées en têtes d'affiche du Montreux Jazz et de Paléo. Pas sûr pourtant qu'à la fin de l'été elles conservent leur place dans les pages culture des tabloids (étrange d'associer ces mots tout de même). Pour preuve, ce chapeau enterrant définitivement Amy Winehouse au moment d'introduire Amy McDonald: "Son prénom évoque forcément une autre Amy, également chanteuse de son état, auteure d'un sublime album en 2006 couronné de 5 Grammy Awards - «Back to Black» - avant de sombrer dans la déchéance et l'alcool." Pas sûr qu'on ait gagné au change...
Photographie:
©
Paléo / Boris Soula




























Comme disait Lao Tseu, "Mais pour quelle raison étrange, les gens qui sont pas comme nous ça nous dérange ?"
Rédigé par : raph | 24/07/2009 à 15:08
Parce que vous lisez encore le Matin, vous?
Rédigé par : Fauve | 26/07/2009 à 09:14